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CHAPITRE XV

SUittl

INFLUENCE DU LA FILAUCB A MffiTfr.

Le calvinisme détruisit â Génère l'étude et le goût des beatlx-ârte, qui disparurent promptement devant des lois somptuaires très-rigoureuses-, destinées à maintenir la simplicité des mœurs républicaines, et devant un culte austère qui avait rompu avec toutes les traditions du catholicisme, si favorable ati* arts tltt titefesin.

Cependant on trouve à Genève, pendant cette période Aê pitoscrip» lion des beaux-arts^ deux artistes français qui y Sdkt ètattliê î au xvi° siècle , un architecte, Patac (Jean), originaire de Montélimar, qui fut admis à la bourgeoisie, en récompense de ses travaux ; au xviie siècle, c'est un peintre, Frémier, que le conseil chasse de Genève, le 2 mai 1625. Plusieurs expulsions de ce genre eurent lieu au xviie siècle.

Jusqu'au xvine siècle, les mœurs et la législation de la République contrarièrent également le développement des beauxarts.

« Dès le commencement du xvni0 siècle, quelques Genevois comprirent que l'étude du dessin, dans une ville industrieuse comme Genève, était indispensable pour le développement et la prospérité de ses diverses fabriques. » De 1704, année pendant laquelle on proposa l'établissement d'une école de dessin linéaire, jusqu'en 1750 que cette école fut établie, les Conseils et le parti dévot s'opposèrent à toute création de ce genre.

Le premier maître d'école publique de dessin, chargé d'apprendre aux élèves à manier la règle et le compas, fut Soubey&an (Pierre).

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Vers 1772, sous l'inspiratiori de De SausiUfrë} une sociélépotirl'atâttcement des arts se fondait à Genève, et quelques artistes apparaissent. Ils destendaient en partie des protestants français établis à Genève pour fuir les dragonnades, et ptesque lotis vinrent étudier ëri France. A Genève plus Qu'ailleurs, là France ddûrta l'impulsioii aux arts à partir du milieu du xvm0 Siècle.

Parmi les artistes éminents Que Genève â prbdUiti, JeëU-fetiehrié Liotard est un des plus illustres; né à Genève éh 1764; Liotard descendait d'une famille de Montêlimat) qui était émigré apfés la révocation de l'édit de Nantes; il était venu se perfectionner à Paris et avait travaillé de 1735 à 1728 dans l'atéliër de Maftftë, habile . peintre en miniature. Pendant fcott Séjdttt à PatlSj Liotafià reçut les conseils de Lemoine avec lequel il l'était lié* Son frite jumeau, Jean-Michel Liotard, graveur distingué) Viiit adftôi ië îbttnefr à Paris* souà la direction de Benoît Attdrah.

Pierte SoûbAtran, graveur, ne ett 1700* était fils d'tih Sérruïief dé Sauve en Ldnguedocj qui §'ehfuit Ô Gehète pdur étitei4 leé persécutions; Piei+e Sotibeyran vint étudier à Paris là gravure; y fcéjedriiâ de 1730 à 1750, et revint cette année prendra la ditectidtt dé l'ëcblë dé deâsitt que l^n veiiait d'établir à Geiiêvei II y liiéttftit eh 1 TWj avec lit réputation d'un très-habile graveur;

Barthélémy Du Pan, né à Genève en 1712, peintre de perlfraitfc*, viht aussi étudier à Paris;

Jean Dassibr, célèbre gtuveur de monnaies, descendait d'ùhé ftr-i mille lyonnaise établie à Genève au XV!0 siècle-. tlriÔttUit éii 1b7tl; fcbh père» Domaine DafcSiér, était graveur de là ttiôiinaie de Généré *, il l'envoya en 1694 se perfectionner À Petts* chfefc Roéttierft Abpréë duquel il passa deux aiiS. Jean Dassiar fcitceéd* à «eh flèfli et ihotihlt en 1763.

Jacob-Antoiiie Dassibr, fils du précédent-, hé à Géttéve ten 1716-, Mt envoyé par son père à Paris, en 173*, auprès dii célèbre MtëvtHé ïhô-i mas Geftnaiii ; il suivit aussi è Parts les leÇtittS de l'Àcatiértiie et fc'y distingua. J.-A. Dassiér devint uh graveur de Médaillés fet de riton*naies d'è grand mérite ; il travailla beaucoup étk Italie*, à Rotae et à Turin, à Londres et en Russie. Il mourut en 1759.

Pendaht la première moitié dd kvili0 MMèUr, ¥é goût dé architecture be développa également à Genève; les eônstftlctittfts prl* rent un caractère plus monumental. C'est encore la France qiie l'on prit pour ihodèle, et c'est à la Fràhee ÇUe Vm demanda des plans.

Veines, architecte français, construisit, de 1707 à 1712, l'hôpital général ; l'ensemble de ce monument présente assez de noblesse, et la façade principale èsl dans le style de kansart. Antérieurement* il avait élevé l'hôtel de ville et fait les plans du temple de la Fusteriteou betn-

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pie neuf qui fut inaugurée 1715. Ce bâtiment n'a rien de monumental.

A cette époque on commença aussi ât construire quelques beaux hôtels à Genève. La maison Buisson ' fut bâtie sur des plans envoyés de Paris; l'architecture en est de bon goût et fort supérieure à ce qui avait été fait jusqu'alors; « aussi beaucoup d'anciens Genevois répétaient-ils que le luxe était entré à Genève par la porte cochère de la maison Buisson. »

Abeille, architecte français, donna les plans de la belle maison LuUin «:

C'est encore de Paris que l'on apporta les plans de la maison de campagne de Malagny pour un M. Marcet.

En 1786, la Société des arts prit une assez grande importance, et le gouvernement lui donna son approbation ; elle parvint à développer l'enseignement de l'école de dessin, à former une collection de moulages sjir l'antique ; enfin elle résolut, en 1788, d'introduire à Genève la gravure en taille-douce, et envoya à Paris un jeune homme pour apprendre cet art La Société fit une première exposition de peinture et <}e sculpture en 1789. Plusieurs amateurs réunirent d'importantes collections et augmentèrent par leurs dons celles de la Société. Enfin, la réunion de Genève à la France, en 1798, valut à cette ville la création de son musée.

Les arts étaient devenus libres ; aussi, dès la fin du xvm' siècle Genève eut une école de peinture considérable par le nombre et le mérite des artistes. Les principaux sont :

Saint-Ours (Jean-Pierre), né à Genève le 4avril1752,qui est le premier peintre d'histoire qu'ait produit Genève ; il vint à Paris en 1 768 étudier dans l'atelier de Yien, puis à l'Académie ; en 1 780, il obtint le grand prix pour son tableau de l'enlèvement des Sabines *, et sa qualité de protestant et d'étranger le privant d'obtenir la pension, il alla à Rome à ses frais et fut admis à jouir, à l'Académie de France, de tous les privilèges accordés aux lauréats. Saint-Ours a peint le portrait et l'histoire avec talent ; il est mort à Genève le 6 avril 1809.

Auriol (Charles-Joseph), (1779-1834), paysagiste, qui fut élève de David.

Topfer (Wolfgang-Adam), (1766-1847), graveur, peintre de genre et dessinateur, qui apprit le dessin et la gravure à l'Académie de Paris.

Agasse (Jacques-Laurent), né en 1767, peintre d'animaux, qui a travaillé en Angleterre ; il était élève de David.

1 Actuellement (1855) maison N avilie Rigaud, rue des Chanoines, n°121 . * Actuellement (1855) maison De Saussure, rue de la Cité. 5 Ce tableau est aujourd'hui au musée du Louvre.

Arlaud-Jurine (Louis- AwTi), (1751-1829), peintre de portraits, tut d'abord élève de Liotard, puis vint à^Paris oîmI travailla six ans sous la direction de Vien *, peintre d'histoire.

Bouvier (Pierre-Louis), (1766-1836), peintre ten miniature, étudia à Paris, sous la direction de Vestier.

Va^jère (Georges), (1740-1835), directeur de l'école de dessin de figure après Soubeyran (de 1772 à 1815), fut envoyé à Paris, où il fut admis à l'Académie et y travailla sept aimées, sous Ja direction de Vien ■ qui était à la tête de cet établissement. Vanière fut un excellent professeur, plein de talent et de dévouement; il établit complètement nos méthodes et nos principes à l'école de Genève.

Jaquet (Jean\ né en 1765, directeur de l'école de dessin d'ornement, de 1799 à 1828, fut élève de Pajou, à Paris.

Chaponnier (Alexandre), né en 1753, Schenker (Nicolas), (1760- 1848), étudièrent la gravure à Paris. Schenker, élève de Macret, à Paris, devint en 181 7 directeur d'une école de gravure en taille-douce, dans laquelle ont été formés plusieurs artistes distingués.

M11* Rath (Henriette), née en 1773, peintre de portraits en émail et en miniature, a été élève d'Isabey ; elle vint à Paris en 1793 pour étudier sous ce maitre célèbre.

Gollart (Joseph), né à Paris en 1754, mort à Genève en 1830, vint se fixer à Genève en 1772,pour y exercer l'état de graveur. Il fut longtemps, par son esprit inventif, l'âme d'une des premières fabriques de bijoux de Genève.

Ghaix (Georges), né en 1784, à Madrid, de parents français, originaires de Crest, fut élève de David et se fixa à Genève en 1816; il mourut à Mornex en 1834. Il a peint l'histoire et le genre. Son principal tableau est la délivrance de Bonivard.

Reverdin (François-Gédéon), (1773-1828), directeur de l'école de la figure de 1816 à 1828, en remplacement de Vanière, fut élève de David. Ainsi, depuis Soubeyran, tous les professeurs de l'école de dessin de Genève ont été élèves de l'école de Paris *.

1 M. Rigaud se trompe en disant Vivien.

* Même observation.

* Tout ce qui précède est extrait, quelquefois mot pour mot, de l'ouvrage suivant : Des beaum-arU à Genève, par J.-J. Rigaud. Genève, 1849, 1 vol. in-8°, en quatre parties.

Nous pouvons ajouter, d'après les' registres d'admission des élèves de l'ancienne Académie de Paris (conservés à l'Ecole des beaux-arts), les noms de quelques Genevois qui vinrent étudier à Paris.

1764. François Ferrière, peintre, protégé par Vien.

1765. Louis Séné, peintre, protégé par Vien. Georges Vanière , peintre, protégé par Vien.

1766. Emmanuel </« Viltard, protégé par Vien. 1768. Louis ulrtoiuf «peintre, protégé par Vien.

Jean-Conrad W oJfr protégé par Brenet.

1772. Louis-Joseph Rayer, protégé par Jollain.

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