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CHANSONS FRANÇAISES

Les chansons françaises étaient, aux xv6 et xvi« siècles, très-populaires et très-acceptées en Italie. Ces franches mélodies gauloises, si pleines de verve et de simplicité, servaient constamment de thèmes aux contrapontistes italiens à court de mélodies; nos airs populaires, surtout celui de l'homme armé, flanqués de contrepoint, d'accords et de fugues, devenaient motifs de messes et de motets; et nombre de Credo, de 0 salutaris, etc., doivent leur thème à nos chansons de « l'ami Bourdichon, » de « Baise-moi, ma maîtresse, » de « Di da di, Di da da, » etc.

BEATRIZET (Nicolas) , graveur, né vraisemblablement à Lunéville vers 1507, mort à Rome. — Le vrai nom de cet artiste est Beautrizet*; il était établi à Rome dès 1580, et il se forma à l'école des successeurs de Marc- Antoine. Son œuvre est très-important, en ce sens qu'il nous a conservé des dessins de Raphaël etde Michel-Ange qui ne sont connus que par lui *.

JACQUES D'ANGOULKME, sculpteur. — « Maître Jacques, natif d'Angoulôme, Tan 1550, s'osa bien parangonner à Micel l'Ange pour le modèle de l'image de saint Pierre, à Rome, etde fait l'emporta lors par dessus luy au jugement de tous les maîtres, même italiens : et de luy encore sont ces trois grandes figures de cire noire au naturel, gardées pour un très-excellent joyau, en la librairie du Vatican, dont Tune montre l'homme vif, l'autre comme s'il était écorché, les muscles, nerfs, veines, artères et fibres, et la troisième est un skeletos, qui n'a que les ossements avec les tendons qui les lient et accou-

1 Tous ces détails sont tirés de l'excellent Dictionnaire des musiciens de Fétis.

* Ainsi qu'il signe dans la pièce n° 110 du Catalogue Duplessis. — Il signe le plus souvent Beatricius Lothanngus, ce qui prouve qu'il n'est pas né à Thion ville, ville du Luxembourg.

3 Renseignements communiqués par M. Mcaume.

plent ensemble. Plus un Automne de marbre que Ton peut voir en la grotte de Meudon, si au moins il est encore, car je l'ai vu autrefois, ayant été fait à Rome, autant prisé que nulle autre statue moderne *. »

Il n'est pas besoin d'insister sur l'importance des faits signalés par Biaise de Vigénère, sur cette victoire remportée par Jacques d'Angoulême sur Michel- Ange. Je ne peux que déplorer la longue indifférence qui a pesé sur notre histoire artistique, et qui a été poussée à ce point que l'on sait à peine quelque chose sur ce grand artiste. De récentes recherches* nous ont cependant appris qu'il s'appelait Jacques (Pierre), et qu'il est né à Reims, où l'on trouve une longue suite de sculpteurs du nom de Jacques. Protégé par le cardinal Robert de Lenoncourt, il alla à Rome se perfectionner et il y vainquit Michel-Ange. A son retour, il séjourna quelque temps à Angoulème, où il eut de brillants succès, ce qui lui valut le nom de Jacques d'Angoulême ; il revint ensuite à Reims, où il fit le splendide tombeau de Saint-Remi, détruit en 1793, et mourut à Reims en 1596.

BACHELIER (Nicolas), sculpteur (voir page 861). — Ce sculpteur, de

Toulouse, étudia à Florence sous Michel-Ange, et exécuta pour les églises et les palais de Rome de nombreux ouvrages de sculpture, que l'Orlandi ne désigne pas.

NICOLAS D' AURAS, sculpteur, mort à Rome en 1598. — Baglione s dit

que Nicolas d'Arras a exécuté : ù la chapelle Sixtine, des bas-reliefs eu marbre représentant le comte de Santa-Fiora qui abat les hérétiques en France; —pour la famille, une statue de Marc-Antoine Colonna; — à Saint-Jean de Latran, un ange; une statue en marbre de Melchisedech, et des bas-reliefs en marbre, au tabernacle ; — à Santa- Maria dell'Anima, le tombeau du duc de Glèves, Charles-Frédéric, mort à Rome en 1573, à dix-neuf ans; on voit sur le sarcophage, en plein relief, le duc armé et à genoux, et sur le mur, de plein relief aussi et sculpté, le Jugement dernier ; plusieurs statues, la Religion, la Foi, de beaux ornements, des bas-reliefs, entre autres le pape Grégoire XIII qui donne l'épée au duc de Clèves, font de ce tombeau tout en marbre une œuvre très-importante *.

1 Biaise de Viurénère, Images ou tableaux de plaie peinture de Philostrate V ancien, mit en français, 1578, lr« édition. 2« édition, in -Toi. , 1614. —Jules-César Boulenger, dans son traité De picturâ, plaslice, statuariâ, etc., lib. 2, cap. 7, apud Gronov., Thésaurus Antxq. Grœc, t. lit, dit la même chose que Biaise de Vigénère.

* Voir un savant article 4c M. L. Paris, dans la Revue universelle des Arts, t. III, p. 182.

3 Le vite de1 pittori, scultori ed architetti, p. 67.

4 Vasi et Descine disent qu'il fut aidé par Gilles de la Rivière, sculpteur flamand. Vasi. p. 346. Deseine. Home moderne... avec toutes ses magnificences et ses délices..,, Leyde, 1713, 6 vol. in-12; t. II, p. 355.

GAJtAMOND et LEBÉ, graveurs de caractères. — Sixte-Quint fit graver les poinçons pour l'imprimerie de la Propagande à ces deux célèbres graveurs français1 .

CORDIER (Nicolas), dit LE FRAIHCIOSINO, ou le Français de Lorraine, sculpteur, né en Lorraine, mort à Rome le 23 novembre 1612, à 45 ans s. Élève de Michel- Ange. — Gordier vint à Rome très-jeune et grava d'abord sur bois, puis il se mit à la sculpture. Il fit pour le cardinal Baronius, à Saint-Grégoire, une statue de sainte Sylvie et une de saint Grégoire; pour cette dernière, il reprit une statue de saint Grégoire assis, ébaucbée par Michel-Ange, et la termina ; — pour le cardinal P. Aldobrandini, à la Minerve, il fit une statue de saint Sébastien, qui lui donna beaucoup de réputation, et la Charité, groupe en marbre de petite dimension. — Dans cette même église, il fit encore les deux statues du père et delà mère du pape Clément VIII, couchées sur de magnifiques tombeaux de marbre; le pape Clément VIII alla le visiter pendant qu'il exécutait ces ouvrages. — A Saint-Jean-de-Latran, un ange*. — Au fronton de la façade de Saint-Paul des Trois-Fontaines, les statuettes de saint Pierre et de saint Paul. — Pour le cardinal Scipion Borghese, les bustes en marbre de saint Pierre et de saint Paul, placés au confessionnal de Saint-Sébastien hors des murs. — Au Vatican, à la façade, sous l'horloge, il exécuta un grand ange de marbre qui tient les armes du Pape. — A la façade de la grande sacristie de Sainte-Marie-Majeure, il fit un autre ange qui tient également les armes du Pape* — A Sainte-Agnès hors des murs, au grand autel, la statue de sainte Agnès, en albâtre et en métal. — A Sainte-Marie-Majeure, quatre grandes et belles statues en marbre représentant David, Aaron, saint Bernard, saint Athanase4. — Pour le chapitre de Saint-Jean de Latran, sur le mont Celio, la statue colossale en bronze de Henri IV, roi de France; cette statue pédestre a été érigée en 1608s. — Pour Rimini, une statue en bronze du Pape (PaulV?).

Baglione dit que Nicolas Cordier était en grande réputation à Rome, et que les papes Clément et Paul allèrent visiter son atelier. Délia Valle* nous apprend d'autre part, qu'en novembre 1610, Nicolas

1 Biographie universelle \ article B ado ni.

1 Baçlione, d'après qui cette biographie a été traduite.

3 Titi et Deseine disent qu'il a fait à cette église, sur la porte de la sacristie, les

ange ; David tenant en main la tête de Goliath. — Deseine, p. 694-95, t. III. 5 Gravée par Jérôme David, à Rome, 1624, in-fbl., d'après une peinture de Robert

Cordicr, dit le Français de Lorraine, avait une si grande réputation, que le Mocchi, qui avait fait pour la fabrique du dôme d'Orvieto une statue de saint Philippe, ne s'en tendant pas sur le prix avec les fabriciens, on prit Gordier pour arbitre ; mais il ne put pas se rendre à Orvieto.

LEMERGIEA (J acquïs), architecte, né à Pontoiie, mort à Par» en 1660. — Get b&bile architecte a gravé à l'eau-forte, à Rome, plusieurs belles estampes, savoir: — le modèje en petit, les plan, coupe et élévation de Saint-Jean-des-Florentins, en 1607; — le dessin de la statue de Henri IV, érigée à Saint-Jean-de-Latran en 1608 (1608) ; — le catafalque dressé à Rome, aux obsèques de Henri rv,le 1er juillet 1610*.

SARAJEIFf (Jacques), sculpteur (voir page 434). — Sarazin demeura dixhuit ans à Rome, de 1610 à 1628. Le cardinal Aldobrandini, neveu de Clément VIII, remploya pour la décoration de sa vigne à Frascati ; il y exécuta un Atlas et un Polyphème qui jettent une prodigieuse quantité d'eau en girandole et avec un bruit extraordinaire. Ces deux statues en pierre sont d'un bel effet. « C'est, dit l'abbé Lambert, asse* faire l'éloge de ces deux excellents morceaux, que de dire qu'ils sont encore aujourd'hui regardés avec admiration, quoique environnés de toute part d'un grand nombre de figures antiques dont on ne les distingue que parce qu'on les trouve plus parfaites. Nous serions infinis, ajoute- t-il, si nous voulions entrer dans le détail de tous les ouvrages que cet illustre artiste a faits à Rome pendant les dix-huit années consécutives qu'il y a demeuré. » Nous savons cependant qu'au sortir de Frascati, Sarazin fit plusieurs figures pour le maitre-autel de l'église de Saint-André délia Valle, et deux Termes de stuc, dans l'église de Saint-Lorenzo in Miranda '. Dandré-Bardon, en parlant des ouvrages de Sarazin, qu'il ne désigne pas, dit que ce sont les plus beaux morceaux de sculpture qui se trouvent à Rome.

VOUBT (Sinon), peintre (voir page 262). — Le Vouct résida en Italie de 1611 à 16*7; il arriva à Venise vers la fin de 1612, y resta un an, et étudia les maîtres de cette ville ; il vint à Rome à la fin de 1613 et y résida jusqu'en 16*0 ; en 1610, il alla à Gènes et y travailla pendant un an pour leprinceDoriaet quelques autres seigneurs, puis il revint à Rome ; il y ouvrit une école où il forma de nombreux élèves italiens et français, et ce n'est pas à coup sûr le fait le moins curieux de cette histoire, que de trouver à Rome, en 1621, un Français tenant école. En 1634, les Italiens nommèrent Vouet prince de leur académie de Saint-Luc, et le cardinal de Richelieu récompensa cet illustre Fran-

» Robert Dumesnil, t. VI, p. 154.

• Mémoire* tut \u membre* de l'Académie royale de peinture et de sculpture, t. I,

p. in.

çais, en lui donnant une pension. «Il y a en Italie deux grands tableaux d!autel qui donnent une grande idée dlti mérite de cet* habile peintre; l'un, qui est dans la chapelle des chanoines dans l'église de Saint-Pierre du Vatican, et où sont représentés saint Jean Chrysostôme, saint François d'Assise et saint Antoine de Padoue avec un chœur d'anges, a été peint en 16261. L'autre qui est dans l'église de Lorette, représente Notre Seigneur célébrant la cène avec ses disciples (voir page 435;. » — On voyait au palais du prince de Palestine, un tableau de Vouet, représentant saint Luc, et un autre où il a peint la lutte de Jacob avec un ange*; — à un autel de Saint- François-à-Ripa, la naissance de la Vierge*. — Vouet était à Venise en 1627 ; il y peignit le portrait de Strozzi, gravé à Paris par M. Lasne. Il a fait à Rome le portrait du cavalier J.-B. Marin, très-bien gravé par Greuter, et celui du pape Urbain VIII, gravé par Mellan. — Vasi* dit qu'il y a du Vouet, au palais Sciarra, un saint Fabien, et M. de Ghennevières y a vu une très-belle peinture et de bizarre composition, appelée les Trois Ages, représentant trois femmes qui lancent' des flèches.

LE MAIRE (Jean), dit LE GROS LEMAIRE ou LEMAIRE-POUSSIN,

peintre d'architecture et de perspectives, né en 1597 à Dammartin, mort en 1659 à Gailion. Élève de Claude Vignon. — Lemaire séjourna à Rome, de 1613 à 1638; il s'y distingua par de grands ouvrages à fresque5. Lemaire était très-lié avec Le Poussin, qui nous apprend dans ses lettres (p. 81), que le commandeur del Pozzo avait deux petits tableaux de ruines, de cet artiste.

Un Pierre Lemaire, dit le Petit Lemaire, ami des derniers jours du Poussin, a gravé ù Rome, en 1637, d'après ses compositions, l'histoire de Paris 6.

THOMASSIN (Philippe), graveur et marchand d'estampes à Rome, né à Troyes vers loyi), mort à Rome vers 1625. Elève de Corneille Cort. — Thomassin a vécu

longtemps à Rome, où il a beaucoup gravé. On serait tenté de croire qu'il tenait école à Rome, puisque Callot y fut son élève. — M. Corrard de Bréban (Les graveurs troyens, 1 868, in-8°) a décrit 93 pièces de l'œuvre de Thomassin, qui doit être encore plus considérable.

1 « En voulant enlever le tableau de Vouet de dessus la muraille où il étoit peint, dans la chapelle des chanoines de Saint-Pierre, il est tombé en morceaux sans qu'on en ait pu rien conserver. On avoit dessein de le mettre en mosaïque ? peut-être que si c'eût été l'ouvrage estimé de quelque peintre italien, on aurait apporté plus de précautions et qu'on auroit évité ce malheur. Il a fallu en recommencer un autre qui a été fait par I'ietro Bianchi. » (Note de Mariette.)

* Descinc, t. I. p. 184, 186.

3 Idem, t. IV. p. 906. et Titi. p. 40.

5 Félibien.

6 Voir Archim de Part français, 1. 1. p. 28-20, et Robert Dumesnil, t. VI, p. 204.

ITALIB • 465

DERUET (Claude), peintre djùstoire, né en Lorraine en 1588, mort le 20 octobre 1660. Élève de Claude Henriet. — Claude Deruet, l'un des meilleurs peintres de la Lorraine, a résidé longtemps à Rome, où il suivit les leçons et adopta la manière du Josépin ; il y resta jusqu'en 1619, qu'il revint à Nancy et fut nommé peintre du duc de Lorraine Henri II, à cause, de la renommée qu'il s'était acquise, entre les bons peintres de Rome, pendant le séjour qu'il y avait fait. Le pape Paul V l'avait créé chevalier de Portugal en récompense de ses mérites. Deruet fit de nombreuses peintures en Italie, dont plusieurs ont été gravées par Thomassin. On cite parmi ses œuvres gravées un saint François de Paule servi par les anges (1616N; — le Concile des Juifs assemblés pour juger le Christ (1617) *.

VALEFCTliX *, peintre, né en 1600, à Coulommiers, mort à Rome en 1634, le

7 août. — Valentin suivit d'abord la manière de Caravage, mais Poussin le ramena ensuite à d'autres idées. Il a fait à Rome le Martyre des SS. Procès et Martinien, tableau qui fut exécuté en mosaïque à Saint- Pierre, parCristofari, et qui est placé à la galerie du Vatican. On voit de lui, au palais Borghèse, Joseph expliquant les songes; — au palais Doria, une Charité romaine et un saint Jean ; — une sainte Famille, au palais Spada ; — au palais Corsini, saint Pierre reniant Notre Seigneur ; — au palais Sciarra, la décollation de saint Jean-Baptiste • et Rome triomphante4, très-belle peinture.

VIGNON (Claude), peintre, né à Tours, en 1590, mort en 1670. — Le prince

Ludovisio, neveu de Grégoire XV, proposa un prix à plusieurs peintres qu'il choisit pour les faire travailler sur des Sujets différents. Vignon eut ordre de représenter les Noces de Cana et remporta le prix. Ce tableau était encore au palais Ludovisio en 16903.

STELLA (JacquesJ, peintre et graveur à l'eau- forte, né à Lyon en 1594, mort à Paris en 1657. Élève de son père François Stella. — « J. Stella alla en Italie à

Tâge de vingt ans (1614). Comme il passoit à Florence, lorsque le grandduc Cosme de Médicis faisoit faire un superbe appareil pour les nopces de son fils Ferdinand II, ce lui fut une occasion de se faire connoistre du grand-duc, qui lui donna un logement et une pension pareille à celle de J. Callot, qui estoit aussi alors à Florence, où Stella fit plusieurs

1 M eau me, Recherches sur la vie et les ouvrages de Claude Deruet ; broc h., in-8°. Nancy, 1853.

* ■ D'Argenville écrit sur la foi d'un mss. qui lui a été envoyé de Naples, que le Valentin y est nommé Moyse ; il a mal lu ; c'est Moneù (Monsieur), qui est un titre d'honneur que les Italiens donnent volontiers aux artistes francois. ■ (Manette.)

3 L'attribution de cette décollation à Valentin parait douteuse à M. Ph. de Chennevières .

4 Vasi.

5 Mémoires sur les membres de V Académie royale de peinture et de sculpture, t. I, p. 268.

ouvrages *. » Entre autres, il dessina et grava la Cérémonie de la présentation des tributs au grand-duc de Toscane, pièce grand in-folio; cette belle estampe, de 16*1, est traitée dans un goût qui rappelle celui de Callot1. Après un séjour de sept ans à Florence, il alla à Rome en 1683. « Il fit plusieurs tableaux pour la canonisation de saint Ignace, de saint Philippe de Neri, de sainte Thérèse et de saint Isidore, et fit plusieurs dessins qui ont été gravés, les uns en bois par Paul Maupain, d'Àbbeville *, d'autres pour des thèses et des devises, et d'autres pour un bréviaire du pape Urbain VIII, qui furent gravés par Audran et Gruter *. Il peignoit d'une manière agréable, particulièrement en petit, et même s'y estoit fait une pratique toute particulière. Il fit plusieurs tableaux sur de la pierre de parangon et y feignoit des rideaux d'or par un secret qu'il avoit inventé. On a vu de luy, dans la grandeur d'une pierre de bague, un Jugement de Paris, de cinq figures, d'une beauté surprenante pour la délicatesse du pinceau, tl fit aussi de grands ojivrages..., car pour les petites choses il n'y travailloit que pour satisfaire quelques personnes curieuses. Enfin s'étant acquis beaucoup de réputation et ayant fait des tableaux qui furent portés en Espagne, le roi catholique les ayant vus luy fit demander s'il vouloit travailler pour luy; à quoy il s'estoit résolu8. » Au moment de son départ, il lui arriva une affaire fâcheuse et il fut jeté en prison. Il y avait près de onze ans qu'il était à Rome et s'y était attiré beaucoup d'estime; aussi l'avait-on nommé chef de quartier ; en cette qualité il était chargé du soin de fermer la porte del Popolo à l'heure ordonnée et d'en garder les clefs. Ayant un jour fait fermer la porte,'quelques personnes voulurent la faire ouvrir à une heure indue ; Stella refusa. Pour se venger, ces personnes le dénoncèrent, gagnèrent quelques faux témoins et le firent arrêter lui, son frère et ses domestiques, comme coupable « d'entretenir dans une famille quelques amourettes. » Son innocence fut reconnue et ses accusateurs fouettés publiquement par les rues. « Pendant le peu de temps qu'il fut en prison, Stella fit pour se désennuyer, avec un charbon et contre le mur d'une chambre, l'image de la Vierge tenant son fils, laquelle fut trouvée si belle que le cardinal François Barberin alla exprès la voir. Il n'y a pas longtemps, ajoute tfélibien, qu'elle estoit

1 Félibien.

» Robert Dumesnil, t. VII, p. 158.

3 Lee pièces gravées en bois au nombre de plus de cent, sont exécutées avec une seule planche ou avec plusieurs en camaïeux, par Paul Maupain d'Abbeville (Huber et Rost). Cette suite comprend 41 sujets de l'Histoire sainte et de la vie de N. S. J.-C; 63 pièces représentent des apôtres ou des saints,. et 12 sibylles. La Création d'Adam est datée de 1624 ; la Sibylle égyptienne, de 1625. Le dessin est beau, large et fier. La gravure est vigoureuse, bien que quelquefois un peu maladroite.

* Mathieu Grtutir.

s Félibien.

encore dans le même lieu et une lampe allumée au devant; les prisonniers y vont faire leurs prières. »

Stella demeura encore six mois à Rome, doii il partit en. 1634, à la suite du maréchal de Gréqui, lequel revenait de son ambassade. A Milan, il refusa la direction de l'Académie de peinture, fondée par saint Charles, que lui offrait le gouverneur de Milan, cardinal Albornos. Arrivé à Paris, il se préparait à passer en Espagne, mais le cardinal Richelieu, « qui entenftit parler deluy et qui sut qu'il devoit aller en Espagne, l'envoya quérir et lui ayant fait entendre qu'il lui estoit bien plus glorieux de servir son roy que les étrangers, luy ordonna de rester à Paris et ensuite le présenta au Roi, qui le reçut pour Tun de ses peintres et lui donna une pension de mille livres et un logement dans les galeries du Louvre1.»

Outre la pièce gravée à Florence, en 1621, Stella a encore gravé à Ronie : en 1623, un saint Georges ; en 1629, une Madone; en 1637, le Sauveur descendu de la croix ; l'estampe porte à gauche : laçoàusinv. ; à droite ; Romœ superior. licentia, 1637. Cette date ne s'accorde pas avec celle de 1634, que donne Félibien pour le départ de Rome de Stella, date bien certaine, puisqu'il revint avec Charles de Créqui, duc de Lesdiguières et maréchal de France, qui fut remplacé, comme ambassadeur auprès de S. S., par le comto François de Noailles, en

POUSSIN (Nicolas), peintre, né en juin 1594, aux Andelys ; mort à Rome le 19 novembre 1665. Élève de Quintin Varin, — Poussin fut amené à Rome par

le po€te Marini, ami du pape Urbain VIII. Notre grand artiste séjourna quarante et un ans à Rome, de 1624 à 166o, sauf les deux années (1640-42) pendant lesquelles il résida à Paris.

Le Poussin se lia, à Rome, avec le sculpteur Duquesnois, avec l'Algarde, le Dominiquin, le Valentin, Jacques Stella ; il tint à la villa Médicis une véritable école, où ces artistes, ainsi que Mignard, le Guaspre, Claude Lorrain, Lebrun, et beaucoup d'autres encore, reçurent ses leçons ou au moins ses conseils. Le pape Urbain VIII (1623- 1644) protégeait cette colonie d'artistes français, dont l'influence sur l'Italie fut si considérable. En effet, la peinture italienne était alors en pleine décadence : ses représentants étaient Piètre de Cortone, le Caravage, le Guide. Le Dominiquin, le dernier des grands peintres italiens, était incompris et repoussé. Le Poussin prit sa défense et ramena enfin l'admiration sur les œuvres de son ami; il lutta contre la décadence, contre le mauvais goût, et soutint Part italien par ses leçons et surtout par ses œuvres 8.

' Félibien.

* « J'entendais dire Fréquemment, parmi les artistes et les amateurs romains, que le

jussin appartenait à l'école romaine ; je leur représentais en vain que sans nier qu'il

463 LES ARTISTES FRANÇAIS A i/ÉTRANGER

Rome possède encore quelques tableaux du Poussin. On trouve à la galerie du Vatican le Martyre de saint Érasme, peint avant 1640, et exécuté en mosaïque à Saint-Pierre, par Cristofari.

D'après Vasi, les tableaux suivants sont du Poussin :

Au palais Chigi : une sainte Famille; une descente de croix ; trois enfants.

Au palais Colonna : Apollon et Daphné (pour M. Ph. de Chennevières, ce tableau n'est pas du Poussin, mais d'un imitateur).

Au palais Gorsini : une sainte Famille.

Au palais Doria : une copie de la Noce aldobrandine ; un paysage avec la Fuite en Egypte; une Vue du Tibre à Ripetta; le palais Salviati " ; deux autres paysages sans désignation.

A l'église Saint-Martin : les figures des paysages du Guaspre.

Au palais Sciarra : un saint Mathieu et l'esquisse du saint Érasme.

MELLIN (Charles), peintre et graveur (voir page 441). — Charles Mellin OU Meslin, est appelé encore Charles Lorrain (Carlo Lorenese, Carolus Lotharingus) et Carlo Melini. Il était en réputation d'un très-excellent peintre, dit Félibien; il a peint, à Rome, dans le cloître des Minimes de la Trinité du Mont, et dans une chapelle de Saint-Louis des Français * ; à Saint-Nicolas des Lorrains, on voyait de lui le Christ au jardin des Olives*. Il a beaucoup travaillé aussi à Naples, au mont Cassin et à Milan.

« Il peignit, dit Nagler, des sujets historiques ou mythologiques, ouvrages qui, en partie, ont du bon, mais qui montrent aussi peu de réflexion et de sérieux. L'artiste n'en jouit pas moins d'une grande

dût infiniment aux connaissances qu'il avait acquises en se pénétrant, à Rome, des beautés do l'antiquité et de celles des ouvrages de Raphaël, le Poussin avait fait ses premières études en France, et déjà des travaux dignes d'éloges ; il n'était arrivé à Home qu'à trente ans, âge dans lequel, s'ils ne sont pas clairement indiqués, un homme ne donne guère l'espoir de talents distingués ; je résolus de faire de mon mieux pour détruire une opinion aussi mal fondée...

« Raphaël et son école ayant enseigné comment il faut faire usage, dans les compositions pittoresques de toutes les richesses de l'antiquité, de la mythologie et de l'histoire, le Poussin observa qu'il ne restait plus qu'à les enrichir des" idées sublimes de la morale et de la philosophie ; il y donna toute son attention ; on ne peut pas se rappeler les ouvrages de cet excellent maître sans être convaincu de cette vérité ; c'était un pas de plus et un pas bien intéressant à faire faire à l'art de la peinture ; c'est une époque très-remarquable dans son histoire, le Poussin Ta fixée. . . >

Lettre de M. Seroux d'Açrincourt à M. Castellan ; Rome, 1813, p. 142 et suiv. du 1. 1 des Archives de l'art français .

1 Pour M. Ph. de Chennevières, le paysage avec la fuite en Egypte, la vue du Tibre et le palais Salviati ne sont pas du Poussin.

* Mellin a peint, à Saint-Louis, la Visitation de la Vierge, dans la voussure à droite, quatrième chapelle à gauche. Il a signé sa peinture. (Renseignement donné par M. Ph. de Chennevières.)

3 Au moment où Sandrart l'a connu à Rome, il était logé dans le palais du seigneur romain Muti : • In palatio Muli, nobilis romani ma g ni que artis nostrm /a ut on s atque protectoris degens. » — Sandrart, p, 370.

autorité, et plusieurs de ses œuvres furent multipliées par la gravure. C. Audran grava des anges et des saints, d'après un dessin au bistre qui se trouve à Leipzig chez R. Weigel. Audran grava aussi saint François à genoux au milieu d un paysage. G. Charles grava une pièce avec l'inscription : « L'amour a quelque traict de la divinité, lorsqu'il est soutenu de la Fidélité-»; (Nancy, 1693.) — L'estampe suivante est aussi de Mellin ; elle représente : le Couronnement de la sainte Vierge dans la partie supérieure, et en bas, saint Jean-Baptiste et saint Florian ; elle est signée : Carolus Melini Lotharingus fecit Romae *. »

BERTHELOT ou BERTHOLOT (Guillaume), sculpteur. — Berthelot

vint de Paris à Rome pour y étudier et y fit un long séjour. Il a exécuté : la statue en bronze doré de la Vierge, qui est placée sur une colonne corinthienne en marbre blanc, que l'on voit à la petite place qui est à l'angle de la grande place de Sainte-Marie-Mayeure ; — les modèles de deux grands anges de bronze pour l'autel de la chapelle Paolo à Sainte-Marie-Majeure ; — la statue de saint Paul, à la tribune de la porte principale du Monte-Cavallo ; — à la porte de la chapelle de ce palais, l'ange de droite qui soutient les armes du pape; — le crucifix en bois qui est au-dessus du tableau du grand autel de l'église neuve (Sainte-Marie de la Valicella). Berthelot restaura plusieurs statues antiques, le Narcisse en marbre de la Vigne des Borghèses, et en fit un autre de métal *.

PERRIER (François), peintre et graveur, né à Mftcon vers 1590, mort à Paris

en 1650. — Étant allé à Rome pour se perfectionner dans l'art du dessin, il y eut d'abord bien de la peine à subsister. La réputation de dessinateur expert le fit connaître de Lanfranc, de qui il tira d'excellents principes pour son art et qui l'employa beaucoup. Ensuite il travailla pour lui-même, et fit plusieurs ouvrages à Tivoli, dans le palais du cardinal d'Esté *. Après un assez long séjour à Rome, il' revint dans sa patrie et fut mis en réputation par Vouet. En 1635, Perrier retourna en Italie et y séjourna jusqu'en 1645. Ce fut durant ce second séjour qu'il grava la majeure partie de ses planches, surtout les suites des statues antiques et des bas-reliefs, qu'il dessina lui-même. Ces gravures sont exécutées avec beaucoup de facilité ; mais comme elles manquent de précision, elles ne rendent guère que les attitudes et les mouvements des figures.

On lui doit : Les statues antiques, 100 planches petit in-folio, publiées à Rome en 1638.

1 Traduit de Nagler. — Voir aussi Félibien et Robert Dumesnil, t. Il, p. 2. * Baglione, p. 338. Vasi. Titi. Lalande, t. IV, p. 398. Deseine. — Voir aussi Sauvai, t. F, p. 467.

3 Ces belles peintures ont été livrées depuis à un cruel abandon.

Les «bas-reliefs de l'ancienne Rome, suite de 55 planches, publiées à Rome en 1645.

Les angles de la Farnésine ou de la galerie du petit Farnèse, 13 pièces d'après Raphaël.

Le plafond de la Farnésine (les noces de Gupidon et de Psyché, et l'Assemblée des dieux), d'après Raphaël, î pièces publiées sous le nom de Paria.

La Communion de saint Jérôme, pièce fameuse que Lanfranc fit graver à Perrier, dans le but de nuire au Dominiquin, qui avait traité le même sujet; grand in-folio.

Perrier a fait quelques compositions qu'il a gravées lui-même; il a certainement gravé à Rome, Vénus avec les Amours et les Grâces, au milieu des Tritons et des animaux marins, pièce qu'il a signée Fr. Paria Borgog1.

GELLÉE (Cwluwi), dit CLAUDE LORRAIN, né à Charaagne, dans le diocèse de Toul, en 1600, mort le 21 novembre 1682, o Rome. Elève de son frère Jean,

.graveur sur bois. — Claude Lorrain vint jeune à Rome, puis alla passer deux ans à Naples où il étudia la peinture du paysage sous Goffredo \ qui était alors en grande réputation ; il revint ensuite à Rome et étudia sous Agostino Tasso, peintre de paysage et d'architecture ; il travailla avec lui jusqu'en 1625, puis voyagea, alla à Venise, en Bavière, à Nancy, revint en Italie en compagnie de Charles Errard, et arriva à Rome le jour de Saint-Luc 1627. Il s'y fit aussitôt connaître par un grand nombre de tableaux faits pour divers amateurs romains et étrangers ; il travailla à des peintures murales au palais du cardinal Crescenzio, sur la place de la Rotonde ; dans le palais des Muti, sur la place des Saints- Apôtres, et dans une maison de la famille des Muzi, à la Trinité du Mont.

Le cardinal Bentivoglio commanda à Claude deux tableaux qui eurent .un immense succès ; sa réputation fut alors complètement établie; son atelier était très-fréquenté <s et la rue encombrée de gens qui se portaient chez lui pour acheter ses peintures ». Les figures qu'il mettait dans ses paysages étaient médiocres; aussi disaitil qu'il vendait ses paysages et qu'il donnait les figures par dessus \q marché; il les faisait faire quelquefois par Philippe Lauri, célèbre paysagiste romain.

Après avoir admiré les tableaux du cardinal Bentivoglio, le pape Urbain VIII voulut voir l'artiste, et lui commanda quatre peintures : une marine, le port di Marinella, une danse et une pastorale. Puis le roi d'Espagne lui fit faire huit tableaux. Dès lors Claude travailla

» lïuber et Rost, t. VII,-p. 68-70. —Robert Dumcsnil. t. IV, p. 1 ?»0 — Mtutoirex &vf Ta vie et les our rages des membres de l'Académie roynlr,'\. I. p. 121. - Exactement : (ù'olTroy Wals.

ITALIK 471

pour les cardinaux, les princes romains, le pape Alexandre VII, qui lui portait beaucoup d'intérêt, le pape Clément IX et pour les ama^ teurs de toute l'Europe.

En analysant les précieuses notes du Livre de Vérité1, on constate, d'une manière approximative, qu'il a peint quatre tableaux pour le pape, vingt-neuf pour les princes et les cardinaux romains, six pour Naples, un pour Venise, un pour Turin, un pour Païenne ; trentesept pour la France ; six pour l'Espagne ; un pour* la Bavière ; un pour Liège, deux pour Anvers, un pour Ypres ; deux pour l'Angleterre et un pour le Danemark .

Parmi les trente-sept tableaux que la France acheta à son grand paysagiste, Claude en fit un pour Montpellier, qu'il regardait comme son meilleur ouvrage : on y voit représentée Esther suppliant Assué-' rus pour le peuple hébreu.

Claude Lorrain avait beaucoup de dignité et de moralité; son influence fut considérable, dit Baldinucci ; il donnait des préceptes et des conseils à tous ceux qui lui en demandaient, surtout pour la perspective où il excellait ; Viviani et Swanevelt furent se» principaux élèves f.

Smith et Vasi nous apprennent que Ton trouve encore à Rome les tableaux suivants du Lorrain.

Au palais Doria : Mercure volant les troupeaux d'Admète.

Le Mariage d'Isaac et de Rebecca*.

Des prêtres conduisant un taureau au temple d'Apollon, pour le sacrifice.

Céphale et Procris4.

Paysage avec une Diane chasseresse.

Le fameux tableau du Moulin, un des plus beaux Claude que l'on puisse voir et admirablement conservé.

Paysage avec un repos en Egypte.

Au palais Barberini : une marine.

Au palais Sciarra : le lever et le coucher du soleil.

A l'Académie de Saint-Luc : une marine.

Au musée du Capitole : un paysage.

Au salon du prince Pallavicini, un paysage avec la mer et le Coli* sée; un paysage avec le temple de Vénus.

DUFHESFCOY (Chablm- Alphonse), peintre, né à. Paris en 1611, mort à Villiers-le-Bel en 1665. — Dufresnoy vint à Rome à la fin de 1633 ou au commencement de 1634, et s'y lia avec Mignard; on les appelait les

* Voy. p. 323.

* Cette moûraphie est traduite (un peu abrégée) d'après le Baldinucci. 1 M. Ph. de Chennevières reperde cette attribution comme douteuse.

* Idem.

deux inséparables. Il resta vingt ans à Rome, fit quelques tableaux pour des amateurs italiens et français, et composa son poëme de la peinture. Après un séjour de vingt ans, Dufresnoy se rendit à Venise avec Mignard ; il y fit une Vénus couchée, pour un seigneur vénitien, nommé Marc Paruta, et une Vierge à mi-corps. Il revint à Paris en 1656 ».

WUIBERT ou WIBERT (Remy), peintre et graveur: né à Troyes vers 1600; vivait à Paris en 1651. Elève de Vouet, à Rome. — Wuibert parait avoir passé

presque toute sa vie à Rome, où il fut l'ami du Poussin, dont il a gravé d'une façon remarquable plusieurs compositions ; il a gravé aussi d'après Raphaël, et plusieurs de ses estampes ont été faites d'après ses propres compositions V Quelques-unes de ses gravures, faites à Rome, portent la date de 4635; dès 1629, il gravait une statue colossale de Saint- André d'après François Flamand. Il revint à Paris en 1639 et y fut un des correspondants du Poussin.

MIGNARD (Pibrre), peintre (voir page 362). — Mignard vint en Italie en 1636 et y resta jusqu'en 1657. A son arrivée à Rome, il fit quelques portraits et appela ainsi l'attention du pape Urbain VIII, qui se fit aussitôt peindre par Mignard. Il fit ensuite pour Naples le portrait du duc de Guise, que les Napolitains révoltés attendaient \

A peu près dans le même temps, Mignard peignit le cardinal Bar berini, puis, avecf un grand succès, les deux cardinaux de Médicis, le cardinal d'Esté, les chefs des quatre maisons de Rome (Colonna, Ursini, Sanelli, Gonti), la signora Olympia, le prince Pamphile, neveu du Pape, l'ambassadeur de France, Henri d'Estampes, commandeur de Valençay , l'ambassadeur de Malthe, commandeu r des Vieux, les commandeurs de Matalone et d'Elbena, et le pape Innocent X.

La réputation que Mignard avait acquise engagea le grand-maître de Malthe à l'appeler auprès de lui; il refusa et Testa à Rome.

Après avoir peint le portrait du pape Innocent X, Mignard, cédant aux conseils du Poussin, renonça à faire des portraits et se livra dès lors à des ouvrages de composition. « Plusieurs églises furent ornées de peintures de M. Mignard, particulièrement celle de Saint- Charles-des-Quatre-Fontaines. Il y fit pour le maître-autel, une Trinité ; il peignit sur la muraille, et à l'huile, quelques saints, entre lesquels est un saint Charles Borromée, de grandeur naturelle, fort estimé*, et, sur la porte, une Annonciation, à fresque. Il se plaisoit à

1 Félibien. D'Argenville.

* Huber et Rost, t. VII, p. 130, et Robert Dumesnil, t. II, p. 10. Correspondance du Poussin. Félibien. Florent le Comte. — Corrard de B ré ban, Les Artistes troyens.

» Voir p. 442.

4 Cette belle peinture est plus énergique que tout ce que nous connaissons de Mignard. (Renseignement communiqué par M. Ph. de Cbennevières).

cette manière, et cet ouvrage, ainsi que quantité d'autres, firent juger à quel degré il la portèrent. »

Il fit une Aurore, à fresque, chez M. Martino Longwi ; — une sainte Famille, à Thuile, à Sainte-Marie-in-Campitelli; — un saint Antoine, à la sacristie du monastère de Saint-Antoine- des -Français; — saint Charles communiant les pestiférés, pour l'église de Saint-Charles-des-Catinari ; mais Piètre de Gortone empêcha qu'on y plaçât ce tableau.

Mignard quitta Rome au printemps de 1654 et se rendit à' Venise. En chemin, il peignit, à Rimini, le cardinal Sforze, archevêque de cette ville; à Modène, le premier peintre du duc ', la princesse Isabelle dLsle, fille aînée du duc et depuis duchesse de Parme; la princesse Marie, sa sœur, qui se fit depuis carmélite.

A Venise, il étudia les maîtres et fit le portrait du sénateur Marco Paruta. Il revint ensuite à Rome et peignit le pape Alexandre VIII et la belle courtisane La Gocque, qui, par coquetterie, voulut que Mignard emportât son portrait en France. Mignard quitta l'Italie en 1 657 pour revenir à Paris. Il était fort estimé à Rome et y avait formé un grand nombre d'élèves *.

LAFLEUR ou DELAFLEUR (Nicolas- Guillaume\ peintre de fleurs eh miniature et graveur à l'eau forte, né en Lorraine au commencement du xvii* siècle,

mort à Rome vers 1670. — Cet artiste, d'un grand mérite, composa et grava, à Rome, en 4638, une suite de fleurs en treize pièces, et en 1639 une autre suite de fleurs en douze pièces. Ces belles estampes eurent un grand succès, et plusieurs éditions en furent publiées dans les Pays- Bas et en Hollande 3.

COLLIGNON (François), dessinateur et graveur, né à Nancy vers 1605*, mort

en 1671. Élève de Callot. — En 1640, Collignon travaillait à Rome et y faisait en même temps le commerce des estampes. Il a beaucoup gravé d'après ses propres dessins. On cite particulièrement : l'estampe d'après Raphaël, représentant Attila mis en fuite; — les bâtiments de Rome sous le pontificat de Sixte-Quint: — le plan de la ville de Malthe avec les anciennes fortifications 5.

« Voy. p. 439.

* Mou ville, Vie de Mignard, et Mémoires sur les membres de l'Académie royale de peinture et de sculpture. — Lalande, t. IV, p. 292. Deseine, p. 629, 501, 704. ïiti. p. 162, 270.

3 Robert Dumesnil, t. IV, p, 11.— Abecedario de Mariette. — Dom Calmet, p. 368. — Delafleur se trouvait à Paris en 1644. (Voy. les lettres du Poussin, entre autres celle du 30 mai 1644.)

* Callot étant mort en 1635 n'a pu former un élève né en 1621, comme on ledit ordinairement. Déplus, M. Meaume possède de Collignon une jolie pièce d'après Math. Kager (Salomon recevant la reine de Saba), au bas de laquelle on lit : Francesco Collignon seulpsit augustœ 4631. Collignon a au naître vers 1605. (Renseignements communiqués par M. Meaume.)

5 Huber et Rost, t. VII, p. 189.

474 LES ARTISTES FRANÇAIS A i/ÉTRANGER

VOUILLEMONT (Sébastien), dessinateur et graveur, né à Bar-sur- Aube vers 1622. Élève de Daniel Rabel. — Il a gravé plusieurs planches, tant à Paris qu'à Rome, où il fit un assez long séjour. En. 1641, il a gravé à Rome : le Massacre des Innocents, d'après Raphaël, de deux compositions différentes (in-fol.) ; — en 1642, le pape Urbain VIII donnant la bénédiction (h>4°). — C'est sans doute à Rome qu'il a gravé d'après Raphaël, les Pèlerins d'Emmaûs (gr. in-fol.), le Parnasse (gr. in-fol.), une sainte Famille (gr. in-fol.); — d'après le Parmesan : la Vierge et l'enfant Jésus (in-fol.): — d'après l'Albane, les Fiançailles de sainte Catherine (in-fol.) *.

BELLY (Jacques), ou GIACOJIO BELXI, graveur, né à Chartres vers 1603, mort probablement à Rome. Élève de Vouet. — Belly séjourna longtemps à

Rome. On lui doit les 32 estampes représentant la galerie du palais Farnèse, à Rome, peinte par Annibal et Augustin Carrache ; elles ont été gravées à Rome, et plusieurs sont datées de 1641 *.

ANGUIER (Michel), sculpteur, né à Eu en 1612, mort en 1696, le H juillet, à Paris. Élève de Guillain. — Michel Anguier resta à Rome de 1641 à 1631. « Il fit d'abord, sous la conduite du signor Alguardi, de grands basreliefs de dix pieds de haut qu'on voit à Sainte-Marie-Majeure. Il travailla aussi pour l'église de Saint-Pierre et pour les palais de quelques cardinaux dont on n'a pas conservé les noms*. » Le détail de tous cesoxivrages est ignoré; l'abbé Titi cite toutefois une partie des stucs qui sont à Saint-Jean-des-Florentins et qui représentent des jeunes gens dans des médaillons.

BARRIERE (Dominique), dessinateur et graveur à F eau- forte, né à Marseille

vers 1615, mort à Rome en 1678. — Il se fixa de bonne heure à Rome où il grava d'après le Poussin, le Titien, le Cortone, le Dominiquin, Guil. Courtois, surtout d'après Claude Lorrain, et aussi d'après ses propres dessins. C'était un bon dessinateur et un excellent graveur à la pointe k. Il édita à Rome grand nombre de fêtes, de batailles, de marines, de statues antiques, de monuments de Rome et de la campagne romaine. Robert Dumesnil (t. III, p. 42) décrit 202 estampes de ce maître5.

COURTOIS (Guillaume), peintre d'histoire, né en 1628, à Saint- Hippolvte,

1 Huber et Rost, t. VII, p. 196.

* Robert Dumesnil, t. IV, p. 2. — Heinccken et Mariette.

3 Mémoires sur les membres de l'Académie royale de peinture et de seufoture t I p. 437 et 453. /* • • •

* « Falda et M. Barrière sont morts, et nous n'avons personne i Rome de cette force pour l'architecture et pour les paysages. » Lettre de Fr. Ghapuys, prêtre de l'Oratoire, dans les Archives de l 'art français , i. I. p. \lu.

\ Archives de l'art français, t. I, p. 152 et 157. — Voir aussi Félibien et Mariette. t. I, p. 73.

ITALIK 473

mort à Rome en, 1679. Élève de Piètre de Certone. — Guillaume Courtois vint de bonne heure à Rame ; « il se mit sous la conduite de Piètre de Cortone et puisa dans cetVe école toute la finesse de son art. Ses tableaux se distinguèrent bientôt ; les églises et les palais de Rome lurent prnés de ses belles productions, et peu de peintres ont mieux traité Thistoire1. »

Guillaume Courtois a peint le portrait du pape Alexandre VII, gravé par Collignon *.

On voyait de lui : Au palais Altieri ; les peintures de la chapelle; le tableau d'autel représentant une vierge \

A Saint-André du Noviciat des Jésuites ; le martyre de saint André, tableau du maitre-autel*.

A Saint-Jean de Latran, dans une chapelle : une grande fresque représentant la Trinité, saint Jean et saint Augustin (signée) 5.

A Saint-Laurent-in-Lucina ; un tableau dans une chapelle 6.

A Saint-Luc; quelques petites peintures7.

A Saint-Marc, dans la nef, au-dessus des colonnes ; deux peintures à fresque représentant le Martyre de deux saints dans une prison, et une Translation de sainte relique 8 ; — à la chapelle de saint Mure ; un tableau représentant le pape, et diverses peintures9.

A Sainte-Marthe, au maitre-autel, Notre Seigneur qui prêche, avec sainte Madeleine à ses pieds et sainte Marthe debout 10.

A Saint-Martin des Monts, à la voûte de la deuxième chapelle, à droite; le Père éternel11.

A Sainte-Martine des Peintres, à la chapelle souterraine, à droite; diverses peintures ".

A Sainte-Praxède, les peintures de la voûte d'une chapelle, et au milieu un Dieu le Père : — dans une autre chapelle, un tableau représentant le Christ mort 13.

A la galerie du palais Quirinal, la fameuse bataille de Josué, peinte par ordre du pape Alexandre VIII M.

I D'Argenville .

* Heinccken. Cet auteur donne une longue liste des estampes gravées d'après les ' tableaux de ce maître.

3 Deseine, p. 257.

* Idem, 625. Titi, 271.

* Renseignement communiqué par M. Ph. de Chennevières, qui rectifie les erreurs de Deseine, 762, et de Titi, 195.

6 Titi, 336.

7 Idem, 177.

* Renseignement communiqué par M. Ph. de Chennevières. * 9 Deseine, 234-35.

»• Idem, 262.

II Idem, 588.

»* Idem, 542.

" Titi, 222. Pt dWrgenville.

14 Titi, 277. Deseine, 617.

A la Trinité des Pèlerins ; le tableau d'autel d'une chapelle où sont représentés saint Charles, saint Philippe-'Neri et d'autres saints f. Guillaume a souvent aidé son frère dans ses grands travaux.

COURTOIS (Jacques), dit LE BOURGUIGNON, peintre de batailles, appelé en Italie, il Padre Giacomo Cortese, né à Saint-Hippolyte en 1622, mort à* Rome en

1676, le 14 novembre ■. — Jacques Courtois vint à Milan en 1636, s'attacha à un officier français, suivit l'armée pendant trois ans et dessina tous les faits de guerre dont il fut témoin. Ensuite il alla à Bologne, s'y lia avec le Guide et l'Albane, et se fixa à Rome, où il devint l'ami de Piètre de Gortone et du Bamboche. Il peignit d'abord quelques tableaux d'histoire, entre autres le Miracle des cinq pains, au couvent de Sainte-Croix-en-Jérusalem, mais la vue de la bataille de Constantin décida sa vocation, et il se fit peintre de batailles.

Le comte Garpeigne lui commanda quelques tableaux, dont la belle couleur, le grand style et la verve lui valurent une immense réputation. Il fut ensuite appelé à Florence, travailla pour le prince Mattia de Médicis, gouverneur de Sienne, et orna sa belle villa de Luppeggio. Après, il séjourna à Venise pendant un an; le procurateur Sagredo lui fit représenter dans une galerie les grandes batailles de l'Écriture Sainte, qui furent peintes sur des cuirs dorés. Entré dans la Société de Jésus comme frère laïque, il peignit au couvent des Jésuites plusieurs tableaux et revint à Rome. Le grand-duc de Toscane voulant avoir le portrait du Bourguignon, il le fit venir à sa villa de Gastello; Courtois se peignit en habit de religieux et plaça dans le fond du tableau une admirable bataille. A son retour à Rome, il fit un dessin colorié pour la tribune du Jésus, où devait être représenté Josué arrêtant le soleil; il allait exécuter ce tableau avec son frère Guillaume, mais la mort l'en empêcha.

Il peignit à Rome : au Jésus, la vie de Saint-Ignace, le Massacre des Innocents, l'Adoration des Mages, une Résurrection ; — au collège romain, dans la chambre de la Congrégation, les Femmes illustres de l'Ancien-Testament ; — une immense quantité de batailles, dont on voit plusieurs encore dans divers palais de Rome3.

COURTOIS (Jean-Baptiste), peintre. -— J.-B. Courtois, frère des précédents, fut un peintre de talent. Capucin à Rome, il ne peignit jamais que pour les maisons de son ordre 4.

CHAPERON (Nicolas),' dessinateur et graveur, né à Cbflteaudun en 1599.

1 Deseine, 474. — Voir sur cet artiste, Mariette, t. II, p. 20, et Robert Dumesnil, p. 211 du t. I.

» Mariette, t. II, p. 20.

3 D'Argenville. — Vov. aussi Robert Dumesnil, t. 1, p. 199.

4 Robert Dumesnil, 1. 1, p. 215.

Elève de Simon Vouet. — Cet habile graveur étant allé à Rome pour se perfectionner dans le dessin, y fit un assez long séjour, pendant lequel il grava, sur ses dessins, les peintures des loges du Vatican, gravures connues sous le nom de la Bible de Raphaël. Cette suite de cinquantequatre estampes parut à Rome en 1 649 ! .

BARON (Jean), dit LE TOLOSANO, graveur, né à Toulouse en 1631. — « Établi à Rome, il a travaillé toute sa vie en cette ville ; il a gravé le portrait et l'histoire. Ce qu'il a fait de plus considérable dans le premier genre, ce sont cinquante portraits des plus fameux maîtres italiens*. »

GASCAR (Henri), peintre de portraits (voir page 166), — Ce peintre de mérite est l'auteur de plusieurs tableaux conservés encore à Rome où il paraît avoir passé la plus grande partie de sa vie *. M. Ph. de Chennevières a vu de cet artiste : à Sainte-Marie des Miracles (chapelle à gauche en entrant), une Sainte-Vierge dans les cieux, tenant sur ses genoux l'enfant Jésus qu'adore un moine. Cette peinture fort médiocre est attribuée à Gascar par Vasi.

CHATEAU ou CHASTEAU (Guillaume), graveur, né à Orléans, mort à Paris le 15 septembre 1683, à 49 ans. — Après avoir étudié à Rome, sous Greuter, et s'être perfectionné, « il débuta par graver les portraits des papes qui se succédèrent pendant son séjour, et fit encore pour eux quantité d'autres ouvrages. La curiosité le conduisit ensuite à Florence, à Parme, à Venise et à Gênes, et les différents morceaux qu'on vit de lui, particulièrement dans ces deux dernières villes, où il resta plus longtemps, lui acquirent beaucoup de réputation *. »

LE VIEUX (Retnaud), peintre, de Nîmes, vivait de 1830 à 1700. — LevieuX a

travaillé longtemps à Rome5. C'est un peintre de grande valeur et très-français. On voit de lui à Saint-Louis des Français (4e chapelle à droite) un tableau d'autel représentant un saint évoque guérissant un jeune aveugle. Cette peinture calme et simple rappelle Le Sueur6.

FARJAT (Benoit), graveur, né à Lyon en 1Ô46. Gravait encore à Rome en 1707.

1 Huber et Rost, t. VII, p. 94. — Robert Dumesnil, t. VI, p. 212. —"Mariette, t, I, p. 354. — Voy. aussi sur les travaux de copies faites par Chaperon, à Rome, les lettres du Poussin/ — M. G. Duplessis dit que les estampes de la Bible furent gravées ù Châteaudun.

* Hcinecken. — Huber et Rost, t. VII, p. 256. — Mariette, t. I, p. 71.

3 Siret, Dictionnaire historique des peintres. — Gascar était de l'Académie, où il fut reçu en 1680.

* Mémoires sur les membres fie FAradetnie royale de peinture et de sculpture , t. I.

5 Ph. de Chenncvières-Pointel, Peintres provinciaux de Vaurienne France, t. I.

6 Renseignement communiqué par M. Ph. de Chennevières.

Elève de Guillaume Château. — « Il suivit son maître en Italie et le surpassa bientôt par une gravure plus large et plus moelleuse. S'étant fixé à Rome, Farjat épousa la fille du célèbre paysagiste Fr. Grimaldi, connu sous le nom du Bolognèse. Il a gravé un grand nombre d'estampes, fort estimées, d'après les plus fameux maîtres italiens, et plusieurs portraits et sujets de thèses d'après L. David (peintre de Lugano) \ »

BAUDE8SON (François), peintre de fleurs, né àTroyes, mort à Rome en 1682.

à 72 ans. — Baudesson, célèbre peintre de fleurs, a fait un long séjour à Rome*.

SPIERRE (François), peintre et graveur, né en 1843 à Nancy ; mort à Marseille le 6 août 1681. Elève de Vouet et de François Poilly. — Spierrc, dont le

vrai nom était Pierre, alla à Rome vers 1663; il y acquit beaucoup de réputation en gravant d'après Piètre de Cortone, Ciro Ferri, le Bernin et quelques grands maîtres. Son cbef-d'œuvre est une Vierge d'après le Gorrége". C'est à Rome que Spierre forma Etienne Baudet *.

BASTLANO DI AMBRINO, éventailliste français. — Il était établi ù

Rome en môme temps que Spierre, dont il fut le légataire universel, et il mourut peu de temps après lui5.

ROULLET (Jban-Lodis), graveur, né à Arles en 1645, mort à Paris en 1699. Elève de J. Lenfantet de Fr. Poilly. — Roullet a séjourné à Rome pendant dix ans ; il y a gravé : les Maries au tombeau, d'après A. Carrache ; — le portrait d'Ascanius Philamariuus, cardinalis archiepiscopus Neapolitanus, in-folio ; — le portrait d'Alexandre VIII, in-4° °.

PINSON (Nicolas), (Nigolo Pinzone), peintre, né à Valence vers 1640. Elève de Piètre de Cortone. — On voit de lui à Saint-Louis des Français, à la chapelle du saint roi , sur l'autel du côté de l'évangile, des peintures représentant la reine Catherine de Médicis à genoux, offrant à saint Louis, qu'on voit dans le ciel, le plan de la nouvelle église qu'elle lui consacre. Ce tableau, signé Nicolaus Pinson et daté de 1680, est dans le goût italien, mais très-supérieur aux peintures italiennes du temps 7.

BAUDET (Etienne), graveur, né à Blois vers 1020, mort à Paris en 1691. —

1 Huber et Rost, t. VII. p. 327.

* Mariette, t. I, p. 80.

1 Ce tableau est perdu depuis longtemps.

4 Renseignements communiqués par M. Meaume.

5 Baldinucci. Je dois aussi ce renseignement à M. Meaume.

6 Stimmel.

7 Deseine, p. 330. — Vasi, p. 332. — Ph. dc/Chennevières, Peintre* prorineiavr. 1. 1, et renseignements pris à Home et communiqués par M. Ph. de Chennevières.

Baudet alla étudier à Rome, et « étant parvenu au point de perfection où il pouvoit arriver, il fut choisi par les seigneurs de la maison Falconieri jpour graver quatre fameux tableaux de TAlbane qui étoient dans leur palais, et il s'en acquitta avec tout le succès possible * ; ce grand ouvrage achevé, il ne tarda guère à revenir en France *. »

VERIf AN8AL (Louis-Guy de), peintre (voir page 182). — On voit de ce peintre, à Notre-Dame des Miracles, à la chapelle près de la sacristie, deux tableaux de la Madeleine 3.

CHAMPAGNE (Jean), (Giovanni Sciampagna, Monbû Giovanni Francesk, Monsu Giovanni Sciampagna Francese), architecte et sculpteur, vivait à Home

dans la seconde moitié du xvii* siècle. — « Le maitre-autel de la Trinité du Mont a été rebâti depuis peu, de l'architecture du sieur Jean Champagne, François*, qui y a fait de stuc le mystère de la Sainte-Trinité entouré d'anges, et aux côtés, saint Louis et saint François de Poule aussi de stuc.

» Derrière est le chœur de jour des religieux... aux deux côtés duquel il y a deux petites chapelles nouvellement bâties, de l'architecture du même Champagne \ »

A Saint- André du Noviciat des Jésuites, sur la porte, Jean Champagne a sculpté les deux anges qui soutiennent un écriteau5. — IL a fait aussi à l'église du Jésus deux statues en stuc6.

THEODON (Jean-Baptiste), sculpteur , mort à Paris le 18 janvier 1713. — Théodon a passé presque toute sa vie à Home. Il fît d'abord la statue de Saint-Jean de Latran; son modèle l'emporta dans un concours où se trouvait le Bernin entre autres adversaires. Il fit ensuite un autel aux Carmes déchaussés et devint sculpteur de la fabrique de Saint - Pierre. Les Jésuites, voulant décorer l'autel de saint Ignace, à l'église du Jésus, de deux groupes de cinq figures chacun, mirent ces deux ouvrages au concours. Les vainqueurs furent deux Français, Théodon et Legros. Leurs ouvrages sont placés au rang des chefs-d'œuvre de la Rome moderne. Le groupe de Théodon représente la Foi qui fou- . droie les monstres de l'idolâtrie, exprimés par une figure humaine

1 On lit sur chaque planche : Stef. Baudet Gallus sculp. Romte, 1672. Ces quatre tableaux de l'Albane ont été acquis par Louis XIV et sont au Louvre : les planches de Baudet sont encore à la chalcographie romaine. (Note des éditent'* du Mariette.)

* Mariette, t. I, 82-84.

J Deseine, p. 26. — M. Ph. de Chennevières m'a appris que les deux tableaux représentent Jésus chez Marthe et Marie, et la Madeleine étendue dans sa grotte.

4 Deseine, p. 86, 87.

5 Idem, p. 62o, et Titi.

6 Cochin parle d'un bas-relief qui se trouve à Padoue et qui est l'œuvre de Campa gna; serait-ce le même que Jean Champagne?

terminée en serpent, près de laquelle le roi de Bungo, au Japon, se soumet à la Foi.

Le tombeau de la reine Christine, à Saint-Pierre, est orné d'un basrelief de Théodon, qui lui fut commandé par le pape Innocent XII; ce bas-relief représente l'abjuration de la reine; au-dessus, est un grand médaillon de bronze avec le buste de Christine.

On connaît encore de Théodon : A l'Oratoire du Mont-de-Piété, un bas-relief de marbre blanc, sur lequel est représenté un sujet de l'histoire de Joseph (Joseph prêtant du blé aux Égyptiens pendant la famine, selon Deseine, ou Joseph recevant ses frères accusés du vol d'une coupe d'or, selon d'Argenville) ! :

A la chapelle des fonts, à Saink-Pierre, les ornements de bronze doré que le pape Innocent XII fit mettre à l'urne de porphyre que l'on dit avoir été le tombeau de l'empereur Othon II ; cet ornement est terminé par deux petites statues représentant Notre-Seigneur baptisé par saint Jean ;

A Sainte-Marie-in-Transtevere, au-dessus du portique, la statue de saint Calixte *.

LEGROS (Pierre), sculpteur, né à Paris en 1656, mort en 1719, à Rome le 3 mai. Elève de son père Pierre Legros et de Lepautre. — Pierre LegTOS, ayant obtenu

le grand prix en 1677, alla à Rome pour y étudier, et ne put se résoudre à quitter cette ville. « Il se fixa donc à Rome et s'y distingua par cette infinité de beaux morceaux qu'on y admire*. »

On voit de cet artiste : Dans l'église du Jésus, à la chapelle de saint Ignace, sur l'autel, le groupe de saint Ignace avec trois anges, en argent, de 9 pieds de haut ; la croix de la chasuble du saint est toute bordée de pierres précieuses ; la statue est élevée sur un piédestal en forme de pyramide et composé de marbres précieux liés par des bronzes dorés. — Sur l'autel, du côté de l'épitre, le groupe de la Religion qui foule aux pieds l'Hérésie (en marbre blanc de Carrare) ; l'Hérésie est sous l'emblème d'un homme qui tient un serpent et d'une femme décrépite ; l'un et l'autre sont culbutés par la Religion et l'aspect de la Croix ; un Ange déchire les mauvais livres \ Legros obtint au concours l'exécution de son groupe; il était si jeune alors, qu'il paraissait extraordinaire de le voir entrer en lutte contre des artistes de réputation ; mais les Jésuites l'engagèrent à faire ses modèles en secret et à les envoyer encaissés comme s'ils arrivaient de Gènes; au jour du jugement, les modèles de Legros eurent le prix à

1 Francesco de' Ficoroni dit que le bas-relief représente Joseph donnant du blé à ses frères. {Le Singolarità di Borna moderna.)

* D'Argenville. Watelet, l'abbé Dubos, Deseine, p. 1053 et 480, Lai an de, t. III, p. 449 et t. V, p. 504.

3 Mariette. — Voir aussi Fr. Blondel, Architecture françoise. t. III, p, 14.

4 Deseine, p. 247-8. — Lalande, t. V, p. 170. — Vasi, p. 57.

l'unanimité, et Ton apprit seulement alors de qui ils étaient ' ; aussi Deseine, en parlant de Jeur auteur, ditr-il : « Legros, illustre sculpteur françois qui, dès sp jfttnesse, est parvenu à la perfection de l'art, où les autres ont peine d'arriver à la fin de leur vie. » — Dans l'église du Jésus, à la chapelle de la Croix, on voit aussi un bas-relief et deux figures en stuc (non déterminés), qui sont au frontispice.

A Saint-André-du-Noviciat-des- Jésuites ; la statue de Stanislas Kotska (gravée par J.-C. Allet, in-folio). « C'est un jeune homme mourant sur son lit, la tête appuyée sur des oreillers, tenant le crucifix et son chapelet d'une main, et de l'autre un petit tableau de la Vierge ; la. tête et les pieds du saint sont exécutés en marbre blanc ; son habit est en marbre noir, et la draperie en est bien traitée ; le lit et les oreillers sont de marbre jaune1. »

A Sainte-Apollinaire (troisième chapelle à droite) la statue en marbre blanc de eaint François-Xavier ; le saint est debout et regarde un crucifix qu'il tient des deux mains *.

A Saint-Ignace ; le bas-relief de saint Louis de Gonzague, représenté enlevé au ciel par des anges. Guillaume Coustou travailla sous la conduite et d'après le modèle de Legros à ce bas-relief*. Au fond de l'église est le tombeau de Grégoire XV ; la figure du pape, celle de l'Abondance et de la Religion sont seules de Legros ; le reste du mausolée a été exécuté sur ses dessins. Les deux Renommées qui sont au-dessus sont de Monnot *.

A Saintr-Jacques-des-Incurables ; un grand bas-relief de marbre, dans la seconde chapelle à droite, sur l'autel; il représente saint François de Paule sur un nuage, invoquant la sainte Vierge, dont le portrait lui est apporté par des anges ; il parait lui demander la guérison d'une foule de malades que l'on voit au-dessous '.

A Saint-Jean-de-Latran ; deux statues colossales en marbre blanc de saint Thomas et de saint Barthélémy. Le saint Barthélémy est une des plus belles œuvres de Le Gros : le saint tient le couteau avec lequel il a été écorché, et il a sa peau dans un pan de sa robe, ce que l'artiste aurait peut-être dû éviter, puisque le saint est représenté sans être écorché T. — Dans cette même église, le mausolée du cardinal Jérôme Casanata; il est couché sur son sarcophage et a les mains jointes ; il y a derrière lui trois génies qui lèvent un grand rideau 8.

1 Wateiet.

« Lalande, t. IV, p. 287.

3 Idem, t. V, p. 2! ; Vasi, p. 336.

♦ Mariette, t. II, p. 22.

5 Lalande, t. V, p. 150.

« Idem, t. IV, p. 604.

7 Idem, t. IV p. 191.

8 Idem, t. IV, p. 198. — Deseine, p. 762.

A Saint-Jérôme-de-la-Charité ; la statue de saint Philippe de Néri et les sculptures de la chapelle de l'avocat Antamoro.

A Sainte-Marie-Majeure ; la statue en bronze de saint Dominique ', et un bas-relief de bronze au tombeau du pape Pie IV.

A Sainte-Marie-de-la-Minerve , à la bibliothèque ; la statue en marbre du cardinal Jérôme Gasanata, fondateur de la bibliothèque *.

Au Monfr-de-Piété, à l'oratoire ; un bas-relief en marbre blanc, représentant Tobie écrivant, selon Francesco de' Ficoroni ", ou Tobie le père prêtant dix talents à Gabelus, selon Deseine, qui ajoute que le bas-relief fut placé en 1705 4.

A Saint-Pierre ; la statue colossale, en marbre, de Saint Dominique, regardée comme un des chefs-d'œuvre de fcette basilique, bien qu'on reproche à la tête d'être un peu petite*.

A Saint-Pierre-aux-liens ; le tombeau du cardinal Aldobrandini •.

A l'église des Saints-Apôtres ; la Foi et la Dévotion tenant un chapelet, en stuc.

En dehors de Rome, Legros a fait : pouf la cathédrale de Foligno, la statue d'argent de saint Félicien, évoque et patron de la ville.

Au Mont-Cassin, la statue en marbre du pape Grégoire II.

A Turin, les deux statues de sainte Thérèse et de sainte Christine.

« Il y a dans l'église des Carmélites de Turin, dit Cochin, deux Irèâ-belles figures de M. Lé Gros, dont l'une, qui représente une sainte Thérèse debout dans l'extase, est si supérieure à l'autre, qu'on âuroit peine à les crbire de la même main, s'il étoit possible d'en douter. Elle est drapée du plus grand goût ; la tète est belle et bien expressive ; les mains sont belles, bien de chair et d'un beau choix ; la jambe jfloyéc est trop longue 7. »

LE NOTRE (André), architecte et dessinateur des jardins du Roi (voir page 197).

— Les jardins français ou gothiques, comme on disait jadis, furent toujours très-célèbres. Le Nôtre agrandit et développa l'ancien système français sans rien emprunter aux jardins italiens. Tout au contraire, après avoir dessiné tous ses jardins de France, en 1678, il se rendit à Rome où il fit les célèbres jardins de la villa Ludovisi, que l'on regarde comme les plus beaux de Rome 8, ceux de la villa Pamphili, du Quirinal, du Vatican et de la villa Albani. Ce n'est pas seulement en Italie, mais sur toute l'Europe que l'influence de Le Nôtre

1 Deseine, p. 681.

* Lalande, t. V, p. 159. — Deseine, p. 278. — Vasi, p. 324.

3 Le Singularité di Roma moderna.

4' Deseine, p. 480.

8 Lalande, t. III, p. 445, 460. —Deseine, p. 1043.

6 Lalande, t. IV, p, 256.

7 Cochin, Voyage a l'Italie , t. I, p. 6.

8 On y voit un labyrinthe, des nassins, des jets d'eau, de grandes* allées et beaucoup de statues. (Lalande, t. IV, p. 363.)

g'est fait sentir ; partout, en effet, on a dessiné des jardins d'après ses idées et à l'imitation de ceux de Versailles '.

« En 1678, Louis XIV envoya Le Nôtre en Italie pour se perfectionner ; loin de trouver quelque chose de supérieur, Le Nôtre y laissa des modèles de son invention que Ton Imite encore f. »

BLONDEAU (Jaoqubs), peintre et graveur, né à Langres, vert 1639. — « Il a

beaucoup gravé à Rome d'après plusieurs maîtres italiens, surtout d'après Piètre de Gortone. Il a gravé aussi beaucoup de portraits à Rome : on cite ceux du cardinal Fr.-Laur. Brancati, 1681 ; du cardinal Fortune Car a fia, 1686 ; du cardinal Maximilien Gandolfi, 1686 ; du cardinal Opitius Pallavicini ; du général Énée de Caprara ; de René d'Esté, duc de Modène ; de Jean-Georges III, électeur de Saxe ; du roi de Pologne Jean Sobieski, in-fol ; du cardinal Bichi, d'après le Bourguignon. BÎondeau a exécuté une partie des peintures de Piètre

de Gortone au palais Pitti, à Florence*. »

ADAM, le père 4, sculpteur. — Adam, sculpteur lorrain, a fait Tune des quatre statues, celle du Gange, à la fontaine de la place Navone 5. L'abbé Titi nous apprend qu'il exécuta aussi une statue dans l'église de Sainte-Pudentienne. A la cbapelle Corsini , à Saint-Jean-de* Latran, Adam a fait aussi des bas-reliefs que Vasi (p. 167) ne désigpe pas.

GERMAIN (Thomas), orfèvre (voir page 183). — Thomas Germain, qui avait été l'élève de Legros à Rome, fit dans cette ville, pour les Jésuites, un saint Ignace en argent ; il exécuta ensuite pour le grandduc de Toscane, de grands bassins d'argent ; il fit même les plans d'une église qui fut construite à Livoutne. Germain resta douze ans t Rome, de 1688 à 1700.

FRANÇOIS-NICOLAS LORRAIN (Frangesco-Nicolaï Lorixisb ou Monsu NicolxI Lorenbse), peintre, appelé quelquefois Nicolas de Bab et le Signor Nicolbtto. — Ce peintre a fait pour l'église Saint-Nicolas-des- Lorrains, le tableau du maitre-autel représentant saint Nicolas qui bénit trois enfants, et un tableau de sainte Catherine § ; — dans l'église Sainte-Antoine-de-Padoue-des-Portugais, un tableau représentant la nativité de ce saint. Nicolas Lorrain avait fait aussi des ta-

1 Souvenirs d'un sexagénaire, t. III, p. 297. — Si l'on en croit Percier et Fontaine. Le Nôtre ne serait pas l'auteur de ces jardins dus, au contraire, à PAlgarde. Voy. Choix des plus célèbres maisons de plaisance de Borne et de ses environs, 1824, in-fol., p. 13.

» Lalande, t. I, p. 308.

3 Huber etRost, t. VII, p. 304.

4 Le père de Lambert-Sigisbert, de Nicolas-Sébastien et ae François-Gaspard,

5 Baldinucci, dans la Vie du Berninn et Vasi, p. 340. * Beseine, p. 396, et Titi, p. 380.

484 ' LES ARTISTES FRANÇAIS A i/ÉTRANGER

bleaux pour l'église Sainte-Marie-de-la-Victoire ' et pour celle de Saint-Àndré-des-Écossais '. Il avait la réputation d'être un des plus grands peintres de vierges *.

MAILLE (Mighbl), dit LE BOURGUIGNON (Moxsù Mighelb Borooononb ; Michblb Magma. Borgognone), sculpteur, vivait à Rome, vers la fin du

xvne siècle. — On voyait de lui : A Sainte-Marie-d'Araceli, la statue en marbre de saint Pierre d'Àlcantara, et les autres sculptures de la chapelle de Angelis *.

A Sainte-Marie-in-Transtevere, la statue de saint Corneille, au dessus du portique *.

A l'église de la Minerve, la statue de la Religion au tombeau du cardinal Bonelli •.

A l'église de Jésus-Maria, quelques-unes des figures de relief, en marbre blanc, sur les confessionnaux qui sont entre les chapelles. — Un tombeau en marbre. — Trois statues de stuc et les ornements en stuc de la voûte, du côté gauche en entrant7.

A Saiote-Marie-in-Campitelli, les stucs d'une chapelle s.

A l'église de Saint-Marcel, les saints en stuc des côtés du maîtreautel ».

A Saint-Jean-des-Florentins, à la chapelle principale, des médaillons et des ornements en stuc, et un saint Jean en stuc 10.

A l'église des PP. de saint Philippe-de-Néri, la statue de saint Philippe de Neri, placée devant la chaire du prédicateur ".

MAGNY (Nicolas), peintre, né en Artois, vivait à Rome à la fin du ivn« siècle. —

Il a peint pour la chapelle de Saint-Raymond, à Sainte-Marie-de-la- Minerve, un tableau de saint Raymond ".

Le Père COME, Jésuite bourguignon, peintre de batailles1*. — Il a peint

à Saint-Marc plusieurs batailles, au-dessus des portes latérales.

1 Le tableau d'autel de la seconde chapelle de gauche de Sainte-Marie-de-la-Victoire, représente J.-C. apparaissant à saint Jean-de-la -Croix. (Renseignement communiqué par M. Ph. de Chennevières.)

» Titi, p. 265, 302 et 369.

3 Heinecken.

* Deseine, p. 533. — Vasi, p. 106. — Titi, p. 167.

* Lalande, t. V, p. 504.

« Titi, p. 139.

7 Deseine, p. 32. — Titi, p. 351.

» Titi, p. 162.

9 Idem, p. 292.

»• Idem, p. 395.

11 Deseine, p. 379.

i» Titi. —Deseine, p. 281.

13 Titi, p. 157. — M. Ph. de Chennevières est certain que ces tableaux sont du Bourguignon ; de plus le nom est le même : Oiaeomo. Ce Père Côme est évidemment un nom inventé.

CRÉTEL ou CRETE Y, (André), peintre d'histoire, Français. — - On voit de

lui à N.-D.-des-Miracles, à une chapelle, un tableau représentant le crucifix !.

Monsù DAGI, DANIELLE DAGI, peintre français. — A Saint-Denis, à la première chapelle à droite, est un petit tableau de Daci, représentant la Vierge et différents saints".

CLAUDE LORRAIN, sculpteur. — Claude Lorrain a exécuté, sous la direction du Bernin, Tune des quatre statues gigantesques de la fontaine de la place Navone *. Bellori nous apprend aussi que François Flamand a travaillé chez Claude Lorrain.

BASILE (Basilio Francbsb), peintre. — Basile, contemporain de Pandolfo Titi, peignit un tableau de saint Nicolas dans une chapelle de l'église du Jésus \

ALLET (Jean- Charles), graveur, né à Paris vers 1668. On croit qu'il est mort

à Rome. — Ce graveur, qui a cherché à imiter C. Bloemaert, sans arriver à atteindre son modèle, a travaillé presque toute sa vie en Italie. Il a gravé des portraits et divers sujets dé dévotion et d'histoire sainte. Parmi ces portraits, nous citerons ceux : du duc de Mantoue, Ferdinand-Charles de Gonzague, d'après Ant. Lesma, in-4° ; « du pape Alexandre VIII, 1695, in-folio ; d'André Pozzo, jésuite%et architecte, 1712, in-folio 5.

POERSON (Charles-François), peintre, né probablement à Paris en 1653, mort à Rome le 2 septembre 1725. Élève de son père Ch. Poerson. — Il fut directeur

de l'Académie de Saint-Luc à Rome, et son épi taphe est encore à Saint- Louis-des-Français •.

MOXNOT (Pierre-Etienne), sculpteur, né à Besançon en 1658 ; mort à Rome en 1733.— Monnot se forma en Italie et travailla quelque temps à Rome. Il y exécuta, selon les indications de Maratti, le magnifique mausolée d'Innocent XI, à Saint-Pierre.

« Le tombeau est porté sur deux lions de bronze; la Justice (ou la Force) et la Religion y sont représentées en marbre ; elles ont de l'expression ainsi que la figure du pape. Le bas-relief qui est sur le piédestal représente la levée du siège de Vienne par les Turcs, qu'on attribue en partie aux prières du saint Père T. »

1 Deseine, p. 27, etNagler.

* Titi, p. 259.

* Titi, p. 111.

4 Titi, Ammaestramentn^ p. 350.

* Huber et Rost, t. VII, p. 354. — Hcinecken, Dictionnaire des artistes.

6 Renseignements communiqués ]>ar M. Meaume.

7 Lalandc, t. III, p. 479. — Vasi, p. 536. — Ce tombeau est reproduit dans Bonmi, Historia templi Vatirani,iab. j9.

nami

4*6 LES ARTISTES FKAKÇAtS A L'ÉTRANGER

Monnota fait aussi : à Notre-Dame-du~Peup]e, quelques statues. dans une chapelle ' ; — à Sainte-Marie -de-la-Victo ire, deux grands bas-reliefs placés aux deux côtes de l'autel de Saint-Joseph, et représentant une Nativité et une Fuite en Egypte ' ; — à Saint-Jean-de- Latran, les statues colossales en marbre blanc de saint Pierre et de saint Paul.

IUVALZ (Ahtoinm), peintre d'hittoire, né à Toulouse en 1(67, y mourut en 173*. Élève de Hon père Jean- Pierre Rivalz. — « Rivalz alla de bonne heure à Rome ; après quelques années de séjour, animé par ses progrès, Rivalz eut le courage de travailler au concours pour les prix de l'Académie de Saint-Luc {vers 1706). Il prit pour sujet la Chute des Anges, Idée vaste et bien digne de l'étendue de son génie et de ses connaissances. Une victoire complète le fit couronner au Capitale : il reçut le premier prix des mains du cardinal Albani, depuis Clément XI ». »

En 1 700, il composa et grava à Rome une estampe représentant une allégorie n la mémoire du Poussin *. Rivalz revint è Toulouse peu ion père »,

id de), graveur de monnaie* et de médailles, ni à Nancy, la 10 janvier 1738. — ■ Ferdinand de iet », était originaire de Nancy. Ses grastimées par tous les connaisseurs comme des ouvrages achevés. Les Italiens, peu prodigues de louanges, surtout envers les étrangers, ont dit que ses ouvrages étaient des ouvrages divins : Opéra divinu '.

» Etant allé à Rome, il s'y perfectionna et y passa bientôt pour un graveur de premier ordre en monnaies et en médailles. Après avoir exercé cet emploi et celui d'architecte sous les pontificats d'Innocent XI, Alexandre VIII, Innocent XII et Clément XI, il passa de Rome en Lorraine auprès du duc Léopold, qui voulut l'attirer à son service et le gratifia de deux pensions, l'une comme graveur et l'autre comme son premier architecte, et le logea dans l'hôtel des monnaies de Nancy, où il a demeuré jusqu'à sa mort, arrivée le 11 (lisez 10) janvier 1738. II lut enterré en la paroisse Sainte Épore...

" Poseinc, p. l».

1 Ces deux bas-reliefs sont signés : Pet. Stepk. Mo*not Bituntiinu fie. IS93. Mocnot s'y l'ait remarquer par sa modération et sa simplicité au milieu du dévcrççondaga de la statuaire italienne do ce temps. — On admet généralement qu'il y a pu dcui Mounot: le père (Etienne) et te ÛIb (Pierre). 11 est bien positif qu'il n'y en a eu qu'un, l'icrro-Etienue. (Renseignements communiqués par M. Pb. do Chennevieres.)

* Robert DamoBDll, t- I, p. 27*.

■ ilubor elHosl, t. VIII, p. 11. — Voir sur les Rivait, le Mercure de juin 1736.

" Bibliothèque lorraine, colonnes 103o-i0.

7 Nous le* avons vus chez M. Meaume.etnous nous rallions à cette opinion.

* Il a gravé toutes les monnaies qui ont été frappées eu Lorraine depuis 1703.

» En 1 725, il donna le dessin de l'autel de Saint-François-Xavier qui est dans l'église du Noviciat des jésuites. Cet autel, qui est d'un grand goût, futachevé en 17Î9.

* Le pape Clément XII, qui avait connu Saint-Urbain, lorsque Sa Sainteté était cardinal et trésorier, voulant le récompenser d'une médaille qu'il avait gravée en son honneur, et lui donner des preuves de l'estime qu'il avait pour lui, réleva en 1 753, à la dignité de chevalier romain de Tordre du Christ, dont le roi de Portugal est le grand-maitre, et mil par là le sceau à l'approbation générale que cet homme illustre s'était acquise dans tous les endroits où son nom était connu...

* M. de Saint-Urbain a été académicien honoraire des principales académies del'Europe...

* Etant à Rome, il y épousa mademoiselle Elisabeth-Dominique Mantenois' ».

DULIFf (Pibbbb), peintre d'histoire, né à Paris le 17 janvier 1718. Élève do Boulogne aîné. — On Voit di

de Rome, un tableau d'autel représentant sel genoux, offrant à la sainte Vierge son livre que (1700) *.

VILLERHE ou VILLIERRfE, sculptent aux Gc

mort à Roms en 1710 on 1713. âgé d'environ M ans. — Villei'me, après s'fttrc

installé h Borne, se consacra, par esprit de piété et d'humilité, à ne faire que des crucifix. « Les crucifix d'ivoire de Villerme sont admirables ; le marquis Pallavicini en avoit quantité dont il avoit orné une petite galerie1. »

ItAOTJX (Ji4»i, peintre (voir page I9i). — Raoux a beaucoup travaillé en Italie; il séjourna d'abord à Rome, où il arriva en 1704, et ensuite à Venise. Il rentra à Paris en 1714*.

GADOIS, musicien. — « J'avois pour compagnon dans ce voyage un religieux françoisdu couvent de la Minerve, nommé Gadois. Il étoit

d'Orléans, et au jugement môme des plus habiles maîtres de musique d'Italie, le plus savant compositeur qu'ily eûtà Rome. Il y aurait été

■ A la suite d'une biographie de Saint-Urbain, publiée par M. Lepage, archiviste de Nancy, en 1867, sa trouve le catalogue des ouvrages de Saint-Urbain par fou M. le eonseiLer Beaupré. — Il faut consulter aussi sur cet éminent artiste : Laiiarelli, Informalione ieW nrchimo di S. Pictro, p. VI, et Vcuuti, Nvmiimat* Romanonan Fon- (i/S'cwn, Rom», 1744. p. m.

1 Mémoires sur les membres de VAcad. royale de peinture et di ic*lpt*re, II, 250.

1 Mariette.

* Papillon de la Ferté", t. II, p. 695.

extrêmement employé s'il avoit voulu se gêner un peu plus. Il avoit inventé une gamme et de nouveaux caractères qu'il expliquent avec une netteté merveilleuse (1707)1. *

GAILLARD (Bernardin), peintre. — Il a peint à fresque, A Sainte-Marie- Transpontine, à la quatrième chapptyi, les mystères de la Passion de Notre Seigneur *.

BAILLON (Jean), sculpteur. — On voit de lui à SaintJean-de-Latran, une statue de saint Philippe '.

ALEXANDRE, peintre, Français de nation4. — Il a fait les peintures de la voûte de la seconde chapelle de Sainte-Marie-Transpon- Une8.

DELAPORTE (Jacques), architecte. — Le remarquable portail de l'église de Saint-Louis-des-Français est l'œuvre de cet artiste *.

HUVET T, peintre. — Deseine8 dit qu'il y avait au palais Justiniani, une Annonciation de la sainte Vierge de Huvet, peintre français fort estimé.

MARCEL, mosaïste, Provençal 9. — On voyait de lui au palais Borghèse un Orphée, en mosaïque, et le portrait du pape Paul V ; — à Saint-Pierre, au milieu des voûtes vers la porte, les armes de Paul V, également en mosaïque 10.

TAIfLOO (Jean-Baptiste) (voir page 279). — Vanloo a peint pour l'église de Sainte-Marie-della-Scala, une Flagellation, qui a été gravée par le comte de Gaylus (1714-18).

MANGLARD (Adrien), peintre de marines, né à Lyon le 10 mars 1605, mort à Rome le 1er août 1760. Élève de Van der Cabei, Flamand établi à Lyon. — Man-

glard a beaucoup travaillé à Rome, où il vivait en philosophe un

1 Voyage du P. Labat en Espagne et en Italie. Paris, 1730. 1 Deseine, p. 971.

s Idem, p. 751.

4 C'est incontestablement Alexandre Ubelbsqui, peintre d'histoire, né à Paris, reçu a l'Académie le 30 janvier 1682, mort à 69 ans, le 21 avril 1718. En 1672, Alexandre Ijbeleski, comme l'appellent les registres de l'Académie, obtint le grand prix de peinture.

5 Deseine, p. 971.

J> Idem, p. 327. — Ce Jacques Delaporte n'est pas Français ; c'est un Italien bien connu, Giacomo délia Porta, dont on a francisé le nom. (Note de M. Ph. de Çkennevières.)

7 M. de Chennevières croit que cet Huvct n'est autre que Vouet.

9 II est probable que c'est un Italien appelé Marcello Provençale. [Note de JU. Ph. de Chennevières,)

10 Deseine, p. 63, 1017. Ces six derniers artistes nous sont absolument inconnus ils sont antérieurs à 1713, date du livre de Deseine.

peu cynique, logé par le marquis Gabbrielli, dans son palais de Monte-Giordano ■• On voit encore à Rome, aux palais Doria et Ruspoli, plusieurs œuvres de ce peintre, qui a gravé en 1753 et 1754 un grand nombre d'estampes d'après ses compositions *.

BOUCHARDOPT (Edme), sculpt*/(voir page 213). — Bouchardon resta à Rome dix ans, de 1722 à la fin de 17331. Il y fit les bustes : du pape Clément XII, terminé en 1731 et payé 2,500 livres; du baron Stock ; de M. de Gordon, gentilhomme du fils du roi d'Angleterre ; de la duchesse de Buckingham, sœur du roi d'Angleterre ; un buste du pape pour le cardinal Albane ; plusieurs bustes de cardinaux et de personnages anglais. Il était déjà compté au nombre des habiles maîtres de l'Italie et était chargé d'exécuter le mausolée de Clément XI, lorsque les ordres du Roi le firent revenir à Paris *.

ADAM (Lambert-Sigisbert), sculpteur, né à Nancy le 10 février 1700, mort à

Paris le 13 mai 1759. — L.-S. Adam séjourna à Rome, de la fin de 1723 à 1733. Clément XII, faisant faire à une chapelle de Saint-Jean-de- Latran diverses sculpture^ et des tombeaux pour sa famille, chargea L.-S. Adam d'exécuter un bas-relief en marbre représentant la sainte Vierge apparaissant à saint André-Corcini, afin de lui faire accepter l'épiscopat qu'il refusait. Cet ouvrage fut très-goûté et lui ouvrit les portes de l'académie de Saint-Luc, en 1732. Il allait faire la grande fontaine de Trevi, pour laquelle son modèle avait obtenu le prix dans un concours4, lorsque le gouvernement français le rappela *.

NATOIRE (Charles- Joseph) „peintre, né à Nîmes le 3 mars 1700, mort à Castel- Gandolfo, près de Rome, le 29 août 1777. Élève de Lemoine. — 1725. L'académie

de Saint-Luc ayant proposé à ses élèves pour sujet de prix : Moïse apportant aux Israélites les livres de la Loi, le prix fut décerné à Ch. Natoire, pensionnaire du roi. « Le premier prix remporté par un François dans le sein de l'Italie fait beaucoup d'honneur à notre nation0. » Plus tard, pendant qu'il était directeur de l'Académie (1751), Natoire peignit la voûte principale de Saint^Louis-des-FrançaisT.

LESTACHE ou LESTAGE (Pierre), sculpteur. — Lestage, sculpteur français, travaillait à Rome en 1725; il y restaurait des antiques et

1 Mariette. — Helle et Remy, Catalogue de la collection de Manglard, in-12, 1762. * Robert Dumesnil, t. II, p. 234, en donne la liste.

1 Caylus, Vie de Bouchardon, 1762. — Carnandct, Notice historique sur Bouchardon, suivie de quelques lettres de ce statuaire, broch. in-8°, 1855, Techener. 4 Carnandet, Notice historique sur Bouchardon, p. 33. s D'Argenville.

« Mercure, 1726, p. 1650-51.

7 Lalande, t. V, p. 125. — Vasi, p. 330.

fit quatre statues dans les niches de la façade de Saint-Louis-des- Français*.

TRÉMOLLIÈRE (Pierhe-Charles), peintre, né en !70S, à Chollet, mort le tl

mai 1739. Élève de J.-B. Vanloo. — Trémollière alla à Rome en 47*6, et fut chargé de faire la copie, d'après te. Vanius, d'un tableau représentant la chute de Simon le Magicien ; l'original, placé sur un des autels de Saint-Pierre, étant peint à l'huile sur le mur, commençait à dépérir, et il s'agissait de le mettre en mosaïque. Cette très-belle copie a été placée à Sainte-Marie-des-Ançes. Trémollière revint à Paris en 1734*.

SLODTZ (Rene-Mighel ou Mighel-Anob), sculpteur, né a Paris le 29 septembre 1705. mort à Paris le 26 octobre 1764.— Slodtz résida dix-sept ans à Rome, de 1730 à 1747, et selon l'expression de Patte, il fit l'ornement de cette ville pendant son séjour. Quoique jeune et étranger, il fut choisi au concours pour sculpter la statue de saint Bruno, une des meilleures statues modernes qui sont dans Saint^Pierre; le saint est représenté dans l'instant qu'il refuse la mitre qui lui est apportée par un ange*. Il éleva ensuite, dans l'église de SainWean-des-Florentins, le tombeau du marquis Gapponi 4, un des meilleurs tombeaux de Rome au xviii9 siècle. Le mausolée est soutenu sur un socle où est gravée l'inscription, et sur lequel est posé un sarcophage. Une femme, appuyée sur ce tombeau, tient d'une main un livre ; elle a un agneau couché à ses pieds. Le portrait du marquis est dans un médaillon porté par deux génies •. La tête, la pose, la draperie sont pleines de grâce, d'élégance et de pureté *.

A Saint-Louis-des-Français, Slodtz fit le bas-relief du tombeau et le buste de Wleughels. — A Sainte-Marie-dolla-Scalla, à la chapelle de sainte Thérèse T, il exécuta un baa-relief en forme de médaillon 8.

SUBLEYRAS (Pierre), peintre, né à Uses en 1699, mort à Rome en 1749. Élève

d'Antoine Rivalz. — Subleyrasapassé toute sa vie à Rome, où il s'est fait,

i Naglcr. — Vasi, p. 329.

■ Mémoire» sur les membres de V Académie royale de peinture et de sculpture, l. II, p. 446. — Lalande, t. IV, p. 308. — Vasi, p. 239.

3 Lalande. t. III, p. 445. — Cette statue est en marbre et a 44 pieds do haut. (Fr. Blondel, Architecture françoise, t. IV, p. 32.)

* Mort en 1746.

5 Lalande, t. V, p. 9. — Vasi, p. 505.

* Renseignements communiqués par M. Ph. de Chennevières.

7 Lalande, t. V, p. 509, ne désigne pas le sujet de ce bas-relief ; mais Vasi, p. 451, nous dit qu'il y a dans cette chapelle deux bas-reliefs et que celui qui représente la sainte est de Ph. Valle ; l'autre est donc celui de Slodtz, mais il ne le désigne pas.

* Notice sur Slodtz, par Castilhon, dans le Nécrologe de 1766, rédigée d'après la lettre de Cochin aux auteurs de la Gazette littéraire, imprimée à Paris, chez Jombert, 1765.

ITALIE i9t

dit Mariette, un honneur infini. Il y arriva en 17*8. Chargé parler chanoines d'Asti, en Piémont, de faire un grand tableau, il peignit N.-S. chez Simon le Pharisien. Ce morceau, terminé avec soin, fit sa réputation; il fut admis aux académies de Saint-Luc l et des Arcades. On le chargea eusuite de faire un tableau pour Saint-Pierre. Il représenta saint Basile célébrant les saints mystères et refusant les dons de l'empereur Valens, qui tombe évanoui dans les bras de ses gardes '. Ce tableau, achevé à la fin de 1745 et dont on admira l'ordonnance et la couleur, fut aussitôt exécuté en mosaïque. C'était la première fois qu'on faisait cet honneur à urj artiste vivant. Subieyras en était digne, et son œuvre était digne aussi de soutenir la gloire de notre école.

Subieyras eut dès lors une réputation immense. Le pape Benoit XIV *, les cardinaux, les princes de Rome se firent faire leurs portraits.

On a de lui, outre le portrait de Benoit XIV, ceux du cardinal Valenti Oonzague et de plusieurs . grands personnages. Le pape lui commanda l'Extase de sainte Camille, le Mariage de sainte Catherine-de-Ricci avec l'enfant Jésus, et plaça ces tableaux dans son appartement. Il fit pour Milan un saint Jérôme pour les Pères appelés I Girolomini di Milano; — pour Pérouse, deux tableaux d'autel ; l'un représente saint Benoît ressuscitant un enfant, et l'autre Théodose aux pieds de saint Ambroise4. — Il peignit encore, pour le marquis Pietro-Emilio Cavalière Sgariglia d'Ascoli, une Annonciation de la Vierge'.

VEUNET (Claude- Joshph), peintre de marines (voir pages 152 et 281). — « Ce n'est pas un éloge de Vernet que j'ai l'honneur de vous adresser, ce sont seulement quelques faits épars de la vie de cet homme célèbre, recueillis dans l'intimité de sa société, seul hommage que je puisse rendre à l'amitié dont il m'honorait... Vernet, arrivé à Rome (vers 1732, à dix-huit ans), faisait des dessins qu'il vendait fort mal. Des dessins de marine ne peuvent en général être bien appréciés que par des connaisseurs. . . Vernet essaya de peindre de petites marines ; longtemps il se crut très-heureux de trouver à les placer pour un sequin ou deux. Son père ne lui envoyait plus d'argent, et Vernet, gagnant à peine de quoi vivre, allait rejoindre sa patrie, lorsqu'on lui conseilla de se présenter avec deux jolies petites marines chez un

1 II donna à l'académie de Saint-Luc, pour morceau de réception, l'esquisse de ce tableau. (L'abbé Fontenai.)

* Vasi en donne une autre description; Valens entendant la messe célébrée par saint Basile, s'évanouit en voyant avec quelle majesté et quelle dévotion celui-ci célèbre le divin sacrifice.

altr$ cote rare délia intign* cita di Atcoli, 1 yol. in-8*. Perugia, 1790.

cardinal qui aimait les arts. Vernet, repoussé par le suisse du cardinal, se retirait tristement sans avoir pu parvenir à le voir, lorsqu'un ami, qui le rencontra, lui apprit que Ton ne parvenait à parler à un prince de l'Église que comme aux autres. Il retourna chez Son Éminence, donna la bona mana à ses gens, et fut introduit. Le cardinal regarda les tableaux, lui en demanda le prix, et notre jeune peintre fut fort étonné lorsqu'il l'entendit ordonner de lui compter quatre louis. Le cardinal encouragea Vernet par tout ce qu'il ajouta d'éloges à sa munificence et fit sa réputation. Je regrette, surtout à ce titre, de n'avoir pas retenu le nom d'un homme sans lequel peut-être Vernet eût été obligé de quitter un art qu'il a tant illustré. Vernet, encouragé, employé, ne négligea rien pour perfectionner son talent... Il n'avait que vingt ans, et ses tableaux étaient déjà fort estimés; mais Vernet aimait les plaisirs, ne travaillait point assez et dépensait son argent. Il logeait chez un perruquier qui, comme presque tous les Romains, aimait la peinture et se trouvait glorieux de loger chez lui un artiste célèbre. Le perruquier avait laissé accumuler plusieurs mois de loyer que Vernet ne s'empressait point de payer; son hôte montait souvent chez lui et le voyait peindre en silence ; enfin Vernet, qui imputait cette assiduité à l'argent qu'il devait au perruquier, lui parla de sa dette. Il fut bien étonné de s'entendre dire par son hôte que, « voyant qu'il ne pouvait pas satisfaire aux demandes de tableaux que lui faisaient tant de grands personnages, et mourant d'envie d'avoir un des siens, il avait cru que le moyen le plus sûr de l'obtenir était de laisser accumuler la somme qu'il lui devait, persuadé qu'il aimerait mieux s'acquitter en lui faisant un tableau qu'en tirantà la fois tout cet argent de sa poche..., et le perruquier supplie Vernet de lui donner le tableau qu'il est en train de faire. Vernet y consent et oublie que cette peinture est promise au cardinal, son protecteur; enfin Son Éminence vient chercher son tableau, déclare au jeune peintre que c'est son chef-d'œuvre et ordonne à ses gens de le porter dans sa voiture. Le perruquier tombe à ses pieds en la priant d'avoir pitié de lui et lui annonce en fondant en larmes qu'il né survivra pas à la perte de ce tableau. » Vernet interdit, expliqua la cause de cette singulière scène au cardinal, qui, touché de l'amour qu'avait pour l'art ce perruquier lui abandonna le tableau. C'est un Point du jour, un des meilleurs ouvrages que Vernet ait laissés à Rome.

« Notre jeune peintre aimait passionnément la musique. Il était lié de la plus étroite amitié avec le célèbre Pergolèse... ; ils vivaient presque continuellement ensemble. Le peintre avait chez lui un forte-piano pour amuser son ami, et de même le musicien avait chez lui un chevalet et des palettes ; l'un faisait de la musique pendant que l'autre peignait, et Vernet m'a souvent dit que ces moments ont été les plus heureux pour son génie et pour son cœur; les chants de

Pergolèse lui donnaient le sentiment de la plus belle nature ; et souvent, disait-il, j'ai dû les teintes les plus suaves et leur accord à l'impression que me faisaient éprouver le charme de l'harmonie et la douce voix de mon ami1. »

Vernet a beaucoup travaillé à Rome pendant les vingt ans qu'il y séjourna. On cite surtout, parmi ses œuvres, les tableaux du palais Rondanini, peints dans le goût de Salvator Rosa; ceux du palais Spada et ceux de la galerie Borghèse. Mariette, parlant de la passion des Anglais pour « leur Van de Velde » et en particulier pour ses marines, nous apprend que : « Pendant tout le temps que Vernet est demeuré en Italie, il n'a presque travaillé que pour des personnes de cette nation, et encore aujourd'hui, s'il vouloit les croire, tout François qu'il est, ils prendroient tout ce qui sort de son pinceau ". »

FRONTIER (Jean-Charles), peintre, né à Paris en- 1701, mort à Lyon le 2 septembre 1763. Élève de C.-G. Halle. — Grand prix en 1728. — « Frontier apprit

son art chez C.-G. Halle, et ensuite continua ses études comme pensionnaire à Rome. Après son retour à Paris, il fut, en 1744, nommé membre de l'Académie, et, trois ans après, directeur de celle de Lyon, où il mourut en 1765. Le marquis d'Argens parle avec beaucoup d'estime de son talent ; il possédait une grande habileté dans le dessin, mais sa couleur s'affaiblit d'année en année*. »

Cet artiste, ajoute De la Blancherie*, a été à Rome fort longtemps ; on y trouve le plus grand nombre de ses ouvrages.

DETROY (Jean* François), peintre (roir page 152). — On voit de lui à

Saint-Nicolas-de-Cesarini, un tableau représentant le bienheureux Jérôme Emiliani, qui présente à la sainte Vierge, sous la protection de saint Michel, les enfants pauvres et orphelins de l'éducation desquels il s'était chargé (gravé par Galimard) * ; — à l'église de Saint-Claude, la Résurrection6 ; — à Saint-Nicolas-de-Cesarini, le tableau du maître autel7.

DUFLOS (Phtlothée), peintre et graveur, né à Paris vers 1710, mort à Lyon en

1 Lettre de M. Pitra, dans le t. XIV de la Correspondance de Grimm, p. 488.

* Traduction de Walpole par Mariette, mes. de la Bibl. nation., t. III, p. 65. Le gouvernement de Louis XV, en 1752, rappela Vernet pour peindre les ports de France. — Notice des tableaux, dessins, estampes, etc., dont la vente se fera, les 20 et 21 avril 1790... Se distribue chez Le Brun, etc.

3 Traduit de Nagler.

* Essai d'un tableau historique des peintres français, 1783, in-4* (au Cabinet des estampes, Ya 294).

5 Mémoires sur les membres de V Académie royale de peinture et de sculpture, t. II, p. 278.

« Idem, p. 269.

7 Vasi, p. 359.

1746* âgé* d'environ 87 uns. Ëlèt* de l'École française de Rome sont Detroy. —

Duflos fit à Rome des paysages, entre autres un paysage avec Diane et Endymion, possédé par Gôme Siries de Florence; il fit aussi des gravures pour des livres, travailla pour la chalcographie romaine, et peignit un tableau d'autel à Caprarola, dans l'église des Carmes déchaussés, représentant r Assomption de la sainte Vierge. En 1740, Duflos alla à Florence et y fit son portrait, puis en 1744, il quitta Rome et se rendit à Lyon, où il mourut après deux ans de séjour1.

DERIZET, architecte, né à Lyon. — Derizet a bâti en 1738 l'église de Morne di Maria ou Saint-Bernard; c'est une petite rotonde, décorée d'un ordre corinthien au-dessus duquel est un attique portant la coupole*. — Il a construit aussi l'église nationale de Saint-Claudedes-Bourguignons*. — Le chœur, la coupole et la tribune du grand autel de Saint-Louis-des-Français ont été décorés sur les dessins de Derizet4.

Le P. JACQUIER et le P. LE SOEUR. — a II y a ici deux Minimes de la Trinité-du-Mont, maison de cet ordre, qui a été fondée par

Charles VIII Un de ces religieux s'appelle le P. Jacquier, l'autre

le P. Le Sœur. Ils sont l'un et l'autre extrêmement bons géomètres,

astronomes et physiciens tJn seul trait vous fera juger de leur

habileté et de l'opinion qu'on en a ici. Le fameux dôme de Saint- Pierre ayant donné de l'inquiétude à cause de quelques lézardes qui s'y étoient faites, on consulta, non-seulement des- architectes, mais •aussi les plus habiles mathématiciens ; les PP. Jacquier et Le Sœur furent de ce nombre, et tout bien considéré, c'est leur avis auquel on s'en est tenu *. »

Le P. NICÉÙON (Jean -François), peintre de paysages. — À la Trinité-du-

Mont, église des Minimes-Français, dans les corridors qui sont audessus du cloître, le P. Nicéron a peint des paysages très-extraordinaires par leur perspective •.

LALLEMAND (Jean-Baptiste), peintre de marines et de paysage, et dessinateur, né à Dijon vers Tan 1710, mort quelques années avant 1805. — Lallemand, qu'on

appelle à tort Allemand, fut d'abord ouvrier tailleur et exerça son métier à Dijon, puis à Parte ; le jeune ouvrier employait tous ses loisirs à desBiner ou à peindre. Il se fit d'abord connaître par des ta-

1 Pazzi, vol. IIt part. 2, XX.

* Lalande, t. IV, p. 147.

* Idem, t. IV, p. 500.

* Idem, t. V, p. 125.

5 Extrait d'une lettre du cardinal de la Rochefoucauld, ambassadeur à Borne, du 7 juillet 1745, publiée dans le Bulletin des comités, 1850, partie archéol., p. 224.

6 Lalande, t. IV, p. 565.

bleaux représentant les Quatre saisons» et passa en Angleterre, où les personnes les plus distinguées se montrèrent jalouses de posséder de ses productions ; mais ne pouvant s'accoutumer à la température de Londres, il revint passer quelque temps à Dijon, partit pour l'Italie et fit un séjour de plusieurs années à Rome. Lallemand a peint tous les genres : le paysage, des marines, des sujets mythologiques et des sujets de genre ; il a fait aussi une grande quantité de fort beaux dessins ; mais c'est surtout dans les paysages et les marines qu'il a excellé. Vernet lui-même rendait hommage au talent de son rival. En 1750, Lallemand fit quatre grandes fresques au palais Gorsini, représentant une cascade, un paysage, une marine, le château Saint- Ange et le Vésuve mis ensemble dans la môme vue. Revenu en Franco, il se fixa à Paris, et fut reçu membre de l'académie de Saint- Luc*. On a beaucoup gravé d'après lui.

BAftBAULT (Jbak), dessinateur, graveur et peintre, né* en France ter* 1705, tnort à Rome eh 17W*. — Barbault a gravé plusieurs estampes, entre autres le martyre de saint Pierre par P. Subleyras ; il est surtout connu par les grands recueils d'architecture qu'il a dessinés et qui sont : Les plus beaux monuments de Rome ancienne, dessinés et gravés par lui, en 128 planches, Rome, 1761, in-folio; — Recueil de divers monuments anciens répandus en plusieurs endroits de ritalie, dessinés et gravés par lui, en 166 planches, pour faire suite à l'ouvrage précédent, Rome, 1770, in-folio; — Monuments antiques, ou Collection choisie d'anciens bas-reliefs et fragments égyptiens, grecs, romains et étrusques... ouvrage qui contient 200 planches, la plupart dessinées et gravées par lui, Rome, 1783, in-folio ; — Les plus beaux édifices de Rome moderne, 44 planches, gravées d'après les dessins de Barbault, Rome, 1763, in-folio*. - Barbault a peint, de 1749 à 17(52, douze costumes d'Italie que M. Léon Gaucherel a gravés et publiés en

DU&CWT (Gabribl -Pierre-Martin), architecte et graveur, né à Paris en 1720; il vivait encore en 1790. — Dumont passa sa vie en Italie; il était membre des académies de Saint-Luc, à Rome, de Bologne et de Florence. Il publia, en 1764, en sept planches, les ruines de Pœstum;. en 1768, il fit 21 nouvelles planches de ces ruines pour une édition publiée à Londres par le graveur Thoma9 Major et traduite en français par Jacques de Varennes. On lui doit encore des études sur la basi-

e Panthéon dijonnais, par Julien Paillet, broch. in-8° ; Dijon, an xrn-i$05, p. 69 v. — Voir aussi Lalande, t. V, p, 458; Fiorillo; Nagler; le Catalogue du

« Le et suiv cabinet de Paignon- Dijon val.

* Heinecken se trompe dans toutes les dates qu'il donne sur cet artiste.

3 Ch. Le Blanc, Manuel de l'amateur d'ettampe*.

lique de Saint-Pierre de Rome, en 5 feuilles, et un grand plan du Vatican '.

VOLAIRE (Jacques- Antoine ou Pierre- Jacques), peintre de marines, né à Toulon, d'autres disent à Nantes. Élève de J. Vernet. — « Volaire fut élève

de Joseph Vernet, et l'intime ami de son maître. Il fit pour lui différents voyages, surtout à l'époque où ce dernier peignait les ports français. Volaire fut un excellent peintre de marines. L'empereur àe Russie fit l'acquisition de deux batailles navales peintes par lui, et les fit mettre dans sa galerie. Volaire peignit à différentes reprises l'éruption du Vésuve qu'il avait eu l'occasion d'observer à Kaples. A Rome * il obtint en 1765, des succès par ses marines. C. Guttenberg grava sur cuivre, en 1771, un tableau du Vésuve en furie, gravé aussi par Hauer, et P.Duflos grava la vue de Solvaterra. On a gravé encore: une galère de Malthe attaquant une sultane sur les côtes, et un combat entre des navires français et anglais. Après la mort de J. Vernet, en 1789, Volaire alla* en Italie pour ne plus jamais revenir en France \ » Lalande * nous apprend qu'il s'était établi à Naples.

DELACROIX (Charles), peintre de marines et de paysage, vivait dans la seconde moitié du xvme siècle. Elève de Joseph Vernet. — Delacroix travaillait à

Rome; il y peignit des marines à la manière de son maître. Quelquesunes ont été gravées par Le Veau et Le Mire, et beaucoup se trouvent Suède*.

PARROCEL (Etienne), peintre. — Le tableau du grand autel de Sainte-Marie-in-Monticelli est de lui 7.

CAFFIERI (Jean- Jacques), sculpteur, né à Paris en 1723, mort le 21 juin

1792. Elève de Lemoyne. — Caffieri exposa au salon de 1757 une Sainte- Trinité qu'il avait faite pour l'église de Saint-Louis-des-Français; elle est en stuc, bien composée et d'un bel effet 8.

HOUDON (voir page 216). — Houdon résida à Rome de 1760 à 1771. Il y a fait sa grande figure d'écorcbé qu'il exécuta comme ouvrage de pensionnaire en 1767 •. L'enseignement du dessin y gagna beaucoup, ainsi que l'étude de l'anatomie, si utile aux sculpteurs. Cette figure a

1 Revue universelle des Beaua- Arts, 1859.

* Où il était venu s'établir en 1763. — Vov. Archives de Vart français, t. IV, p. 162.

1 Ou retourna.

♦Traduit de Nagler.

* T. VI, p. «46.

6 Fiorillo. — Stimmel. — Paignon Dijon val.

7 Lalande, t. V, p. 66.

8 Renseignements communiqués par M. Ph. de Chennevières.

9 « M. Houdon vient de faire, en 1767, une figure d'écorché, grande comme nature, qui passe pour un chef-d'œuvre. ■ (Lalande, t. V, p. 271.)

1m, 70 de haut; elle a le bras droit étendu en avant et le bras gauche le long du corps; elle est aujourd'hui à l'école des Beaux-Arts, ainsi que le second écorché que fit plus tard Houdon, et qui a le bras droit replié au-dessus de la tête. Les deux écorchés de Houdon eurent une influence européenne; on les a réduits, copiés, moulés et reproduits un nombre considérable de fois, et ils servent encore partout en Europe à renseignement du dessin.

En 1769, Houdon sculpta pour l'église de Sainte-Marie des Anges, la célèbre statue de saint Bruno, en marbre et haute de 9 pieds. Cette statue est très-belle et mérite sa réputation. — On dit aussi qu'il a fait une statue de saint Jean-de-Latran, dans l'église de ce nom, et un saint Jean-Baptiste pour l'église des Chartreux1.

LE BRUN (André?), sculpteur (voir page 233). — « Le Brun, qui est actuellement au service du roi de Pologne, » dit Lalande \ sculpta le buste du pape Clément XIII et fit une statue de Judith, dans l'église San-Carlo-al-Corso.

CLAUDIOTf ou CLODION, sculpteur. Le vrai nom de cet artiste est Michel (Claude). Il est né à Nancy le 20 décembre 1740; il est mort à Paris le 28 mars 1814. Elève de Lambert-Sigisbert Adam, son oncle. Grand prix de Rome en 1759*.

— Claudion passa onze années à Rome et revint en France en 1 771 . Catherine II acheta beaucoup de ses œuvres. On l'a surnommé le Fragonard de la terre-cuite. Ses petites compositions, femmes nues et couchées, nymphes, bacchantes, faunes, satyres, jeux d'enfants, sont exquises et d'un goût très-français.

THIERS, peintre. — « C'est ainsi que Fiorillo (LU, 426) nomme un peintre qui, dit-il, s'est distingué dans la seconde moitié du xviii8 siècle par des paysages dans le goût de Gaspard Poussin et de Vernet. Il ornait ses paysages de figures dessinées habilement. On trouve dans le Winkelmann de Goethe un paysagiste du nom de Thiéry , lequel vivait à Rome dans les dernières années du xvme siècle et faisait des tableaux d'un grand mérite. Ces deux maîtres, sans doute, ne font qu'une seule et même personne *. »

PONCET, sculpteur de Lyon. — Poncet, sculpteur excellent et très-estimé, résida longtemps à Rome; il fit, en 1776, un buste célèbre de Voltaire, pour une académie italienne. Voltaire disait de lui à d'Alembert (5 février 1776) : «Ce n'est pas un artiste qui copie lanrfture, c'est un homme de génie qui donne la vie et la parole, c'est un Prométhée

1 A. de Montaiglon et G. Duplessis, Vie de Houdon.

» T. IV, p. 550.

3 Renseignements communiqués par M. Meaume. — Voir Mariette, t. I, p. 377.

♦ Traduit de Nagler.

qui communique à l'argile le feu céleste qu'il a dérobé.» En 1778, il fit à Rome une Vénus que tout le monde admira. Il était encore à Rome en 4786; il y sculpta les statues du roi et de la reine d'Angleterre et travailla pour plusieurs seigneurs anglais ; il travailla aussi pour la Russie et pour le Pape '.

CHCVARD (Josbph), sculpteur, né à Lyon le 13 février 1756; mort en 1813, le

19 mai. — Chinard résida à Rome de 1784 à 1789. En 1786, il remporta Je grand prix fondé par le Pape, qui avait admis à concourir les artistes de tous pays. Le sujet était Persée délivrant Andromède. Le musée de Lyon possède une copie de ce beau groupe.

GAGNEREAUX (Bénigne), peintre, né À Dijon le 24 septembre 1756; mort a Florence, le 18 août 1795. Elève de Devosge. — On voit de lui au musée du

Vatican une répétition, faite en 1786, de son tableau de l'Entrevue du roi de Suède, Gustave III, avec le pape Pie VI. — Il a peint, en 1787, à la villa Borghèse, à la voûte de la troisième salle en haut, Jupiter et Antiope; au palais Altieri, Psyché et l'Amour f.

BOGUET (Nicolas-Didier), peintre de paysage, né à Chantilly, le 18 férrier 175$ ; mort 4 Rome en 1899, après y avoir passé sa vie. — « Ce célèbre paysagiste français et graveur sur cuivre vit depuis longtemps à Rome8 et y produit des œuvres qui occuperont certainement un des premiers rangs pour les personnes qui aiment les paysages sérieux et nobles. Quant à la composition, il a commencé par se former d'après Poussin, ce que remarque déjà Goethe dans son Winkelmann Quanta

l'exécution des tableaux à l'huile, il se rapproche, pour le ton et le velouté, de la manière de Claude. Ses compositions sont riches, d'un style noble et plein de vérité caractérisée ; elles sont très-harmonieuses, notamment les ciels, et pour sa manière de faire les feuilles, on ne peut rien imaginer de plus parfait.

» Bien que Boguet ne se soit adonné qu'au paysage, il n'en a pas moins produit d'excellents tableaux de batailles. Sur Tordre de Napoléon, il dut immortaliser deux de ses campagnes d'Italie, la bataille de Rivoli et le passage du Pô, près de Plaisance. Ici le genre historique est supérieurement fondu avec le paysage. Il a multiplié plusieurs de ses toiles par la gravure à l'eau-forte-, et s'y est également distingué comme maître. Quelques-uns reprochent à Boguet d'être trop affecté, et d'imiter par trop Gaspard Poussin \ »

1 Jievue universelle des Arts (VI, 83, VII, 266). — Mémoires secrets de Backaumont (XXXII, 16 août 1786).

* Baudot. Eloge hUtoriqv* de B. Gugnereauw. — Vasi, p. 287.

3 II y arriva en 1783, et sauf quelques années de la fin du xvm* siècle, pendant lesquelles il résida è Florence, il passa toute sa vie à Rome.

♦ Traduit de Nagler.

« Un des premiers paysagistes de l'école moderne, c'est Boguet, qui étudia longtemps à Rome, et y rit encore, si je ne me trompe. La beauté de ses paysages consiste dans l'harmonie des ciels et surtout des feuillages, qui surpasse tout ce qu'on peut imaginer dans ce genre1.»

Boguet a fait un paysage pour la galerie de Florence et un autre pour le musée de Naples; il a travaillé pour lord Bristol, évêque anglican; M. Eynard de Genève ; le comte de Bunge à Stockholm; le chevalier Puccini à Pistoie ; le comte Gourief, seigneur russe; la comtesse de Salms, dame allemande ; M. Poublon de Fontanard, belge ; le général Davidof ; lady Bentinck; le prince Kinski; le chevalier Bartholdy, consul de Prusse à Rome; le comte de Schœnborn, seigneur allemand; le prince Marino Torlonia. On voit aussi de ses œuvres au palais Tolomei à Pistoie, et au château de Capodimonte (au roi de Naples *.

BOGUET (Louib), sculpteur. — Louis Boguet, frère du précédent, est mort à Rome et est enterré à Saint-Louis-des-Français *.

MIGHALIiOlf (Claitos), sculpteur, n* a Lyon en 1750; mort i Paris en 1798.

Kiev* de Q. Mono*. — « Son premier ouvrage à Rome fut le mausolée du peintre Drouais, à Sainte-Marie-in-Via-Lata (1789). Ce tombeau fut mis au concours et Michallon remporta le prix ; mais il fallut se mettre à l'œuvre sans aucune rémunération, et Fauteur dut faire à ses frais .l'acquisition du marbre sur lequel il sculpta un bas-relief représentant les figures allégoriques de la peinture, de la sculpture et de l'architecture, dont IHine grave sur une pyramide le nom de l'artiste. A la partie supérieure du tombeau se trouve le médaillon de Drouais. Bans les Annales de Landon (VII, 99), le monument est représenté sans le médaillon, maté ce médaillon est reproduit dans le Patuanias français. Michallon fit aussi le buste de Winkelmann,deJean Goujon, etc. Il existe encore de lui plusieurs statues et bas-reliefs, ainsi que des études qu'il a faites principalement à Home. Il aimait passionnément son art, et dans tout ce qu'il créait, il manifestait une connaissance approfondie des Anciens. Michallon mourut des suites d'une chute qu'il avait faite du haut d'un échafaudage, pendant qu'il travaillait à une église \ »

AUGUSTE, orfèvre. — En 1804, Auguste fit, avec Nitot, joaillier de l'Empereur, la tiare du Pape, en argent et ceinte de trois couronnes

» Fioriîb. ^ -

* Notice manuscrite appartenant à M. Henri Delaborde, conservateur du Cabinet des estampes, qui a bien voulu me communiquer ce curieux document.

* Vasi, p. 330.

* Traduit de Nagler.

ornées de bas-reliefs et de pierreries (émeraudes, rubis, saphirs), la croix du sommet toute en diamants1.

LABOUREUR (François-Maximilien), sculpteur. — Il a sculpté en 1805, pour Saint-Louis-des-Français (première chapelle à gauche), le bas-relief du tombeau du cardinal de Bernis, représentant la Poésie offrant un chant à la Religion (signé et daté) '.

INGRES (Jean-Domotique -Auguste), peintre (voir page 444). — M. Ingres arriva à Rome en 1806, et y resta jusqu'en 1820. Il a peint pour la galerie du palais de Monte-Cavallo, par les ordres de l'Empereur, Romulus vainqueur d'Acron (composition de 6 mètres) ; — à ce môme palais, pour le plafond de la chambre à coucher de l'Empereur, le Songe d'Ossian *. C'est à Rome que M. Ingres a peint Virgile lisant Y Enéide, tableau fait pour la villa du général Miollis, et qui se trouvait en 1 855 chez le peintre et en fort mauvais état (gravé par Pradier) ; — Raphaël et le cardinal Bibiena qui lui offre sa nièce (tableau fait pour la reine Caroline de Naples, et qui a été perdu depuis) ; — une Odalisque dormant, représentée par une femme nue et vue de face, tableau peint pour la reine Caroline et également perdu 4; — les Clefs de Saint-Pierre, pour l'église de la Trinité-du-Mont, à Rome. Ce tableau qui est resté à Rome jusqu'en 1830, fut alors placé au musée du Luxembourg 5. — M. Ingres a peint à Naples, en 1813, le portrait do la princesse Caroline.

Il résida de 1820 à 1824 à Florence, où il fit quelques portraits, entres autres celui du sculpteur Bartolini, et séjourna de nouveau à Rome pendant son directorat de l'Académie, de 1834 à 1841 *.

WICAR, peintre et dessinateur (voir page 456). — Wicar se fixa à Rome

en 1800, et y fut nommé, en 1805, professeur à l'Académie de Saint- Luc. En 1807, le roi Joseph l'ayant choisi pour directeur général de l'Académie des Beaux-Arts de Naples, il se rendit dans cette ville, mais revint bientôt à Rome, où il passa le reste de ses jours. Wicar a fait le portrait du pape Pie VII, gravé par Fabri, par Contardi et par Fontana.

GÉRARD (voir page 162). — Gérard a peint, en 1810, le portrait de Camille-Philippe-Louis, prince Borghèse.

1 Rapport du due de Luynet sur l'orfèvrerie, p. 54 . 1 Renseignement communiqué par M. Ph. de Chennevières.

3 Ce tableau à demi dévoré par les rats a été racheté par l'auteur chez un regrattier. * L'ébauche de ce tableau, de petite dimension, a été transformée vers 1854, par M. Ingres, en une Antiope, en y ajoutant un Satyre et un Amour.

5 Une copie faite par M. Murât a été mise à sa place.

6 Renseignements donnés par M. Ingres. — Voy. Œuvre* d'Ingres* gravées au trait par Réveil d'après le diagrapne, 1 vol. in-4°, 1851, Paris.

BERTHAULT (Louis-Martin), architecte, né à Paris en 1767; mort à Tours, le

16 août 1823. Elève de Percier. — Cet architecte s'est appliqué spécialement à la composition des jardins; il en a dessiné un grand nombre en France, ceux de la Malmaison entre autres, pour Joséphine. Napoléon, après la naissance du roi de Rome, voulut faire bâtir à Rome un palais pour son fils et chargea Berthault de construire ce palais et d'en dessiner les jardins. Les ruines de quelques monuments antiques devaient se trouver renfermées dans le parc. On commençait à les isoler et à abattre les masures qui les entouraient, lorsque les événements de 1814 arrivèrent et interrompirent ces grands travaux. Le pape Pie VII a cependant fait restaurer les monuments romains d'après les plans de Berthault, et exécuter autour d'eux les embellissements que cet artiste avait proposés pour faire cesser la disparate entre les ruines antiques et les constructions modernes dont elles étaient entourées !.

Madame HAUDEBOURT-LESCOT, peintre. — Elle a fait en 1812»

pour Saint-Pierre, un tableau représentant le baise-pied de saint Pierre et, en 1814, une Confirmation administrée par un évèque grec dans la basilique de Sainte-Agnès. « Cette dame, dit Waagen ', nous parait une heureuse imitatrice de Granet dans les clairs-obscurs. »

MAZOIS, architecte. — Louis XVIII a fait restaurer par Mazois l'église de la Trinité-du-Mont, bâtie par Charles VIII ».

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