HOUDON (voir le no
Houdon a beaucoup travaillé pour la Russie, sans toutefois avoir été dans ce pays. En 1773, il exposa un monument érigé en l'honneur du prince Michel Michaïlowitch Gallitzin , dont le livret donne ainsi la description : — « un Génie militaire, appuyé sur une urne cinéraire, éteint un flambeau; à ses pieds est un trophée du casque, de répée et du bouclier de ce prince; des pabnes, des lauriers et différentes couronnes désignent le genre d^s victoires qu'il a remportées; cette figure, de grandeur naturelle, est appuyée sur un fond formant une pyramide de dix pieds de haut sur quatre de large, qui doit être accompagnée de deux cyprès; » — le buste en marbre de Catherine II, plus grand que nature, gravé par Beisson
1 Clérisseau, grand ami de l'antiquité, avait en effet passé vingt ans à Rome i étudier et dessiner les monuments antiques.
« Bachaumont, Mémoires secrets, t. VU, p. 99, novembre 1773. ' Biographie universelle, supplément.
RUSSIE. ii5
sur le dessin de Bounieu ; — un autre monument à l'honneur du prince Alexis Demetrîcewitch Gallitzin^ sénateur^ de même grandeur que le précédent; on y voit la Justice appuyée sur une table destinée à recevoir Tinscription. — En 1781^ Houdon termina la célèbre statue de Diane que lui avait conunandée Timpératrice et qui est aujourd'hui au Musée de TErmitage. En 1777^ il n'avait exposé au Salon que le buste de cette statue^ parce que l'Académie avait été justement choquée de la nudité de Diane*. La Diane de Houdon est en chasseresse^ le carquois sur l'épaule gauche^ et tenant un arc .de la main droite; elle est censée traverser un marais qu'elle franchit au milieu des roseaux et s'appuie légèrement sur un buisson de roseaux. Tous ceux qui ont vu cette belle œuvre en vantent la légèreté^ la grâce ravissante, la noblesse et l'élégance. Houdon a répété la statue de Diane^ en bronze et sans aucun support; cette répétition est au Louvre. On voit encore de Houdon, à la bibliothèque de l'Ermitage, une statue en marbre représentant Voltaire assis dans un fauteuil; d'après Fortia de Piles, la statue de Voltaire serait de 1781.
900. M A G H Y ( Pierre - Antoine de ), peintre d'architecture, né à Paris vers 1 722,
mort en 1S07. Élève de Servandoni.
Cet habile peintre d'architecture a exposé en 4773 deux gouaches représentant la colonnade du Louvre et le portail de Saint-Sulpice; ces deux gouaches étaient faites pour le comte Strogonof.
901. ROBERT (Hubert), peintre d'architecture, né i Paris en 1733,
mort à Paris le 15 avrU 1808.
Catherine II Tinvita en 1782 et encore en 1791 à venir à Saint- Pétersbourg; malgré les offires avantageuses de llmpératrice^ il resta à Paris, mais il lui envoya des ouvrages qui furent généreusement payés. On voit à l'Ermitage et chez plusieurs seigneurs ime immense quantité de tableaux de Robert^ représentant principalement des vues de Rome. En 1773^ il exposa une vue des ruines du Campo
* Houdon, en effet, avait poussé Timitation de la nature jusqu'à indiquer dans cette ftatoe de la chaste Diane des détails que les anciens négligeaient jusque dans les représentations de l'impudique Vénus. On ne saurait trop blAmer ce manque de convenances.
Vaccino et un escalier du Casino Albano peints pour le comte Strogonof * .
902. MAILLY (Jacqaes- Charles de), peintre en miniature et sur émail, né à Parîi.
De Mailiy fonda sa réputation à SaintrPétersbourg; il a fait plusieurs fois le portrait en émail de Catherine II. J. Barbier en a gravé un^ peint par de Mailiy à Moscou^ et le Louvre en possède un autre qui est fort beau, et Catherine II goûtait fort ses ouvrages^ surtout les sujets représentant des scènes de la guerre d'alors avec les Turcs. Le combat de Saint-Georges avec le dragon, en manière de bas-relief, fut payé par elle 23,000 rouble^, et pour une écritoire avec des tableaux de batailles, etc., elle avança 50,000 livres. L'artiste en voulait 60,000 \ »
Bachaumont ' décrit ainsi cette remarquable pièce :
a On se porte en feule pour aller voir chez M. de Mailiy, peintre en émail, une écritoire exécutée par cet artiste, ordonnée par Timpératrice des Russies : c^est un présent que cette souveraine fait à Tordre de Saint-Georges ; et il doit être placé dans la salle de ses assemblées. Comme tout ce qui a rapport à Catherine semble devoir porter l'empreinte de son génie et de sa magnificence, M. de Mailiy s'est évertué à donner un air de monument à ce colifichet.
({ Il a imaginé de faire représenter à l'ensemble un parc d'artillerie, sur lequel des petits Génies militaires s'amusent à divers exercices. Il a ainsi placé ingénieusement les ustensiles nécessaires à l'usage auquel cet ouvrage est principalement destiné. Les uns de ces Génies, sur le premier plan, sont groupés de droite et de gauche avec deux mortiers, dont le premier, incliné, est le poudrier, et le second, perpendiculaire, l'encrier. On voit entre deux étendues sur la place , des armures recouvertes d'un tapis sur lequel est peint l'embrasement de la flotte turque par la flotte russe. Ce tapis sert de fermeture à une boite entamée dans l'épaisseur du plan , destinée à contenir plumes, canif, grattoir, etc.
c( Sur le second sont des groupes d'autres enfants cherchant à dresser des canons sans affût sur leurs culasses , qui servent de flambeaux.
1 Notice dans le Magasin encyclopédique, 1808, t. III, p. 161.
< Traduit de Nagler.
» T. X,p. 275. octobre 1777.
ff Sur le devant du plateau s'avance une partie circulaire au centre de laquelle est un trépied ou autel antique érigé en Thonneur dé la divinité tutélaire de l'empire : il sert à placer l'éponge pour essuyer les plumes. Dans Tun des tiroirs est une pièce détachée ; c'est un mftt brisé auquel est attaché le reste, d'une voile en partie brûlée; elle sert de garde- vue.
« Dans renfoncement du centre est une pendule portée sur un piédestal; elle est ornée de différents attributs entre lesquels se trouve la trompette de la Renommée. Le bout de Taile de cette trompette sert d'index aux heures et aux minutes, qui sont marquées sur deux cercles tournants qui traversent le globe. Le tout est surmonté du portrait de Tlmpératrice en médaillon. »
Fortia de Piles (iv, 395), a vu en 4792, l'écritoire de Mailly à Tchesmé.