DE MADRID
L'Académie de San-Fernando fut fondée par Philippe V sur le modèle de celle de Paris. Elle fit sa première ouverture, dit Janneck1, le 23 juin 1752. C'est cette académie qui a relevé l'architecture en Espagne ; ce sont des membres de cette Compagnie qui ont construit le pont sur le Xarama, la douane de Valence, la bourse de Barcelone, l'arc de triomphe d'Alcala à Madrid, et la manufacture de tabac à Séville.
ROBERT DE COTTE (voir page 147), et GARLIER (François). — Orry ', qui avec Madame la princesse des Ursins gouvernait l'Espagne sous le nom de Philippe V, était depuis longtemps en relations avec Robert de Cotte ; il le recommanda à la princesse, qui fit accepter ses services à Philippe V et à la Reine.
C'est en 1712 que Robert de Cotte nous parait avoir été chargé de faire des dessins pour la cour d'Espagne \ Les bâtiments que faisait construire alors Philippe V étaient le palais royal de Madrid et le Buen Retiro.
En 1712, Robert de Cotte envoya en Espagne un architecte nommé Caruer (François), homme de peu de goût et de mérite, mais d'une grande vanité ; il fut chargé de l'exécution, assez difficile, des jardins du Buen Retiro et de travailler au palais de Madrid, où il fit, d'après les dessins de Robert de Cotte, le grand cabinet des Furies. Carlier s'acquitta mal de sa tâche et fatigua par son orgueil M. Orry, qui se plaignit de lui à Robert de Cotte * ; celui-ci lui adressa d'assez vertes semonces, et en 1715 Carlier ne travaillait plus pour Philippe V5.
Dès 1714, Robert de Cotte fut occupé à réparer ce que Carlier avait
* Ltttré à un amateur delà peinture,. 1 vol. in-12, Dresde, 1755, p. 325. Voy. aussi Delaborde, Itinéraire, t. III, p. 327, et t. V, p. 315.
* « C'étoit une manière de sourdaud de beaucoup d'esprit, de la lie du peuple, et qui avoit fait toutes sortes de métiers pour vivre, puis pour gagner ; d'abord rat de cave, puis homme d'affaires de la duchesse de Portsmouth qui le trouva en friponnerie et le chassa. Retourné à son premier métier, il s'y fit connoître des gros financiers qui lui donnèrent diverses commissions dont il s'acquitta à leur gré, et qui le firent percer jusqu'à Chamillart, etc. » Saint-Simon, éd. Delfove, t. VI, p. 242.
* Voyez sa lettre à Orry, datée de Marly, le 13 janvier 1713, et la lettre de la princesse des Ursins à Robert de Cotte, du 27 juin 1712, citée dans notre introduction.
4 II v a dans les papiers de Robert de Cotte une longue correspondance de d'Aubigny, cf'Orry et de la princesse des Ursins à l'endroit de Carlier.
5 On retrouve Carlier travaillant à Madrid sous Ferdinand VI (1746-59) ; il construisit alors le couvent des religieuses de Tordre de Saint-François de Sales, fondé par la reine Maria Barbara, comme une retraite pour elle-même et une maison d'édu-
fait de mal et à continuer les travaux; il dessina plusieurs plans et projets pour le palais et les jardins du Buen Retiro, pour le palais de Madrid et les intérieurs des appartements '. Le fils de Robert de Cotte" alla à Madrid remettre à Philippe V et à la Reine les dessins de son père. Dès ce moment, tout ce qui se fit dans les palais de Madrid et du Buen Retiro fut exécuté sous la direction de Robert de Cotte ; il était en continuelles relations avec M. Orry, qui lui donnait, dans de remarquables lettres *, les idées générales des travaux à faire et lui faisait connaître le goût du Roi, ainsi que les usages de l'Espagne. C'était la princesse des Urslns qui commandait à de Cotte tout ce qui intéressait la décoration des appartements ; et de Cotte fit exécuter à Paris, sous sa direction, les glaces4, les chambranles et les trumeaux sculptés, les cheminées, les bronzes dorés, les sculptures en bois et en marbre qui devaient décorer les appartements de Leurs Majestés; on fit faire à Paris jusqu'aux frises des parquets *.
Vassé fut chargé d'une partie des sculptures en bronze « doré d'or moulu ». Boullb fit un bureau et une commode. Dugoulon, Le Goupil, Taupin6 et Bblan, sculpteurs en bois, exécutèrent, en 1713 et 1714, sur les dessins de Robert de Cotte, pour la chambre de la Reine, pour la chambre du lit du Roi, pour la salle de l'Hyménée ou de la
1 On a conservé 38 dessins de Ri de Cotte pour la cour d'Espagne, eu Voir i 3 plans pour le château de Madrid (998-990) ; des dessins de cheminées pour l'appartement du roi (991) ; 4 dessins des façades de ce même appartement (992-995); 23 pians, projets et études pour le palais du Buon-Retiro (996-4018) ; tous accompagnés de mémoires explicatifs. Ces dessins sont dans le volume Vb 147 Espagne-Madrid, au Cabinet des estampes.
* Jules-Robert de Cotte, mort le 8 septembre 1767, intendanWgénéral dei bâtiment* du roi et membre de l'Académie d'architecture depuis 1711.
* Lettre de M. Orry à Robert de Cotte, du 7 janvier 1715. 4 Pour la chambre à coucher du roi :
4 glaces de 55 pouces sur 36< 2 — de 36 — sur 24.
Pour la chambre à coucher de la reine :
2 glaces de 60 pouces sur 40, 1 — de 60 — sur 32.
Pour la salle de la comédie ou de l'Hyménée : pour les 4 trumeaux i
16 glaces de 52 pouces sur 37, 8 — ljf2 cintrée* de 87 pouces" Sur 37.
À la cheminée de cette salle :
6 glaces de 55 pouces sur 36.
9 Un compte de ces diverses commandes s'élève à la somma de 78,323 livres 19 sols, dont :
Glaces. 38,729 livres!.
Menuiserie. . . . . » , . . 17,494
, Sculpture en bois.., 9,575
— en bronze ♦ ....*... 4,461
Cheminées de marbre 4,483 1. 40 s.
Boulle...* , 3,586 9.
6 Ces trois sculpteurs ont travaillé aux délicieuses boiseries sculptées et dorées des appartements de Louis XV à Versailles.
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comédie et pour la chambre du prince des Asturies, des chambranles pour enfermer les glaces â, des panneaux avec leurs éadres, des trumeaux, des pilastres et leurs chapiteaux. Tous ces « ouvrages » étaient ornés de guirlandes, de rinceaux, de feuillages et d'enroulements ; les principaux motifs de ces sculptures étaient des feuilles d'acanthe, des trophées, des culs-de-lampe et des cornes d'abondance d'où sortaient des fleurs. Le compte de ces sculptures s'éleva à la somme de 23,951 livres 10 sols, que Robert de Cotte « modéra », le 4 décembre 1714, à 9,325 livres 7 sols 8 deniers ".
FAVANNE (Henri db), peintre, né à Londres le 3 octobre 1668, mort à Paris le 87 avril 1753. — H. de Favanne se lia, en 1695, pendant son séjour à Rome, avec M d'Aubigny, secrétaire de la princesse des Ursins, et ces relations eurent pour conséquence de le faire appeler en Espagne en 1705 par Philippe V, lorsque la princesse des Ursins se trouva transformée en une espèce de premier ministre. Il demeura en Espagne jusqu'à la chute de sa protectrice (1714) et revint alors en France avec M. d'Aubigny. Favanne a fait beaucoup d'ouvrages dont l'état détaillé, qui était entre les mains de Lépicié, n'est pas parvenu jusqu'à nous*.
HOUASSE (Michel-Akge), peintre d'histoire, né en 1680, mort en 1730. BleVe
dé sou père. — Michel-Ange Houasse, appelé par les Espagnols Hovas, remplaça son père au service de Philippe V4 et eut le titre de premier peintre du roi d'Espagne. Il demeura assez longtemps en Espagne, peignit des sujets d'histoire, des bambochades et des portraits; son exécution facile, la grâce et la fraîcheur du coloris donnèrent une grande réputation à ses peintures. On cite de lui à Madrid, chez les Pères del Salvador, une série de tableaux représentant la vie de saint François Régis.— Au palais de Saint-Ildefonse, diverses bambochades, divers sujets champêtres. —Un crucifix, â l'oratoire de ce palais.
Le musée de Madrid possède de cet artiste le portrait de l'infant don Philippe, enfant ; celui d'une infante ; une bacchanale ; un sacrifice à Bacchus ; une Sainte-Famille. — Houasse a formé plusieurs élèves : Antonio Gonzalez Ruis et Pablo Pernicharo. Il vint à Paris, avec la permission du roi, en 1730, et mourut en retournant en Espagne.
FAÉmN (Rbnb), sculpteur, né à Paris le 1" octobre 1672, mort à Parie le 17 février 1744. Hlève de Qirardon et de Cotzevox. — Frémin passa au service de Philippe V en 1721 et y resta jusqu'en 1738. Pendant tout ce temps il
1 A 4 livres 12 sols le pied.
* Pour les papiers et dessins de Robert de Cotte, voir la note 1 de la p. 148.
3 Mémoires sur les membres de V Académie royale de peinture et de sculpture, t. Il, p. 241. — Mémoire pour servir à la vie de M. de Favanne, 1753, in- 12.
4 Selon Bermudez.
5 Bermudez. — W. Stirling. — Mariette et Hultz.
fut constamment occupé aux sculptures de Saint-Ildefonse. Philippe V, qui honorait en lui l'homme et l'artiste, le nomma, en 1727, son premier sculpteur et plus tard lui donna des lettres de noblesse. Ses travaux et les bontés du Roi lui permirent d'amasser une fortune considérable '. « Il ne faut pas croire, dit Mariette, que ce soit l'habileté qui ait fait la fortune de M. Frémin ; il avoit du talent, mais il s'en falloit de beaucoup que ce fut un homme de la première volée; un peu de manigance a suppléé à ce qui lui manquoit du côté de l'art. et en a fait un sculpteur heureux *. »
Bermudez nous donne l'indication des œuvres de Frémin en Espagne. Il a fait à Saint-Ildefonse, au palais : une statue d'Apollon ; les bustes en marbre de Philippe V, de Louis Ier et de leurs femmes.
Dans les jardins, au premier parterre : des groupes d'enfants et de sphinx (en plomb) placés sur des socles, au pied de la façade principale du palais. Des vases de marbre ornés de bas-reliefs. Autour de la cascade, quatre statues de marbre, Saturne, Junon, Neptune et une Nymphe.
Au pourtour de la demi-lune : huit statues de marbre, les quatre éléments et les quatre statues de la poésie lyrique, pastorale, héroïque et satirique.
A la fontaine de Persée : la statue d'Andromède enchaînée sur son roc; au-dessous Persée qui vient la délivrer. D'un autre côté, Minerve tuant un Dragon (ces trois sujets sont en plomb).
Au pont de la rivière : deux groupes d'enfants, l'un domptant un cerf, l'autre un sanglier.
A la cascade : les statues de l'Afrique, de la Fidélité, de la Magnificence, de l'Asie, un berger, une Nymphe, un chien, un cerf, un sanglier, les chevaux marins.
Au berceau au-dessus de la cascade : les quatre Nymphes.
A la fontaine des Vents : la statue d'Éole.
Au rond-point des huit allées : les statues de Saturne, de Mars *, de Vesta, de Neptune, de Gérés, d'Hercule, de Minerve, de la Paix ; au milieu de ce rond-point, le groupe d'Apollon et Pandore.
A la fontaine des grenouilles : le groupe de Latone, Apollon, Diane, et des paysans de Lycie changés en grenouilles *.
Au second parterre auprès de la fontaine de la Renommée : les deux statues de marbre d'Atalante et de Lucrèce, et huit grands vases de plomb.
1 Mémoires sur les membres de V Académie royale de peinture et de sculpture, t. II, p. 206.
« T. II, p. 272 de YAbecedario.
3 Ces deux statues ont été exécutées par H. Dumandré.
4 Cette fontaine a été achevée par H. Dumandré.
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Frémin a exécuté encore au palais de Rio Frio, en collaboration avec Thierry, les sculptures de l'escalier et de la chapelle1.
THIERRY (Jean), sculpteur, né à Lyon, mort à Lyon le 21 décembre 1739. —
Use rendit à la cour d'Espagne en mai 1721 avec Frémin et resta au service de Philippe V jusqu'en 1728 qu'il revint à Lyon avec une pension de 8000 livres *.
Thierry a fait à Saint-Ildefonse (au palais) les statues des bains de Diane, dans une grotte.
Dans les jardins de. Saint-Ildefonse, sur le pont: deux groupes d'enfants, l'un domptant une biche, l'autre un sanglier.
Au milieu du bassin de la Yerba: les statues de Pomone et de Vertumne ; plusieurs groupes d'enfants ; les statues du Douro et de la Pisuerga.
Au parterre et à la cascade devant la façade principale du palais : les statues de Bacchus, Gérés, Zéphire, Amphitrite, trois Naïades, le Tage, la Guadiana, l'Europe, le Pritemps, une Dryade \
En haut de la cascade, les trois Nymphes ; tous les ornements du berceau qui vient après.
Deux grands vases ornés, à la demi-lune.
Au palais de Rio Frio, Thierry travailla avec Frémin aux sculptures de l'escalier et de la chapelle. Le retable de marbre, qu'il avait sculpté, a été transporté à la cathédrale de Ségovie*.
L'abbé Fontenai dit que l'on conservait dans la famille de Thierry un manuscrit qui avait pour titre: Description de sujets de sculpture en figures de marbre, fontaines de plomb et vases de marbre, inventés et sculptés par J. Thierry, sculpteur des rois de France et d'Espagne et pensionnaire de Leurs Majestés, dans les jardins et palais de Saint- Ildefonse en Espagne. Il serait bien désirable que l'on retrouvât ce manuscrit et qu'on le publiât.
RANG (Jean), peintre de portraits, né à Montpellier en 1674, mort à Madrid en
1735. Elève de Rigaud. — Raoux avait reçu l'invitation d'aller en Espagne, mais craignant que l'air de ce pays ne fût contraire à sa santé, il n'accepta pas cet honneur, et Ton envoya Ranc à sa place en 1722. Philippe Y le nomma peintre de sa chambre. Ranc accompagna le Roi dans un voyage qu'il fit à la frontière de Portugal ; il séjourna à Séville avec la cour, revint avec le roi à Madrid et y mourut en 4734. Bermudez vante la parfaite ressemblance de ses portraits, leur belle
1 Bermudez.
* Toutes les dates données par Bermudez sont fausses ; ce qui est dans notre texte est tiré des papiers de l'Académie et des notes de M. Hultz.
3 Et la statue de Marron Cretense : je n'ai pu comprendre ce que Bermudez entendait par ces deux mots. '
* Uermudez.
couleur et leur grâce ; mais au dire de l'historien des portraitistes du xyiii0 siècle \ Ranc oublia un peu à Madrid la manière française, et ses portraits témoignent d'une sorte de compromis entre le faire patient de Rigaud et la véhémence castillane. On cite les portraits de Philippe V et d'Elisabeth Farnèse, que Ton voit au musée ■ de Madrid ; celui de la reine Marie-Louise de Savoie ; ceux de l'infant don Carlos et de la femme du roi Louis '.
BOU9SEAU (Jacques), sculpteur, né en 1681, à Ghavagnac en Poitou , mort le 13 février 1740, à Valsain ou Balxaïm, en Espagne, Elève de N. Coustou. — « C'était un artiste laborieux, mais dont le ciseau n'avait rien que de fort ordinaire.... M. Frémin étant dans la résolution d'abandonner l'Espagne et de repasser en France, le propdfea à S. M. Catholique pour prendre sa place et achever les ouvrages de Saint-Ildefonse et du Palais-Royal à Madrid •. » Bousseau fut premier sculpteur de Philippe V, de 1737 à 1740 ; il a achevé ou exécuté dans les jardins de Saint-Ildefonse, les statues des Muses Polymnié, Calliope, Uranie, Melpomène, Thalie, Terpsichore, Euterpe et Erato \
VANLOO (Louib -Michel) (voir page 282). — Après la mort de Ranc, Philippe V, ayant demandé à Rigaud de désigner un peintre pour remplacer Ranc, Vanloo fut choisi et vint à Madrid en 1736 ; il y resta jusqu'à la mort de Philippe V, dont il fut le premier peintre. En 1751, il devint directeur de l'Académie de Saint-Ferdinand, à la fondation de laquelle il avait puissamment contribué avec Olivieri.Bermudez cite parmi ses œuvres ; au Palais neuf de Madrid : un portrait de Philippe V, celui d'Elisabeth Farnèse, les portraits des diverses personnes de la famille royale; — au Buen-Retiro : un grand tableau où sont représentés Philippe V et Elisabeth Farnèse, entourés de tous les membres de la famille royale, de grandeur naturelle ; le musée de Versailles possède l'esquisse de ce tableau, dont on trouve une bonne description dans le Catalogue de ce musée B ; — à l'académie de Saint- Ferdinand : Vénus et Mercure; les portraits de Ferdinand VI et de la reine Barba ; — au palais du Pardo, dans la chambre del dispaccio : deux petits tableaux de l'histoire de Diane ° ; — à Naxera, aux Bénédictins : les portraits de Philippe V et de la reine Marie-Louise de Savoie, en un môme tableau.
En 1753, Vanloo exposa au Salon de Paris, le portrait de M. Wall,
P. Mantz, dans Y Artiste, 1854, t. XII, p. 129 et suivantes.
* Berxnudez. — Mercure de septembre 41x% et de mars 4729.
* Mariette, 1. 1, p. 174.
4 Bermudez. Voir aussi Dandré-Bardon, Essai sur la sculpture, p. 194. « Par M. Soulié ; n« 4287.
6 Conca dit : deux Dianes dans les airs ; 1. 1, p. 163. Descri*. odeporica délia Spana. Parme, 1793.
ambassadeur du roi d'Espagne en Angleterre. On a plusieurs gravures des portraits de Philippe V, par Àubert, G.-B. Petit et Schmidt.
LEMOINE (François), peintre d'histoire, né à Paris eu 1688, y mourut le 4 juin 1737. Elève de Louis Galloche. — Lemoine fit pour le roi d'Espagne, un grand tableau représentant Alexandre et Porus1.
VIAXI (Louis-Rbnb), peintre de portrait», né en Provence, mort en 1770, Agé de
près de 90 ans. Elève de ifigaud. — Viali a fait le portrait du prince Louis des Asturies, gravé par B. Picart (1720, in-8°) et par Balechou.
DUBUIS80N (Jean), graveur. — Dubuisson, établi à Madrid, a gravé en 1719 plusieurs sujets religieux.
DE8MARETS (Henri), compositeur de musique, né à Paris en 1662, mort à Lu-
néviiie le 7 septembre 1741. — A la suite d'une condamnation pour rapt, Desmarets, fort habile compositeur, se réfugia en Espagne vers 1701; il y devint maître de chapelle de Philippe V, et y passa quatorze ans. Le climat l'obligea de se retirer en Lorraine, où le Duc le nomma surintendant de sa musique f.
GERMAUX (Thomas), orfèvre (voir page 183). — Il fit en 1799 une toilette pour la reine d'Espagne, Elisabeth Farnèse, femme de Philippe V.
DUMANDRÉ (Hubert), sculpteur et architecte, mort à Madrid en 1781, à 80 ans* — H. Dumandré fut un des premiers membres, et des plus distingués, de l'Académie royale de Saint-Ferdinand, qui le nomma directeur honoraire de la sculpture en 1754. Il fut reçu comme architecte en 1759. En 1746, Dumandré acheva la fontaine des grenouilles et celle des bains de Diane ; il exécuta, en compagnie de Pitué, les groupes de cerfs, les statues et les vases qui sont dans le pourtour de la fontaine de Diane, à Saint-Ildefonse.
On voit de lui, dans cette même résidence, au parterre de l'Andromède, un Saturne.
Dans le pourtour de la fontaine aux grenouilles, la Poésie pastorale et une chasseresse.
Au bassin de la Terba *, quatre Faunes.
Au rond-point des huit allées, Saturne et Mars, exécutés sur les modèles de Frémin.
Devant la façade intérieure et principale du palais sur les jardins, deux sphinx.
* D'Argenville.
«Fétis
1 La gerbe.
Il a exécuté la sculpture de la fontaine de la Renommée, en collaboration avec son frère Ant. Dumandré et avec Pjtué.
Il travailla aussi au tombeau de Philippe V, placé dans l'église collégiale de Saint-Ildefonse. Dumandré a fait toute la sculpture du retable de la chapelle du palais de Rio Frio, placé présentement à la cathédrale de Ségovie l.
VANLOO (Garlb) (voir page 216).— En 1739, Vanloo fit pour le roi d'Espagne un tableau représentant Porus vaincu par Alexandre et placé à la collégiale de Saint-Ildefonse *.
DUMANDRÉ (Antoine), sculpteur. — Dumandré naquit à Tencry, en Lorraine, d'une famille distinguée. Antoine et son frère Hubert servirent d abord Louis XIV, comme cadets dans le régiment de Picardie, mais depuis ils allèrent étudier à Paris les mathématiques et la sculpture avec Goustou et eurent plusieurs prix à l'Académie. Philippe V les appela, quoique très-jeunes encore, pour travailler aux ouvrages des jardins de Saint-Ildefonse sous la direction de Frémin et de Thierry. Après le départ de ces deux artistes et la mort de Bousseau, Hubert Dumandré fut nommé directeur de ces ouvrages, et Antoine vint à Madrid pour être le premier sculpteur- du Palais-neuf que l'on construisait alors. Il fut nommé directeur de la commission chargée de préparer l'établissement d'une Académie des beaux-arts, et lorsque celle de Saint-Ferdinand fut créée, en 1752, il en devint le directeur. Antoine Dumandré mourut le 11 mai 1761. « Ses figures, dit Bermudez, ont des attitudes maniérées et tourmentées selon le goût français de l'époque. »
Dumandré a fait dans les jardins de Saint-Ildefonse : au parterre de la Renommée, la statue d'Apollon et celle de Diane.
A la place des grenouilles, une Nymphe.
A la fontaine dAndromède, la Poésie lyrique.
Pour la fontaine de la Renommée, un cheval et un Maure, exécutés sur les modèles de Frémin.
A Madrid, à la façade nord du Palais-neuf, le Gédéon, et diverses œuvres dans le jardin de las Salezas reaies.
A Aranjuez, la fontaine et la statue du Tage.
Il y a aussi dans les jardins de cette maison de plaisance, plusieurs œuvres de Joaquin Dumandré, fils et élève d'Antoine, qui résidait à Madrid au commencement de ce siècle *.
MICHEL (Robert), sculpteur, né au Puy-en-Velay eu 1720, mort à Madrid le
1 Bermudez. — Cet auteur l'attribue aussi à Thierry ; voy. p. 369. « Conca, t. II, p. 227, édition de Parme, 1793. — J'ai corrigé la date de 1738 donnée par Conca et qui est fausse.
1 Bermudez.
31 janvier 1785. — Cet éminent sculpteur, comme rappelle Bermudez, arriva à Madrid le 30 octobre 1740 ; en 1752, il était nommé directeur de la sculpture à l'Académie de Saint-Ferdinand et sculpteur de la chambre du roi Ferdinand VI. Plus tard, Charles III le nomma directeur de l'Académie et le chargea de la direction de tous les ouvrages de sculpture que Ton exécutait dans les palais royaux. Michel, qui avait beaucoup de fécondité et de talent, a laissé un grand nombre d'oeuvres :
A Madrid : au Palais-neuf : au bas de l'escalier, à droite , le lion de marbre ; deux enfants ; de très-beaux ornements de stuc. — Au Buen- Retiro, à l'oratoire : les statues de saint Ferdinand et de sainte Barbe.
— A Saint-Fermin, toute la sculpture du grand retable, moins la statue du saint. — A Saint-Millan, quatre prophètes au retable principal. — A Saint-Justo y pastor, les statues de pierre à la façade : la Charité et l'Espérance. — A Saint-Salvador, le buste du duc de Arcos, à son tombeau. — A Saint-Marcos, les anges de stuc qui sont audessus de l'entablement du grand retable. — A Saint^Bernardino, la statue de saint Pascal Baylon. — A Saint-Bernardino de Santiago, les statues de saint Joachim et de saint Joseph, aux gros piliers de la coupole. — A Saint-Felipe Neri, la statue du saint, au grand autel.
— Aux Carmes déchaussés, la sainte Vierge. — A Saint-Ignace, les statues de sainte Prudence et de saint Martin de Loynaz. — A la douane royale, les armes sculptées à la façade. — A la porte de Alcala, les trophées et ornements de la façade du côté de la ville. — A la promenade du Pardo, les deux lions de la fontaine de Cybèle, et deux Tritons à l'une des quatre petites fontaines.
A El Pardo, au palais : des ornements de stuc.
A Aranjuez, au palais : toute l'ornementation de la corniche de la chapelle.
A Salnt-Ildefonse, à la collégiale : l'ornementation des voûtes et des murs. — A Vittoria, à la société basque : le buste en marbre de Charles III. — A Pampelune, aux Capucins : le tombeau du comte de Gages. — A Osma, à la cathédrale : la statue en marbre de la Conception *.
PITUÉ (Pierrr), sculpteur. — Pitué vint de Paris à Madrid vers 1743 ou 1744, après la mort deBousseau, pour achever, avec Hubert Dumandré, la sculpture de la fontaine de Diane, à Saint-Ildefonse ; ils la terminèrent en 1746 à la satisfaction de Philippe V. Ils exécutèrent aussi, dans le même jardin, la sculpture de la fontaine de la Renommée, qui se compose de la figure allégorique de la Renommée sur Pégase, de quatre statues avec arcs, boucliers et flèches, de quatre statues couchées dans des grottes représentant le Tage, le Douro, le
1 Bermudez.
Ghiadalquivir et l'Èbre. — A la fontaine de Diane, une statue et les vases du pourtour.
Ces œuvres, selon Bermudez, sont d'un dessin médiocre et ont une attitude maniérée. Pitué et Hubert.Dumandré ont exécuté, à Saint* Ildefbnse, le mausolée de Philippe Y. Le tombeau est posé sur un piédestal supportant une urne ; deux statues sont de chaque côté : la Charité, la Douleur ; au-dessus, deux médaillons représentent le Roi et la Reine couverts d'un voile qu'une Renommée cherche à soulever ; derrière, une pyramide portant les armes d'Espagne soutenues par un ange et un enfant *. Ce mausolée est placé dans la collégiale de Saint-Ildefonse. Pitué est l'auteur de la statue qui est à gauche du sépulcre, et des anges qui soutiennent l'écu royal f.
BALLET (Claude), orfèvre (voir page 149). — Claude Ballin fit pour le roi d'Espagne, en 1746, un surtout représentant un chasseur et une chasseresse qui se reposent au pied d'un chêne ; autour d'eux sont groupés des chiens et des bètes fauves. — En 1751, il exécuta pour le marquis de la Ensenada, ambassadeur d'Espagne à Paris, un autre surtout en or, représentant Neptune sur une conque, escorté de Naïades, Tritons et Sirènes. Ce groupe, merveille de ciselure, fut achevé par son fils, en 1754, et présenté à Louis XV*.
BOISTON (Philuto), sculpteur. — Boiston vint à Madrid quand on achevait le Palais-neuf et fut employé à son ornementation ; il fut reçu à l'Académie de Saint-Ferdinand en 1744 4.
FLIPART (CHÂWiB»-JosBPfl)â peintre et graveur, né à Paris le 9 janvier 1721» mort à Madrid le 2 août 1797. Élève et fils du graveur J.-G. Flipart. — Flipart
travailla beaucoup en Italie et vint en Espagne en 1780; Ferdinand VI le nomma peintre et graveur de sa chambre. C'était un peintre de mérite, mais surtout un excellent graveur au burin et à l'eau forte. On voyait de ses peintures à Madrid, à las Salezas reaies et à l'hôpital des Italiens; à Alba de Tormès, aux Carmes déchaussés5.
MOURET, architecte, né à Moussi-le Vieux en 1705. — Mouret était un habile architecte qui construisit plusieurs hôtels à Paris. « C'est sur ses dessins, dit Blondel, que Ton vient de commencer à bâtir en 1751 l'HôteKDieu de Madrid, près le Retiro, édifice d'une grandeur et d'une magnificence supérieure à tout ce que nous avons encore vu jusqu'à présent dans ce genre *. »
1 Delaborde, t. III, p. 182.
* Bermudez.
1 Qoëette dé* Beaum-Arts, t. XI, p. 116. — Mercure de juin 1751 et mai 1754.
* Bermudez.
r' Bermudez.
,; Blondel, Architecture franc, oise, 1. 1, p. 257.
MARQUET, architecte. — Marquet était en 1765, selon Patte, et encore en 1776, selon l1 Almanach de 1776 ', architecte du roi d'Espagne. W. Stirling conteste ce fait. « M. Marquet, dit-il, ne fut jamais premier architecte du Roi ; si le fait était vrai, les Français, pour leur propre considération, devraient le cacher, car Marquet est l'auteur de l'hôtel de la poste, à Madrid, le seul monument qu'il ait construit et qui est bien mauvais '.
LA TRAVERSE (Charlbs-François de), peintre, né à Paris, y mourut en 1778. Blève de Fr. Boucher. — Il fut envoyé à Rome pour y étudier, alla à Naples et explora les ruines d'Herculanum ; il attira ainsi l'attention du comte d'Osson, ambassadeur de France qui étant envoyé à Madrid, l'emmena à sa suite. La Traverse demeura quelques années dans cette capitale, sans toutefois réussir àobtenir le patronage duRoi.Ilfit pour des particuliers quelques petites peintures, qui ont obtenu l'approbation de Bermudez, etréussit surtoutdansle genre du paysage et des fleurs. Il imitait la couleur des Flamands. Le graveur Garmona a exécuté une bonne estampe d'après une peinture faite par La Traverse, sur la naissance d'un infant d'Espagne. Il quitta l'Espagne vers la fin de sa vie et revint en France, où il mourut en 1778*.
MANUFACTURE DE SÈVRES
Le roi de France donna, en 1775, à la princesse des Asturies, un service de table en porcelaine de Sèvres avec un surtout orné de sculptures, le tout d'une valeur de 24,192 livres \
OLIVIER (Mighel-Barthélkmt), peintre d'histoire et de genre, mort le 15 juin
1784, à 72 ans5. — Cet artiste a fait beaucoup d'ouvrages en Espagne où il a résidé6; il peignait de petits tableaux dans le goût de Watteau.
VERDIGrUIER (Michel), sculpteur, directeur et recteur de l'Académie de peinture et de sculpture de Marseille. — GRAVETOïf (Balthazar), architecte. —
Verdiguier s'établit à Cordoue au milieu du xvne siècle T, avec son compatriote l'architecte Graveton. Ils y exécutèrent le trophée colossal en marbre, appelé El Triunfo, érigé en l'honneur de l'arche-
1 Almanach raisonné des architectes, peintres, sculpteurs et graveurs, 1776, p. 36.
* W. Stirling, d'après Rejon, p. 1174.
3 W. Stirling, p. 1190.
* Renseignements communiqués par feu M. Riocreux, conservateur du musée céramique de Sèvres.
5 Archives de l'art français, t. II, p. 399.
6 De la Blancherie, Tissai d'un tableau historique des peintres français^ lvol. in~4*, 1783.— Le Cabinet des estampes possède un exemplaire de ce livre rarissime.
7 II y était encore en 1776, d'après V Almanach raisonné des architectes , peintres, sculpteurs et graveurs, de 1776.
vèque S. Raphaël, sur la place qui est derrière la cathédrale. Verdiguier fît leô statues qui représentent l'archange sur une colonne, saint Acisclo, sainte Victoire et sainte Barbe. Verdiguier fit aussi plusieurs statues pour les églises de Gordoue, entre autres une statue de sainte Inès. Il exécuta huit anges et deux enfants pour la chapelle du trésor de la cathédrale de Jaen, et les onze statues qui couronnent l'édifice en dehors. Verdiguier fut reçu membre de l'Académie de Saint-Ferdinand, en 1780 l.
BUSSENT (Joseph), peintre de genre, neveu et élève de Vanloo. — Ce peintre
de genre, établie Madrid, fut Tun des premiers élèves de l'Académie de Saint-Ferdinand ; il conserva dans ses tableaux la manière de Vanloo, et il eut la réputation d'un bon dessinateur \
VEHNET (Joseph), peintre de marines (voir page 152\ — En 1781, Vernet peignit six tableaux pour le cabinet du Roi à l'Escurial ; le roi Charles IV lui avait envoyé les dimensions de ces panneaux qu'il fit à Paris ; ce travail lui fut payé 40,000 livres *.
ANTOINE, architecte (voir page 225). — Antoine a terminé, à Madrid, le palais du duc de Berwick avec de grands changements4.
MANUFACTURE DE SÈVRES
Le ministre des affaires étrangères donna le 27 septembre 1787, au duc d'Aranda, ambassadeur d'Espagne en France, un grand service de table, en porcelaine de Sèvres, pâte tendre, fond bleu orné de groupes de fleurs, avec un surtout en sculpture, d'une valeur de 48,252 livres.
L'an IV (1795^96), le Directoire fit présent à l'ambassadeur d'Espagne de dqux tableaux d'après Teniers, peints sur porcelaine à Sèvres ; leur valeur était estimée à 4000 livres 5.
8AUVAN (Pierre), peintre, né à Avignon en 1722, mort à Bilbao dans un âge
avancé. — Sauvan était, de 1782 à 1789, professeur de dessin à la manufacture des soies de Valence, établie au village de Moncada «.
SMON, graveur en pierres fines. — Cet artiste de talent a exercé son art en Espagne 7.
1 Bermudez.
1 Bermudez et Nagler.
3 Bourgoing, Tableau de VEspagne moderne, t. I, p. 233, — et Revue universelle des arts, t. VU, p. 4Uo.
* A'otices par Renou et Lassault.
5 Renseignements donnés par M. Riocreux.
• KobertDumesnil, t, VIII, p. 203. — Revue universelle des arts, t. VII. p. 406. ' Magasin encyclopédique, an VII, p. 247.
GIRODET (Anne-Louis), peintre, né à Montargis le 5 janvier 1767, mort à Paris le 9 décembre 1824. Elève de Luquin et de David. — En 1799, Girodet fit pour
le roi d'Espagne les Quatre Saisons1.
Madame GUIBAL, peintre en miniature, née à Toulouse en 1781, nièce et élève de Joseph Bouton, peintre de Charles IV et peintre en miniature. —Madame
Guibal se rendit en Espagne en 1807. Elle fit pour la reine Marie- Louise une miniature représentant la déesse de la Beauté répandant des fleurs sur les attributs des Beaux- Arts (0,20 sur 0,15). En 1808, elle exécuta pour le roi Ferdinand VII la copie du portrait en pied de l'empereur Napoléon d'après Gérard (0,39 sur 0,28).
LEGUA Y (Etihnttb-Charles), peintre sur porcelaine (voir page 289) . — Il a
fait pour le roi Charles IV une grande table, sur laquelle est peinte l'histoire de Psyché d'après Raphaël *.
Madame THIBAULT, peintre de portraits. — Madame Thibault a peint le portrait de Ferdinand VII et de la reine Marie-Isabelle-Françoise. Ces portraits ont été gravés par Dien en 1817 ; l'encadrement des gravures est de la composition de Percier.
VEUNET (Horace), peintre (voir page 289). — Il a fait, en 1821, le portrait équestre de M. Machado, consul général d'Espagne.
CHAJtDIGNY (Pierre-Joseph), sculpteur, né à Aix en 1794. Elève de Cartel-
lier et de Bosio. — En 1831 , M. Chardigny a exécuté la statue en bronze du roi d'Espagne pour Barcelone, et la répétition de la même figure pour Grenade, en 1 835 *.
MANUFACTURE DE SÈVRES
Le roi Louis-Philippe donna à la reine Christine Un guéridon en porcelaine de Sèvres, exposé en 1835. Ce meuble, dit « le guéridon arabe », offre dans son milieu une peinture de Robert, représentant Boabdilet son peuple quittant l'Alhambra ; il est décoré aussi de 12 portraits d'illustres Arabes, peints par Béranger. Les ornements ont été peints par Leloy et Huart.
FROMENT-MEUIUCE (Désihk-François), orfèvre (voir page 156). — Froment-Meurice est l'auteur d'une coupe en agate, donnée par le duc de Montpensier à la reine d'Espagne. Cette coupe en agate orientale est montée sur un cep de vigne. Le pied est fait de trois groupes exprimant les diverses ivresses : l'ivresse sensuelle et rustique, [sous la
1 Coupin, Vie de Girodet, 2 vol. in-8°. * Gabet,
1 Annuaire statistique de* artistes français pour 1836.
ferme de Silène ; l'ivresse du poète ; l'ivresse du festin. L'anse de la coupe représente la Raison à demi vaincue, et enlacée par de petits enfants avec des brindilles et des pampres. (Exposition de 1844.)
Il a fait aussi une bonbonnière, offerte par Madame la duchesse de Montpensier à S. M. la reine d'Espagne. Cette bonbonnière est dans le style Louis XV. Quatre petits bas-reliefs, grands comme l'ongle et ayant pour sujets les quatre saisons, sont placés sur le couvercle, dont le bouton est formé d'une grosse perle ; la boîte est ornée de quatre bouquets de fleurs et de fruits en or de diverses couleurs.
Froment-Meurice a exécuté pour la marquise de Sentmenar, à Barcelone, une parure composée d'une guirlande pour la tète, d'un bouquet pour le corsage, d'un bracelet et de boucles d'oreilles. Cette parure est formée de volubilis, de fuchsias, de marguerites, d'églanfines, de muguets et de folles avoines en diamants ; toutes les feuilles sont faites de lames d'or très-minces, émaillées des deux côtés.
Il a fait encore, pour M. Accor, de Madrid, deux candélabres en argent, de style Louis XV. Sur le socle, deux enfants poursuivent un lézard ; dans les branches, des enfants chassent des oiseaux. Des guirlandes, des bouquets et des chutes de fleurs enrichissent en outre toute l'ornementation *.
LEMONIYIER, joaillier. — Il exposa, en 1851, à Londres, deux parures pour la reine d'Espagne. La première se composait d'un collier de brillants, disposé comme un ruban et entrelacé de feuillages en émeraudes. La garniture de corsage et les nœuds d'épaules, auxquels étaient suspendus de très-grosses émeraudes, avec girandoles et brillants, étaient composés dans le même style. Le bouquet se composait de lis en brillants avec feuilles en émeraudes, rubis et brillants, et pendeloques en perles. La couronne et le bracelet étaient disposés dans le môme système, brillants et émeraudes. —L'autre parure était exécutée en brillants et saphirs*.
LAVAL (Eugène), architecte, né à Villefranche en 1810, mort en 1869. Elève de
Labrouste. — Il a construit l'hôtel de la banque de Bilbao ■.
CHAPELAIN (Josbph-Alfbbd), architecte. Elève de Blouet. — Il a exposé
au salon de 1859, le projet du tombeau de M. X..., fondateur de l'hôpital de Arenys-de-Mer (près de Barcelone). Ce tombeau est décoré de deux statues de marbre représentant la Persévérance et la Bienfaisance, et dues au ciseau de M. Gumet (Charles-Alphonse), né à Paris. Elève de Toussaint.
1 Renseignements particuliers.
* Rapport du duc de Luynes sur l'orfèvrerie, p. 207.
3 Chronique des Beaua-Artt et de la Curiosité 1869, 14 mars.
FROMENT-MEURICE (Exus), orfèvre (voir page 157). — - En 1669, il a fait une aiguière offerte par le duc de Montpensier à la reine d'Espagne. Cette aiguière, répétition de celle qui fait partie de la toilette de la duchesse de Parme (1844), est en argent doré, orné de pierreries; la décoration se compose d'une guirlande de roses et de lys; sur le devant deux amours portent les armes d'Espagne. La composition est de Désiré-François Froment-Mburice, les modèles sont de Li&urd; le travail d'orfèvrerie et de bijouterie a été exécuté sous la direction de Louis et de Philibert Audouard.
La môme annnée, M. Fromentr-Meurice a fait une riche parure de turquoises, perles, grenat et or, offerte aussi par le duc de Montpensier à la reine d'Espagne. Cette parure comprend un diadème, un collier et des boucles d'oreilles. Elle est en style oriental et de la composition de Louis Audouard. Le travail de bijouterie a été dirigé par Philibert Audouard.
En 1860, M. Froment-Meurice a exécuté pour le duc de Medina-Celi» un splendide service de table en style Renaissance, qui se compose : d'un milieu de table, de deux candélabres, de quatre grandes coupes, de coupes petites et moyennes, salières, plateaux de carafes, etc. Le milieu de table est formé d'un bassin où nagent des enfants, des Tritons, des chevaux-marins et des dauphins ; du centre, posant sur des coquilles, s'élève un groupe de trois figures : Neptune, Vénus et une Nymphe, debout autour d'une touffe de roseaux. Sur la coupe, relevée par des Tritons, sont placés trois bas-reliefs ovales, représentant des baigneuses et des pécheurs. Les candélabres sont également portés par un groupe de trois figures. Les quatre saisons ont servi de thème à la composition des quatre grandes coupes ; elles posent : l'une sur un marronnier, l'autre sur un chêne, la troisième sur un cep de vigne et la dernière sur un sapin, et les groupes d'enfants qui dansent autour de ces arbres sont accompagnés d'attributs qui rappellent les saisons. La composition et la sculpture du milieu de table sont de Jean FeuchAre ; la sculpture d'ornementation du reste du service est de Doussamy ; la sculpture des figures du reste du service est d'Honoré ; la ciselure a été exécutée par Fanniére, Poux et Dembergue. La direction du travail avait été confiée à Babeur.
MAUREL, fondeur à Marseille. — M. Maurel a coulé en bronze la belle statue de Christophe Colomb, exécutée par José Piquer, premier sculpteur de la reine d'Espagne. Cette statue a été exposée à Marseille en novembre 1861 '.
GIRARD (Ernest-Jobbph-Angelon), peintre de miniature. Elève dlsabey.
— M. Girard résidait à Madrid en 1864, et il exposait au Salon de
1 Voir l'Illustration.
cette année deux miniatures représentant le roi et la reine d'Espagne.
MANUFACTURE DE SÈVRES
L'Empereur a donné à la reine d'Espagne, en 1 864, un grand vase À B, fond bleu décoré d'une riche monture en bronze et d'une couronne de pavots peinte par Schilt père.
HEMON (Henri- Alphonse), peintre décorateur (voir page 165). — M. Ré-
mon a exécuté, en 1868-69, la décoration artistique du palais du marquis de Portugalete, à Madrid, et celle de la villa de campagne du même marquis à Saint-Sébastien1.
CHAPPUIS (Adolphe) , graveur. Elève de C. Sauvageot. — Il a exposé aux Salons de 1869 et de 1870 plusieurs planches pour les Monumentos arquitectonicos de Espana.
BOESWILWALD (Emile), architecte, né à Strasbourg le 2 mars 18)5. Elève de
Labrouste. — Il a terminé en 1875, à Madrid, un grand hôtel en style mauresque construit pour M. Xiffre. L'Encyclopédie d'architecture a publié en 1872 et 1874, 5 planches relatives à ce monument : la façade décorée d'azulejos ; les plans du rez-de-chaussée et du premier étage; des plafonds peints et la coupe intérieure.
CÀHBON(CnmLE8- Antoine), peintre décorateur, né a Paris en 1802. Elève de
Ciceri. — Il a fait les décors du Prophète pour l'opéra de Madrid, en 187*.
D'ÉPINAY (Prospbr), sculpteur. Elève de Dantan. — Il a été chargé, en 1875, par le musée de Madrid, de faire le buste en bronze du peintre Fortuny.