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VENISE

LEBÉ, graveur de caractères (voir page 462), né à Troyea en 1525, mort à Paria

en 1598. — A l'âge de vingt ans (1545), Lebé grava à Venise plusieurs caractères hébraïques et rabbins pour diverses personnes '.

BRÉBIETTE (Pierrs), graveur, né à Mantes en 1598, mort vers 1658. — Bré-

biette a beaucoup travaillé en Italie, surtout à Venise, d'après Paolo

1 L'abbé Fontenai.

Caliari, Jacopo Palma, et à Rome d'après le Pérugin, Raphaël et Michel-Ange. Il était de retour en France vçrs 1625, ainsi «jiTon le peut juger d'après une pièce intitulée : Allégorie sur le retour de Pierre Brébiette de Rome à Paris, gravée à leau-forte par lui-même, citée et reproduite dans la Gazette des Beaux-Arts du 15 septembre 1859.

LECLERC (Jean), peintre, né à Nancy en 1594, mort dans la même ville en

1(03. — Jean Le Clerc alla très-jeune en Italie à l'école de Carlo Sarracino (Charles Vénitien) ; il résida presque toujours à Venise*où il fut créé chevalier de Saint-Marc. Il y a de lui, au palais ducal, un grand tableau (7 m. sur 4,50) représentant le Doge faisant alliance avec les Croisés. « Ce tableau est fièrement traité dans la manière des peintres vénitiens de la fin du xvi* siècle. La couleur est splendide et digne des œuvres de Véronèse, deTintoret et de Palma qui Sont dans la même salle. Quant au dessin, il soutient, quoique d'un peu loin, la comparaison avec les chefs-d'œuvre au milieu desquels il est placé. En tout cas, le tableau du maître lorrain ne dépare rien, et il est même supérieur à certaines peintures des maîtres vénitiens de second ordre ! ».

BLANCHARD (Jacques), voir page 511. — Blanchard se rendit à Rome pour se perfectionner dans son art. a Au bout d'un an les affaires tournèrent d'une telle sorte à Rome que les François n'y étoient pas en sûreté. Il prit le parti d'aller à Venise... Il fit plusieurs tableaux pour les nobles Vénitiens, où il prit pour sujet divers endroits des Métamorphoses; mais un de ces messieurs l'ayant mal payé de son travail, après l'avoir occupé fort longtemps à peindre son palais à la campagne, l'envie lui prit de revenir en France. Il quitta Venise et passa à Turin où il s'arrêta quelque temps ■ ».

COURTOIS (Jacques), dit le Bourguignon (voir page 476). — « Le Bourguignon a peint à Venise plusieurs grands tableaux chez M. Sagredo, noble Vénitien, qui sont exécutés sur des cuirs dorés, laissant en plusieurs endroits ce fond d'or pour le luisant des cuirasses* ».

Monsu GIRON. — « Giron, paysagiste français, acquit de la réputation à Venise, vers le milieu du xvii0 siècle. Lanzi vante sa fidélité à reproduire la nature, jusque dans la représentation des nuages et de l'air. Giron fut l'ami de Boschini qui en parle avec

1 Mariette, Abecedario ; — Dom Calmet, Bibliothèque Lorraine, p. 286 ; — Robert Dumesnil, V, 80 ; — F. Zanetto, // palazzo ducale di Venezia% Venezia, 1853, in-4°, t. 111. (Renseignements communiqués par M. Mcaume, qui a vu ce tableau en 1862.)

* Perrault. — Félibien.

* Mémoires sur les membres de l'Académie royal* de peinture et sculpture, t. II, p. 407.

beaucoup d'éloges dans son livre intitulé UArU del navigar pilloresco * ». ♦ •

COCHEX (Nobl-R.), peintre de paysage. — a Cocbin, établi à Venise, excelloit à dessiner ot à peindre le paysage. J'ay quelques dessins de paysages de lui que j'estime beaucoup. Il vivoit dans le milieu du xvii0 siècle ■ ». Nagler dit qu'il était graveur.

SOBLEAU ou SOBLEO (Michel), peintre français, vivait en 1640. — « So-

bleau fut un des meilleurs élèves de Guido Reni et eut une grande réputation en Italie. Dans les églises de Venise,, on trouve beaucoup de tableaux de lui, qui, selon Fiorillo (II, 579) sont tout-à-fait dans le style de son maître. Lanzi, au contraire, qui le dit Flamand et l'appelle Desubleo, trouve dans ses toiles un mélange du Guide et du Guerchin, au moins dans les tableaux que Ton voit dans les églises de Bologne. Le portrait de la Madone avec différents saints de Tordre des Carmélites, au couvent des Carmélites à Venise *, est regardé comme un des meilleurs ouvrages de notre maître. On ne saurait le confondre avec Guido Reni, attendu que l'influence du Guercbin se fait sentir chez lui, et que d'autre part on est choqué par une certaine dureté et un coloris désagréable, comme l'assure Bassaglia. Sobleau florissait vers 1640*. »

PERREAU ou PERRAULT (Claude), sculpteur, vivait vers 1656. — On voit de cet artiste, dans l'église de Saint- Job, le beau mausolée de René de Voyer de Paulmy, comte d'Argenson, ambassadeur de France à Venise, mort à Venise en 1651. Perrault sculpta ce mausolée d'après des dessins qui lui furent envoyés de Rome5 ».

DORIGNY (Louis), peintre d'histoire et graveur, né à Paris en 1654, mort à Vérone en 1742 6. Élève de Le Brun (voir page 148). — Dorigny arriva en Italie à dix-sept ans, c'est-à-dire en 1673, et y demeura toute sa vie, sauf Tannée 1 704 qu'il passa à Paris, et Tannée 1 71 1 , pendant laquelle il résida à Vienne.

Après avoir travaillé quatre années à Rome, il fît un tableau représentant saint Bernard aux pieds de la Vierge, pour le maitre-autel de

1 Traduit de Nagler. — Voir aussi Mariette.

* Mariette, t. I, p. 382.

3 « Dans le chœur des Carmes déchaussés on voit un tableau au haut duquel est la Vierge et en bas plusieurs saints religieu*, saint François d Assise et une femme avec un enfant. Il est de Michel Sobleau ; assez juste de formes, de manière assez grande et d'assez bon ton. Il y a des grâces dans quelques têtes. » (Cochin, t. III, 118.)

* Taduit de fîagler.

5 Giannautonio Moschini, Nuova guida per Venczia; Venise, 1828, in-12, p. 136. — Nagler. — L'abbé Richard, t. II, p. 357.

6 « Mori negli ultimi dell' anno 1742, overo nei primi mesi del 1743. » — Mariette, Abeeedario, t. II, p. 115, publié par MM. Ph. de Chennevières et A. de Montaiglon.

l'église des Feuillants de Foligno. Il peignit ensuite la vie de saint Augustin en vingt-quatre tableaux, au 'cloître des Augustins. Dorigny alla de Foligno à Venise où il passa dix ans, puis il quitta Venise pour Vérone, parce que la hauteur des nobles vénitiens le fatiguait.

C'est surtout à Venise et à Vérone que Dorigny a composé la plus grande partie de ses œuvres.

« Les ouvrages de Louis Dorigny à Vérone sont : quatre tableaux à l'huile, dans l'église du collège del sig. Hottai ; les deux premiers représentent deux miracles de saint Zenon, évèque et protecteur de la ville ; on voit, dans le troisième, Daniel qui justifie Suzanne, et une Annonciation fait le sujet du quatrième.

» Dans l'église de Saintr-Sébastien est le songe de Machabée^ qui croit voir l'épée d'or du prophète Zacharie ; plusieurs clairs-obscurs représentent la vie de saint Louis de Gonzague et de saint Stanislas de Kotska.

» La Manne est peinte au maitre-autel de l'église de Saint- Luc; et dans celle de Sainte-Euphémie, un saint Christophe qui porte Jésus-Christ sur ses épaules, avec une gloire d'anges audessus.

» A Saint-Marc, la Conception de la Vierge, et au bas de ce tableau d'autel sont placés saint Grégoire et saint François de Paule.

» On voit, dans le palais Giusti, un grand tableau de l'enlèvement des Sabines, et le combat des Horaces et des Curiaces.

» Dans le palais Peligrini au plafond de l'escalier, ce sont les Vertus théologales et cardinales, assises sur des nuages.

» Dans la maison Lombardi, plusieurs tableaux à l'huile sont placés dans une salle, savoir : le repas de Gléopâtre ; Énée abordant sur les côtes d'Italie ; Orphée aux portes des enfers, pour ramener Eurydice; Herminie sur les bords du Jourdain avec un vieux berger et trois enfants qui chantent.

» La maison des Piccoli possède de grands tableaux à l'huile, représentant le Déluge, le sacrifice de Noé, la construction de la tour de Babel.

» Dans la vigne du comte Allegri, à Cuzzano, au plafond de la salle, parait le Conseil des dieux ; dans une embrasure, Persée tient la tète de Méduse qui change en pierres plusieurs soldats; et vis-àvis, le combat des Centaures et des Lapithes: au-dessous de ces tableaux il a peint, à fresque, deux luttes d'hommes en clair-obscur, et tout autour de la salle, les douze signes du Zodiaque personnifiés.

» Dans le palais du même seigneur, à Vérone, la salle et plusieurs chambres sont ornées de plafonds où sont représentés Borée qui en-

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lève Orithye ; dans une autre c'est une fête de Bacchus ; on voit dans le môme palais, les quatre parties du Monde, la Renommée et les Vertus cardinales, Vénus suivie des Grâces, Junon dans son char tiré par des paons, la déesse Flore, et la Nuit environnée des songes personnifiés.

» Dans le palais du marquis Spolvarini, Dorigny a peint à fresque le plafond d'une salle, partagé en trois compartiments ; on voit dans le milieu un chœur de bergers, à un des bouts une Bacchanale, et dans l'autre une chasse de Diane ; dans une autre chambre, le plafond représente la chute de Phaéton, que Jupiter précipite.

» Le palais Murelli a de lui trois plafonds à fresque ; on voit dans celui de la salle, le char du Soleil avec les signes du Zodiaque; le triomphe d'Hercule, avec les Arts libéraux et autres sujets, ornent les deux autres chambres.

» Dans la maison Nuvoloni, il y a une grande pièce toute remplie de morceaux à r huile, dont les principaux sont : Salomon visité par la reine de Saba, sa piété envers Dieu, ensuite son idolâtrie.

» La ville de Venise expose, dans l'église de Saint-Sylvestre, au milieu du plafond, un Ciel ouvert, où l'on voit la Trinité avec la Vierge, et plusieurs anges en adoration; vers la porte, il a peint d'autres anges qui portent la croix ; et du côté du maitre-autel, c'est l'Apothéose de saint Sylvestre, le tout peint à fresque : on voit autour du plafond, les Saints de l'Ancien et du Nouveau-Testament, sur des nuages *.

» L'église des Jésuites représente deux plafonds à fresque. Celui du maitre-autel est composé d'un concert d'anges1; l'autre, qui est au milieu de la croisée, fait voir le Ciel, la Terre et l'Enfer qui adorent le nom de Jésus : le plafond d'une chapelle latérale, dans l'église des Carmes déchaussés, expose un groupe d'anges peint à fresque.

» Dans le palais del sig. Tron, il a exécuté de même, dans une salle, le triomphe d'Hercule, où sont rassemblés tous les dieux ; et les signes du Zodiaque personnifiés se voient dans les ornements du pourtour.

» Au palais Zenobio, il a peint deux salles et une chambre; dans la première, est l'Aurore qui devance le char du Soleil, accompagnée des Vents qui écartent les fantômes de la nuit; on voit dans l'autre

1 • Tout le plafond de l'église «îst peint par Lndovico Vorigni, C'est une grande machine, d'une composition pleine de feu et de génie. 11 y a beaucoup de grâces dans les tournures des figures, et dans le dessin qui est spirituel, juste et fin. La couleur en est monotone, et il semble que ce ne soit qu'un camayeux roux >. (Cochin, t. III, p. 66.) — Voir aussi Lanzi.

* Cochin, t. III, p. 106, et Moschini, p. 126.

salle, trois niches ; le Mérite accompagné de la Vertu et de la Renommée, groupées de petits enfants, est dans la première ; la seconde est la Vertu récompensée par la Justice, et la troisième est remplie de plusieurs Vices personnifiés, vaincus et foudroyés; il y a une chambre à deux plafonds : l'un est un Mercure avec plusieurs symboles de la Vertu; dans l'autre, ce sont les trois déesses qui se disputent la pomme d'or.

» A Mantoue, il a peint à fresque la chute de Phaéton, au plafond de la salle du palais du comte Beltrame.

» A Trévise, on voit dans l'église des religieuses de Saint-Paul une gloire d'anges au plafond ; et sur les murs de côté, les actions les plus intéressantes de saint Paul sont peintes en clair obscur doré sur un fond blanc.

» Dans la grande église d'Udine, on voit au plafond du maître-autel, une gloire d'anges à fresque, et sur les murs est peinte d'un côté la Résurrection du Sauveur qui triomphe de la mort, de l'enfer, du péché et de l'hérésie; de l'autre est son Ascension, et la Gloire humaine, accompagnée des honneurs et des richesses de ce monde, y parait prosternée. On voit dans les plafonds de la croisée de l'église les Pères de l'Ancien et du Nouveau-Testament peints à fresque sur des nuages.

» A Trente, il a peint à fresque la coupole de la cathédrale, où il a représenté les Saints protecteurs de cette ville, et dans les lunettes qui régnent autour de la croisée de l'église, les martyres de ces saints l. » C'est le plus fameux morceau de Dorigny*.

A Vicence , on voit à l'oratoire des Pères Servies, un Christ peint par Dorigny*.

Après avoir terminé sa biographie, d'Argenville ajoute : « il auroit été trop long de décrire tous les ouvrages que Dorigny a faits dans les autres villes d'Italie ; on s'est attaché aux principaux. »

« Dorigny, dit Nagler, possédait une grande habileté pour peindre à la fresque, genre dans lequel il marcha sur les traces de Solimena. Il avait de la facilité dans l'invention, seulement ses figures pourraient avoir plus de grâce et de grandeur.

» Dorigny a aussi gravé sur cuivre et avec une grande distinction ; on cite les planches suivantes :

» Trente-deux petits sujets pour les Pensées chrétiennes du Père Bouhours, 1684, Venise.

» Cinq emblèmes tirés d'Horace, 5 feuilles in-folio.

1 D'Argenville.

» Fiorillo, t. III, p. 274.

J II forettiere instrutto nulle cosc più rare di architettura e di aicune pittart délia citta di Vicenza; Vicence, 1804, in-8°, p. 82. — Voir aussi Pozzo, Vite de' pittori Veronesi, p. 176.

* Six planches des Métamorphoses d'Ovide.

*> La vue de l'amphithéâtre de Vérone, grande planche en largeur. » Le débarquement des Sarrasins à Ostie, d'après Raphaël, grand •in-folio carré. »

DESBOIS ou DUBOIS (Martial), graveur, né à Paris en 1630, y mourut on

1700. — Desbois, graveur au burin, à la pointe et à la manière noire, séjourna à Venise et à Padoue, où il fit de nombreuses estampes, et revint à Paris en 1696. On a de lui : le corps mort du Sauveur, fait à Venise ; — cinq gravures pour le livre de mademoiselle G.-C. Patin, intitulé: Tabellm selectœ ac explicatœ, etc., Padoue, in- fol. 1691; — une Vierge, d'après le Guide ; — le Jugement de Salomon, d'après Poussin; — les Noces de Gana, d'après le Padouan; — la femme adultère, d'après le Véronèse; — saint Guillaume, duc d'Aquitaine, recevant l'habit de moine des mains de Saint-Bernard, d'après le Guerchin. — Les autres pièces ont été exécutées par N.-R. Gochin, H. Vincent, J. Juster, H. Thourneyser le fils.

Desbois a gravé les portraits du doge Louis Contareni ; — d'Edouard Farnèse, duc de Parme; — du doge Marc-Antoine Justiniani; — du Patriarche de Venise, Louis Sagredo. Il a fait aussi les trente vignettes et portraits du livre intitulé : Lyceum Patavinum, de Gh. Patin, Padoue, 1682, in-4° f.

PESNE (Antoine) (voir page 200). — Antoine Pesne fit à Venise, où il était allé étudier les coloristes, un grand nombre de beaux portraits des premiers personnages de cette république. 11 passa de Venise à Rome, et de là à Berlin.

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