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ANCIENS PAYS-BAS ESPAGNOLS ET AUTRICHIENS

ARCHITECTURE GOTHIQUE

Les traces les plus évidentes de l'influence de nos architectes au moyen âge se retrouvent en Belgique. Il est prouvé que la fameuse façade de la cathédrale d'Anvers a été construite par Amelius, de Boulogne, que l'empereur Charles IV emmena de France *.

CALLOT (Jacques), dessinateur et graveur, né à Nancy en 1592, mort à Nancy

le 24 mars 1635. — En octobre 1625, Gallot fut appelé à Bruxelles parTinfante Glaire-Eugénie pour graver la prise de Bréda par Spinola. L'infante voulait que Gallot immortalisât par ses gravures le souvenir de ce grand événement. Après avoir examiné les lieux et s'être fait rendre compte des positions occupées par les différentes batteries, Gallot exécuta en six planches un ouvrage immense, où il déploya dans mille scènes diverses toutes les ressources de sa féconde imagination. Notre grand graveur fit à Bruxelles l'esquisse de ses planches et les grava à son retour à Nancy *.

BOFFRAND (voir page 168).

PEURACHE (Michel), sculpteur et architecte, né à Lyon le 12 juillet 1685, mort

en 1750. — Il quitta Lyon dès l'âge de seize ans pour aller se perfectionner dans les Académies d'Italie, d'Anvers et de divers autres pays.

1 Bulletin archéologique du comité du arts et monument*, t. II, p. 578. 1 Meaume, Recherche* sur la vie et lis ouvrages de Calloty Paris, 1860, 2 vol. in-8° (t. I, p. 42).

BKL0IQU* aai

Ses premiers succès éclatèrent dans la ville de Mallnes par la décoration d'une église qui lui valut le droit de bourgeoisie. Cette distinction flatteuse n'étouffa pas che* lui l'amour de la patrie, il revint à Lyon en 1717... Il y a beaucoup travaillé '.

MEUSNIEli (Philippe) (voir page im). — Meusnier fit vers 1W les décorations du théâtre de Bruxelles.

DE WAILLY (voir pagt 177). — De Wailly a construit la salle de spectacle de Bruxelles.

vernet (Jomph) (voir page 152). —11 a peint un tableau pour M. François Premmer Lammens, à Gand.

BÉLANGER (FRurçois-JosKra), architecte, né à Paris es 1744, mort à Paria

le i" mai 1818. — Bélanger était un architecte de talent, habile décorateur et dessinateur de jardins. Il a construit pendant le règne de Louis XVI, pour le prince de Ligne, un château et un jardinpaysage1.

AUTIMIER (Louis-Màrii), peintre de portraits en miniature, né à Vannes en 1772, mort à Paria en 1823. Elève de Vautrin. — Dès l'Age de dix-aept ' ans, il

était professeur de dessin à liorlaix, et en 4 81 S, il alla s'établir à Bruxelles ; pendant de longues années il y a joui de la réputation d'un artiste de premier ordre. Il a fait, entre autres portraits, celui du Toi Louis de Hollande et plusieurs portraits du roi des Pays-Bas. Autissier fut nommé membre de la Société royale des beaux-arts de Gand, et lui offrit, à cette occasion, une miniature représentant en demi-figures l'Union et l'Amitié. De retour à Paris, il fut surchargé de commandes *.

PAMES9IE (Louia-EmcufusirATicft), architecte, né à Magny en 1757, mert a, Paris en 1822. — Damesme travailla sous les ordres de Ledoux aux barrières de Paris. Les édifices élevés à Paris par lui sont nombreux ; on cite principalement le théâtre de la Société olympique de Paris (rue Ghantereine), que Ton regarde comme un chef-d'œuvre du genre. Après l'avoir vu, l'empereur de Russie, Alexandre Ier, en demanda les plana à Fauteur pour faire construire à Saint-Pétersbourg une salle pareille» et à cette occasion, il lui adressa une lettre autographe et une bague en diamants. Damesme a élevé à Bruxelles la prison municipale et le théâtre royal4. Ce théâtre, construit de 1817 à 1819, est d'un bel effet

1 Abbé Fontenai, Dictionnairt dé» «rtiste*.

* Notice par M11* Lotseau, (1818), réimprimée dans la Bmu$ **it*mlU dêê B*nm- Artt. t. XXII, p. 94.

3 Nagler.

* GaJbet et Nagler, d'après le Journal ie Parié, «22.

à l'extérieur ; la salle est très-riche, mais d'assez mauvais goût, dit-on ; à chacun des quatre étages de loges» il y a un rang de colonnes hautes et minces ; aussi Talma disait-il que cette salle lui faisait l'effet d'une botte d'asperges déliée dans le fond d'un puits.

BOTVNEYIE (Eloi- Joseph), architecte, né à Monderais près Paris, en 1783. Elève de Delespine. — Il a construit sous l'Empire, à Bruxelles, le grand manège de cette ville, et avec Damesme, les prisons et le théâtre royal. En 1822, il éleva, à Bruxelles, l'arc de triomphe consacré à la paix, générale*.

8UY8, architecte, né en 1782, mort an château de Munken-lez-Bruges, en 1861 ; Elève dePercier et Fontaine, grand prix de Rome. — Suys, après 1815, fut l'architecte du roi des Pays-Bas, Guillaume, et après 1830, de Léopold,roi des Belges; il a été aussi directeur de la classe des Beaux-Arts à l'Académie de Bruxelles; il a construit plusieurs édifices importants dans cette ville*.

DAVID, peintre (voir page 170). — Pendant son exil à Bruxelles, de 1 81 6 à 1 825, David fit les ouvrages suivants : l'Amour quittant Psyché; — Télémaque et Eucharis ; — une répétition du couronnement de l'Empereur; — la colère d'Achille; — une bohémienne disant la bonne aventure; —Mars désarmé par Vénus et les Grâces; — Alexandre, Apelles et Gampaspe, non terminé. Quant aux portraits, il a fait ceux du baron Alquier; de la comtesse Vilain XIV et de sa fille ; du général Gérard ; de Siéyès ; de Ramel ; de madame Ramel ; des filles de Joseph Bonaparte ; de madame Villeneuve, nièce de J. Bonaparte *.

Quant à l'influence de David, voici comment l'apprécie M. Van Hasselt 4.

a La peinture de David dominait la peinture belge '. L'art français avait faty disparaître de notre école les dernières réminiscences de nos peintres du xvir8 siècle. David avait fait table rase dans le pays de Rubens, dans le pays des Van Eyck. Les soldats de la République et de l'Empire s'étaient installés dans nos provinces, tandis que les nouveaux principes de David s'étaient installés dans nos ateliers. Les Grecs et les Romains s'étaient emparés de toutes les imaginations et de toutes les palettes belges.

1 Gabet.

* Gazette des Beaux Arts, t. XI, p. 293. 3 Delécluze, David.

* Dans le t. III, p. 438, de Raczynski.

* M. Debay père noua a raconté, vers 1855, une assez curieuse anecdote à ce sujet. H était fi£é d'à peu près onze ans, lorsque travaillant à l'école de dessin de Matines, David vint visiter cette école où les élèves dessinaient le Milon de Crotone de Falçonet, morceau de réception de ce sculpteur. < Mettez-moi ça à la cave, mettez-moi ça à la cave, > s'écria David, en montrant l'œuvre de Falconet. >

» Longtemps David n'exerça qu'indirectement son influence sur nos artistes. Mais quand, en 1815, il vint, réfugié politique, demander un asile à Bruxelles, son influence agit d'une manière plus directe sur notre peinture. Elle dura jusqu'à la mort du maître, qui mourut à la fin de Tannée 1826.

» Cependant, il faut le dire, des élèves mêmes de David, un grand nombre n'embrassèrent pas assez aveuglément ses principes pour y sacrifier leur propre individualité. Parmi ceux-là se distinguèrent surtout Herreyns, Paelinck, Navez, les frères Van Brée ».

Herreyns, professeur à l'Académie royale de peinture à Anvers, s'éloigna des principes de David et se rattacha autant qu'il put à Rubens. Paelinck et Navez modifièrent par leurs études en Italie ce qu'il y avait d'excessif dans les principes de l'école de David.

Mathieu Van Brée, directeur de l'Académie royale de peinture à Anvers, suivit aussi cette voie.

Odevaere fut le plus fervent et resta le plus exagéré des élèves de David «.

Après avoir subi l'influence de David, l'art belge imita notre révolution romantique. Jusqu'alors les peintres flamands tenaient plus ou moins complètement à David ; d'autres imitaient telle ou telle école italienne ; quelques-uns s'efforçaient de demeurer fidèles aux traditions de l'école flamande du xvn* siècle ; mais la vie, l'originalité, la spontanéité n'existaient pas. En 1830, M. Wappers donna, par son tableau du dévouement de Van der Werf, le signal d'une révolution artistique presque parallèle à celle qui s'opérait en France contre la manière plastique et décolorée des derniers élèves de David, Du mouvement commencé par M. Wappers devait sortir l'école belge moderne, naturaliste et coloriste. Mais cette jeune école, tout* en croyant renouer sa filiation avec l'ancienne Flandre, est tombée le plus souvent dans une imitation mal dissimulée de nos coloristes modernes, et tient, il faut le dire, de plus près à Robert-Fleury, à Eugène Isabey, à Roqueplan et à Jacquand, qu'à Rubens (1855).

La sculpture avait suivi la môme marche que la peinture. David avait exercé sur la sculpture belge, déjà toute française, une influence décisive; mais un changement radical eut lieu, en 1833, dans l'école belge. M. Guillaume Geefs, né à Anvers, en 1806, élève de Ramey à Paris et artiste distingué, fit, au salon de 1833, une révolution analogue à celle que Wappers venait de faire dans la peinture.

DAU8SOIGNE (Josbph), compositeur de musique, né à Givet en 1700. Elève du Conservatoire de Paris, grand prix de 1809. — Daussoigne fut nommé en 1827

1 A ces noms d'élèves belges de David, il faut ajouter Stapleaux et Moll.

directeur du Conservatoire de musique de Liège ; il a composé une cantate à grand orchestre pour la fête donnée à Liège à la réception du cœur de Grétry, et en 1 834, une grande symphonie avec chœurs, appelée nne Jotntfs de la Révolution. C'est, dit M. Fétis, une belle et large composition.

RUDE (Madame), Bée Sophie Frémiet, peintre, née à Dijon le 20 juin 1797 ; morte à Paris le i décembre 1807. Élève de Devotge à Dijon, et de David à Bruxelles. —

Madame Rude a résidé à Bruxelles pendant la Restauration ; elle a peint des dessus de porte (la belle Anthia et les Saisons) au château de Terveuren, et les Muses, à la bibliothèque du duc d'Aremberg, à Bruxelles ».

GADET DE BEAUPRÉ (CiiJLft-MÀXiMiLtint-Aîirf-JlUH -Baïtmtb), sculpteur, né à Valenciennes le 88 janvier 1785. — Après avoir été professeur de

sculpture à l'académie de Valenciennes, il alla se fixer à Mons *.

CAMBON et PHIL ASTRE, peintres décorateurs. Ch.-Ànt. Cambon, né a Paris en 1802, mort à Paris en 1875. Elève de Qcéri. — Humanité Philastre, né à

Bordeaux en 1794. Elève de son frère. — Toute la décoration intérieure du grand théâtre d'Anvers a été faite par ces deux artistes en 1*34.

DEBAT (JiAN-BAPtisTt-JoeiPH), sculpteur, (voir page 156). — Vers 184*, M» Debay a fait une statue de Charles-Quint pour la chambre des députés de Belgique. Cette figure est en pierre de Gonflans ; Charles- Quint est debout et tient en main Tordre de délivrer les captifs chrétiens retenus à Tunis.

SÉCHAIt (voir page 184). — Séchan, en collaboration avec L. Feuchère, Despléchin et Dieterle, a restauré, en 1843, la salle de spectacle du théâtre royal de Bruxelles. — En 1853, Séchan, seul cette fois, a exécuté, comme architecte et décorateur, la restauration complète de ce théâtre •.

AVISëEAU (Ch.-J.) (voir page sis). — M. Avisseau a feit ; en 1863, pour M. Carolus, résident du roi des Belges en Portugal, une coupe de style antique; —en 1853, pour madame la comtesse Douglas-Hamilton, è Bruxelles, un bassin rustique ; — en 1855, pour le baron de Blomaert, à Bruxelles, un bassin rustique *.

ARTI6TBS BBL0BS MODERNES ÉLÈVES DE FRANÇAIS.

On peut juger de l'influence considérable exercée de nos jours sur

. « Lee Muses ont été Uthographftéét par Von de* Haertu, — Ckronicu* du £#*«*-> Arts et de la Curiosité (1867 , p. 301). * Livret du musée de Valenciennes.

3 Renseignements communiqués par M. Séchan.

4 Renseignement* communiquée par M. Avisseau.

rart belge par l'école française, en voyant que parmi les artistes belges qui ont exposé à Paris, en 4855, les suivants sont élèves de maîtres français :

Bohv (Auguste), peintre de paysage ; — élève de Jules Goignet.

Glats (Paul-Jean), peintre de marines $ — élève de Gudin.

Dh Boefve (Edouard), peintre d'histoire ; — élève de David d'Angers.

De Hbuvbz. (Théodore-Bernard) , peintre de geûre; — élève de Drolling.

Delfosse (Ernest), peintre de genre ; — élève de Roqueplan.

Eeckhout (Jacques-Joseph), peintre; — élève de Louis David.

Houié (Florentin), peintre d'histoire 5 — élève de Hennequin*

Portaels (Jean-François), peintre de genre ; — élève de Paul Delàroche.

Stapleaux (Michel-Ghislain), peintre de portraits ; — élève de Louis David.

Melût (Égide), sculpteur ; — élève de Ramey fils et de Auguste Dumont.

TtJERLïNC* (Joseph), sculpteur ; — élève de Paul Delarochë.

A ces noms, nous ajouterons encore ceux de : Braempt (Joseph- Pierre), graveur de la monnaie du royaume de Belgique (né â Gand, le 15 juin 1796, mort en 1864), qui s'est formé à Paris, — et du célèbre peintre M. GalLais, élève de Paul Delarochë.

BARILLET (voir page 167). — C'est lui qui a créé, sous le règne de Léopold II, et peu de temps après l'exposition universelle de 1867, le magnifique parc de Laeken.

CATTIER (Aakamo), éculptiur, élève d'Eugène Simonie. — îf. Cattier

résidait à Bruxelles eu 1 867 et exposait au salon de Paris, la même année, le modèle en plâtre de la statue de Boduognat, roi des Nerviens, pour la décoration de Tune des portes de la citadelle d'Anvers.

CAJMUEll'BELLETJSE, sculpteur (voir page 248). — On admirait à l'exposition universelle de Paris (1 867) deux grandes torchères en bronze doré, exécutées par la maison Barbedienne, sur les modèles de M. Carrier-Belleuse, pour le roi des Belges.

MANUFACTURE DE SÈVRES

En 1 868, l'Empereur a offert à la reine des Belges deux vases étrusques fond bleu, décorés de paysages dus au pinceau de Jules André. — En 1874, le gouvernement français lui offrait aussi un vase de Nimes fond vert, décoré de fleurs d'orchidées peintes par Barriat.

ARMAJXD-C ALLIAT, orfèvre (voir page 158). — Il a exécuté, vers 1871,

un ostensoir, un calice et un ciboire pour le couvent de la Visitation, à Liège.

DIDROIf (Edouard), (voir page m). — Il a exécuté à la cathédrale d'Anvers, de 1874 à 1874, six verrières à sujets, en style duxvr» siècle, dont quatre fort importantes et représentant : Saint Amand prêchant la foi sur les bords de l'Escaut; — saint Norbert rétablissant à Anvers le culte du Saint-Sacrement ; — le couronnement de la Vierge auquel assistent une foule de personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament, ainsi que les saints particulièrement dévots à la Vierge ; — le Christ mort aux pieds de la Vierge, entouré de saints.

Il a exécuté aussi, en 1874, pour l'église de Saint-Amand, à Anvers, sept grandes verrières représentant les sacrements et leurs symboles dans l'Ancien Testament. Ces belles verrières sont en style du xiii» siècle '.

BESSOIf, peintre (voir page 224). — M. Besson a peint en 1865, à l'hôtel de la banque de Bruxelles, un grand plafond représentant les arts; il a fait aussi quelques peintures dans les appartements particuliers du directeur. — M. Besson a fait encore quelques peintures chez le comte de Mérode.

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