‹ Les artistes français à l'étrangerChapitre 77 sur 202 · BRÉSIL · texte numérisé non relu

BRÉSIL

▲CADiun DBS BBAUX-AR18 I» RIO DB JAXBXBO.

La cour de Portugal autant réfugiée au Brésil, eu \W1t après Fooeupation de Lisbonne par Tannée française, le gouvernement portugais, quelques années après, résolut d'établir dans le nouvel empirç, les arts, les sciences et l'industrie de l'Europe. Ce Ait à la Franco que le Brésil demanda des artistes.

En 1815, sur l'invitation de M. le marquis de Marlalva, ambassadeur À Paris de Jean VI, roi de Portugal, siégeant alors & Rio de Janeiro, M. Le Breton, secrétaire perpétuel de la classe des Beaux** Arts de l'Institut de France, s'entendit avec plusieurs artistes distin» gués pour la fondation d'une académie chargée de renseignement des beaux-arts dans la xapitale du Brésil. Cette espèce de colonie artistique, qui comptait pour doyen et principal instigateur, Nipolasi- Antoine Taunay, peintre de batailles et de genre, et membre de l'Info titut, partit en effet pour Rio de Janeiro où elle arriva le 11 mars 4816. Bile se. composait de : Li Brbton, qui fût directeur de l'Académie et mourut au Brésil en 1819; de Nicolas-Antoine Txunat, peintre; de Dbbrbt, peintre d'histoire; d'Auguste Taumat, sculpteur, frère de Nicolas-Antoine * ; de Gianiuxan db Montignt, ar~ chitecte; de Charles-Simon Pradibr, graveur genevois, élève de Desnoyers et frère du sculpteur; de Nbugom, musicien.

Les artistes français furent accueillis avec beaucoup de bienveil-

1 Mort au Brésil en 1824.

2ii LES ARTISTES FRANÇAIS A L'ÉTRANGER

lance par le roi Jean et par son ministre influent, le comte de Barca. On s'occupa assez promptement d'organiser les statuts de l'Académie et d'en nommer Le Breton pour directeur, et pour professeurs les artistes qui l'avaient accompagné. Mais les délais de la construction du palais de l'Académie, confiée à Grandjean de Montigny, qui en fit à la vérité un petit chef-d'œuvre, et les lenteurs d'une administration devenue moins bienveillante, firent que l'Académie ne commença à fonctionner qu'en 1822, quand déjà Le Breton était mort, et que Nicolas-Antoine Taunay, Simon Pradier et Neucom étaient revenus en Europe.

A l'époque de l'ouverture de l'Académie, M. le comte de Barca n'existait plus, et l'esprit d'opposition aux Français ayant pris le dessus dans le gouvernement, on nomma pour directeur à la place de Le Breton, un peintre obscur et sans talent ', envoyé tout exprès de Lisbonne; l'Académie devint un foyer d'intrigues peu favorables à l'enseignement. Bn 1824, Auguste Taunay, le sculpteur, mourus en 1831, Debret revint en France. José da Silva, directeur de l'Académie, étant mort sur ces entrefaites, M. Félix Taunay, fils et élève de Nicolas-Antoine, dont il avait eu la chaire de. peinture de paysage à l'Académie, fut nommé directeur. Il ne restait plus alors de professeurs français à l'Académie de Rio de Janeiro, que MM. Félix Taunay \ Grandjean de Montigny et les deux frères Féret venus postérieurement de France; Fun était professeur de sculpture, et l'autre de gravure en médailles. Quelques élèves formés à l'Académie remplissaient les autres chaires et les places de suppléants.

M. Félix Taunay, qui jouissait d'une certaine faveur à la cour, pour avoir été le maître à dessiner du jeune empereur et de ses sœurs, fit de grands efforts pour donner de l'impulsion à une institution qui languissait faute d'encouragements. Il obtint du gouvernement la distribution de prix annuels, l'exposition des. œuvres des artistes et des élèves, enfin l'envoi à Rome de quelques lauréats, et de plus des travaux et des décorations pour les artistes exposants qui se distingueraient. La direction de M. Félix Taunay dura jusqu'en 4853; il fut alors remplacé par M. Araûjo Portalègre, peintre brésilien, élève de Gros. A cette époque, Grandjean de Montigny et les deux frères Féret étant décédés, tout le personnel français se trouvait avoir disparu de l'Académie ».

Plusieurs artistes français, dont nous parlerons plus loin, ont été s'établir depuis lors à Rio de Janeiro.

TAUNAY (Nicolas- Antoine), peintre de batailles et de genre, né à Paris le

1 Henri José da Silva.

1 Fils de Nicolas-Antoine Taunay ; né à Paris en 1803 ; mort au Brésil.

3 Renseignements particuliers.

AMÉRIQUE 2i5

11 février 1755, mort à Parie le 20 mare 1890. Élève de Brenet et de Casanova.

— Il est resté de lui à Rio de Janeiro, comme œuvres principales, dans la salle du trône du palais de ville : les oies du père Philippe, tableau de genre de grande dimension; — Bergers d'Arcadie se disputant le prix de la flûte de Pan (grande dimension ; beaucoup de figures) ; — au palais de Saintr-Christophe : Don Henri proclamé roi de Portugal après la bataille d'Ourique ; — le lion d'Androclès ; Herminie chez les bergers; la fiancée de village ; mais nous ne savons où sont placés ces trois derniers ouvrages. Taunay fit aussi plusieurs tableaux qu'il envoya en France et qui lui valurent la croix d'honneur.

DEBRET (Jean-Baptiste), peintre d'histoire, né à Paria le 18 avril 1768, mort à Paria vers 184S. Élève de David. — Pendant son séjour au Brésil, Debret exécuta plusieurs tableaux pour la cour, entre autres : la Revue militaire passée en présence de la cour à Bahia-Grande. — L'embarquement des troupes pour Monte-Video. — Le portrait en pied de don Pedro. — L'acclamation de don Jean VI. — Le portrait en pied de don Jean VI. — Le débarquement de l'archiduchesse Léopoldine, à Rio de Janiero *. — La cérémonie de l'acclamation de Don Pedro, premier empereur du Brésil. — Le couronnement de Don Pedro *. — Le mariage du roi avec la princesse de Leuchtenberg *. Debret a fait les plafonds et une partie des frises d'une galerie des bâtiments du trésor de la Couronne à Rio de Janeiro, ouvrage interrompu par le départ de Jean VI. Il fut aussi employé aux décorations pour les fêtes publiques. Debret eut le titre de premier peintre de la famille impériale, et revint à Paris en 1831 ; il y publia en trois volumes (1831-37), le Voyage pittoresque et historique au Brésil.

TAUNAY (Auguste -Marie), scalp leur, né en 1768, mort en 1824, au Brésil.

Élèv* de Moitte, grand prix de 1792. — Auguste Taunay, habile sculpteur, n'a laissé à Rio de Janiero qu'un beau buste de Gamoens.

GRANDJEAN DE MONTIGNY, architecte (voir page 177). — Grandjean de Montigny a construit le charmant palais de l'Académie des beaux-arts, à Rio de Janeiro (achevé en 1826); la Bourse, devenue aujourd'hui le bâtiment de la douane, et un grand nombre de villas.

TAUNAY (Félix-Emile), peintre de paysage et de genre, né le 1er mars 1795.

—Félix Taunay a été professeur de paysage, puis directeur de l'Académie. Ses principaux ouvrages sont : des vues panoramiques de Rio de Janeiro (à l'aquarelle), ayant servi pour le panorama de cette ville, que Ton admirait à Paris, en 1822; — la mort de Turenne (à

1 Gravé par Pradier.

1 Inachevé.

3 Nouvelle Biographie générale, publiée par MM. Firmin Didot ; t. XIV, p. 292.

l'huile); -*» un combat entre un Brésilien et un tigre (à l'huile) ; — la découverte des sources thermales dites les Baux-Saintes, à Qoyaz (à l'huile); — un grand nombre de vues et de monuments de Rio de Janeiro (à l'huile et à l'aquarelle).

CAROlt, modeleur et ciseleur. — Don Pedro, empereur du Brésil, avait un atelier particulier d'orfèvrerie, où se trouvait Caron, artiste de grand talent, qui depuis revint à Paris et fut le principal modeleur et ciseleur des frères Marel \

PRADH2H. (JâicM ou plutôt Jéàn-Jaco^es), fcmlptéur, né à Genev» lé 21 mai 1790, naturalisé Français, mort le 4 juin 1852. Élève de Lemot. — Pradier a

sculpté, en 1850, le buste en marbre dé l'empereur don Pedro II; — pour le tombeau d'un enfant, à Rio de Janeiro, un bas-relief en marbre représentant un ange emportant un enfant; — le buste en marbre de madame "*, de Rio dé Janeiro *.

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