NAPLES
ADAM DE LA HALLE, compositeur de musique. — Adam de la Halle, dit
le Bossu d'Arras, né vers 1240, se fixa à Is'aples après la conquête de Charles d'Anjou. Adam paraît avoir composé à Naples, vers 1285, pour le divertissement de la cour, le Jeu de Robin et de Marion, opéra comique, le plus ancien qui ait été composé \
MELLIN (Charles). — On voit de Mellin, à l'église de l'hôpital de l'Annonciation, un tableau de la Présentation de Notre-Seigueur au Temple 5.
1 Bulletin de la Société de l'histoire de France, année J8444 p. 35.
* Selon Mariette, mort en 1632, à Messine. i Lalande, t. VIII. p. 20.
* Fétis. Cette pièce a été imprimée en 1822, à 25 exemplaires, par la Société des bibliophiles de Paris.
* Uabbé Richard, t. IV, p. 182.
BflGNARD (Pierre) (voir page 362).-— 1647. « Le portrait qu'il fit du duc de Guise, qui étoit attendu des Napolitains pour les soutenir *,eutun succès que leur révolte rendit bien singulier. La ressemblance de ce prince étoit parfaite ; son grand air, sa noble fierté y étoient exprimés. Il fut envoyé à Naples, et l'espérance dont le peuple fut flatté de posséder dans peu son défenseur, fit rendre à ce portrait une espèce d'hommage, jusque-là que les femmes se mettoient à genoux en le regardant *. »
GERMAIN (Thomas), orfèvre (voir page 183). — Il fit, en 1738, une toilette pour la reine de Naples, femme de Don Carlos.
VERNET (Jobemî) (voir page 152). — En 1746, Vernet peignit, pour le roi de Naples, une cbasse au lac de Patria •.
VERNET (Jban-Antoine), peintre, né en 1716; mort à Naples nn peu avant 1750 ; frère et élève de Joseph Vernet. — « Ses tableaux, disait Horace Vernet, ne se distinguent guère de ceux de Joseph ; tous deux signaient de même 4. On les reconnaît cependant à ce qu'ils sont plus mauvais. Quand vous rencontrez une marine évidemment faible, et indigne de Joseph Vernet, mettez-la sans balancer sur le dos de Jean 8. »
GAZES, peintre, fils de Pierre-Jacques Gazes. — Il a résidé longtemps en
Italie et a été occupé comme peintre au théâtre de Naples 6.
Madame LEBRUN (voir page 155). — Madame Lebrun arriva à Naples en 1790; elle y fit les portraits de la princesse Marie-Thérèse, du prince héréditaire, père de madame la duchesse de Berry, de la princesse Marie -Christine, de Paesiello, et de la reine de Naples 7.
PEQUIGNOT (Jean-Pierre), peintre de paysage, né à Baume-les-Dames en 1765, mort à Naples en 1800 ou 1807. — Péquignot se lia d'une étroite amitié avec Girodet pendant son séjour à Rome ; ils furent obligés de quitter cette ville à la suite des événements politiques, en janvier 1793, et se retirèrent à Naples. Péquignot s'y fixa et y passa le reste de sa vie. Péquignot vécut d'une façon assez bizarre, fuyant toute société, tomba plus tard dans l'usage immodéré du vin et mourut dans un
1 Au moment de la révolte de Masaniello.
* Mémoires sur les membres de V Académie royale de peinture et de sculpture , t. II, p. 89.
1 Revue universelle des Arts, t. VI et VII.
4 J. Vernet.
5 Léon Lagrange, Revue universelle des Arts, t. VI, p. 99-101.
6 Œuvres poétiques d'Audri CHfuier, édition Lemerre, 1874, 3 roi. pet. in-12, t. 1. p. 50 de la Notice.
7 Souvenirs de madame Lebrun.
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état complet de misère. Girodet lui a consacré plusieurs vtrs dans le troisième chant de son poSme « le Peintre » :
Aimant les arts pour eux, heureux d'être oublié, Ses seuls besoins étaient l'étude et l'amitié ; Par l'étude fixé sur la terre étrangère, ' Pour compagne il garda la pauvreté sévère, Pour Mentor le travail, et ses nobles mépris Aux hommes comme à l'or n'attachaient aucun prix. Plus d'une fois j'ai vu la bizarre fortune, Accourant sur ses pas, lui paraître importune ; Je l'ai vu, dédaignant les dons de sa faveur, Lui-même malheureux, secourir le malheur. O toi qui, malgré toi seras un jour célèbre. Reçois, cher Péquignot, cet hommage funèbre...
Péquignot, peu connu généralement, malgré la prédiction et les vers de Girodet, était cependant un artiste d'un talent remarquable, surtout par l'originalité ; il ne devait rien qu'à lui-môme. Il a fait de nombreux dessins à l'estompe, relevés de sépia et de blanc, sur papier bleu ; ces dessins sont fort beaux. Ses tableaux de paysage qui sont tous en Italie, sont très-beaux aussi ; le plus souvent ses paysages sont inventés, toujours très-poétiquement composés, pleins de goût et d'originalité ; ses ciels, ses montagnes ont des formes et un caractère tout particulier ; si les arbres des premiers plans sont de convention, les autres plans de ses tableaux n'offrent plus ce défaut, et l'on ne peut qu'y admirer la poésie du dessin, la beauté des lignes, et une grande délicatesse d'exécution. Beaugean a gravé deux paysages de Péquignot (in-8°), dans le musée Landon !.
DESCAMPS (Guillauvb), peintre.— Guillaume Descamps a été peintre du roi de Naples. Murât *.
MOItTAGN Y (Élie-Honoré), peintre d'histoire, né à Paris. Élève de David.— Il fut envoyé à Naples en 1805, par l'ambassade de France à Rome, afin d'y faire des dessins pour l'Iconographie ancienne, et il devint peintre de la reine Caroline de Naples. Plusieurs de ses tableaux, Philémon et Baucis, le Tasse, etc., sont restés au palais de Naples \
GASSE (les frères), architectes. — Les frères Gasse ont fait, à Tépoque de Murât, la belle promenade de la Villa-Reale à Naples, la Bourse, l'observatoire de Capo-di Monte et le palais des ministères. L'observatoire est d'Etienne Gasse *.
1 Notice sur Péquignot, par P.-A. Coupin, dans les notes du 3* chant du Peintre de Girodet, dans le t. I«r des Œuvres posthume* de Qirodet-Trioson, in-8°, 1829, p. 295.
1 La vente de ce^artiste a été faite à Paris, en 1859, par MM. Sibire et Vignères.
3 GabeU
4 Voir Fussli. — Landon, Annales, t. I, p. 267. — Renseignements particuliers.
LECONTE (Etibnne-Chércbin), architecte, né en 1766. — Leconte, architecte du roi Murât, a décoré le palais royal de Naples.
INGRES (Jean-Augustb-Dominiqub), peintre, né à Montauban le 29 août 1780, mort le 14 janvier 1867. Élève de David. — M. Ingres a peint en 1813 pour la
reine Caroline, femme de Murât, les Fiançailles de Raphaël; ce tableau est perdu, mais il a été gravé dans le recueil publié par M. Magimel, d'après un dessin que possédait M. Hauguet. En 1813, la reine Caroline commanda à M. Ingres la Grande odalisque, qui a été lithographiée par Sudre.
GÉRARD (voir page 155). — Gérard a fait les portraits suivants des souverains de Naples : 4807, Marie-Julie, reine de Naples, femme de Joseph (gravé par P. Adam); — 1808, Marie-Caroline, reine de Naples, (femme de Murât), avec ses quatre enfants ; — 4810, la même ; — 1812, Murât.
Au palais royal de Portici, on voit de lui les portraits de Napoléon en habits impériaux, de madame Letizia et de Murât*.
GROS (voir page 177). — En 1812, Gros exposa le portrait équestre de Murât, l'un de ses plus beaux tableaux.
JALEY (Louis), graveur de médailles. Élève de Moitte et Dupré. — Jaley a
gravé en 1 81 2 une médaille du roi Murât, commandée par ce souverain.
ODIOT, orfèvre. — Odiot a composé pour le roi de Naples Ferdinand Ior, un grand service d'orfèvrerie.