AiTIST£S FRANÇAIS EN SUÈDE SOCS CHftISTINK
Depuis Etienne Bonneuil jusqu'au règne de Christine , nous n'avons rien à mentionner; les arts étaient inconnus en Suède, et les Suédois ne commencèrent à s'en occuper qu*au moment de la guerre de Trente Ans et pendant leur contact avec rAUémagne, L'alliance qui se forma entre la France et la Suède, à cette époque, établit entre les deux pays des relations intimes. Pien'e Gbauut, ambassadeur de France en Suède > de 1045 à 1049, initia Christine aux idées françaises; il était ami de Descartes et engagea la reine à appeler auprès d'elle l'illustre philosophe. Christine apprit notre langue et l'écrivit d'une manière remarquable: or elle écrivit à la reine de France, à Monsieur, au duc d'Enghien, dit M"" de Motteville, des lettres que j'ai vues et qui furent admirées par la galanterie des pensées, par la beauté du style et par la facilité qu'elle témoignoit avoir à s'exprimer en notre langue. » Son goût pour les arts se développa.
c( Elle avoit d'abord si peu de connoissance de ce qui éloit de prix et de valeur, qu'elle voulut faire présent de cinq chefe-d'œuvre
' Dans les lettres -patentes de la prévôté de Paris^ publiées par MM. Artaud et Séroux d'A^incourt, Et. Bonneuil est qualifié de tailleur de pierres, maistre de faire l'église de Vpsal en Suéde. — Voir aussi Em, David, Hist. de la sculpture, p. 109.
SUÈÎ)E. Uhl
d'Antoine Gottëgè à un peintre françois nommé Bourdon, qui les avoit vus par Lazard servant de châssis et de volets dans ses écuries. Le peintre lui en fit sentir le prix et n'osa les accepter. Aujourd'hui quelques-uns de ces tableaux font l'admiration des connoisscurs dans la galerie d'Orléans *. »
En 1652^ Christine possédait une des plus belles collections de l'Europe ; statues de bronze et de marbre, médailles, pièces d'ivoire, de corail et de cristal, miroirs et objets de toutes sortes, esquisses, bas-reliefs et tableaux, tout y est nombreux et de choix, et forme, selon l'expression de Naudé, son bibliothécaire, une merveilleuse collection^. Christine appela des artistes en Suède; les Français Simon de la Vallée, Jean Parise, Sébastien Bourdon^ le peintre en émail Signac et le flamand David Beck, élève de Yan Dyck, répondirent à son appel ^.