‹ Les arts au Moyen Age (volume 2)Chapitre 118 sur 271 · ADORATION DES BERGERS, TRIPTYQUE · texte numérisé non relu

ADORATION DES BERGERS, TRIPTYQUE

Ce triptyque ou tableau à trois volets est attribué à Albert Durer. 11 représente l’adoration des bergers et la salutation angélique. Dans le panneau du milieu la Vierge est à genoux auprès de l’Enfant- Jésus couché sur un linge blanc ; des anges sont agenouillés à la tête de l’enfant , et autour de cette scène sont groupés les bergers en adoration. Au ciel, on voit les anges glorifiant la naissance du Seigneur. Les volets de droite et de gauche représentent la salutation angélique. Cette peinture remarquable fait partie du cabinet de M. Debruge-Labarte.

ATLAS, chap. vi, pl. ix.

ALBUM. 6e SÉRIE, PL. XXXIII, xxxiv et xxxv.

TABLEAUX DU PUY d’amIENS.

Ces quatre tableaux sont les chefs-d'œuvre de la peinture française au commencement du XVIe siècle : ce sont les tableaux votils de la confrérie de Notre-Dame-du-Pny , d’Amiens. Le premier en date, 1 5 1 8 (album, 6e série, pl. xxxv), a été offert à la cathédrale d’Amiens par Antoine Picquet, conseiller du roi au bailliage d’Amiens, en l’année i5i8. On voit dans le cartulaire de la confrérie du Puy, que ce personnage fut élu maître le jour de la Purification de la même année, qu’il fonda trois prix d’argent à décerner aux rhétoriciens, et mit pour refrain, à un tableau qu il donna, selon l’usage, le jour de Noël, à l’église d’Amiens, ces mots : Au juste poids véritable balance.

Sur le premier plan sont représentés le maître du Puy, Antoine

PEINTURE

Picquet et sa femme, à genoux chacun devant un prie-Dieu -, près d’eux sont leurs enfans, des membres de leur famille, et quelques confrères du Puy.

Au-dessus est la représentation mystique du sujet de la ballade d’Anloine Picquet, dont le refrain était, comme nous l'avons dit : Au juste poids véritable balance. La Vierge, resplendissante de grâce et de beauté, debout sous un dais, porte dans ses bras l’Enfant-Jésus, qui saisit et tire à lui l’un des plateaux de la balance que tient par un anneau d'or le Père Éternel, appuyé d’un bras sur un globe étoilé, et entouré d’une foule d’anges jouant de toutes sortes d’instruments. A droite et à gauche de la Vierge le lointain figure un charmant paysage } des moissonneurs sont occupés à ramasser des javelles de blé, et des vendangeurs cueillent des raisins et se livrent aux travaux de la récolte. Dans le même plan, mais en avant , on voit l’entrée d’une reine (la reine Claude, épouse de François Ier) , montée sur une haquenée, et accompagnée d’un nombreux cortège de dames et de chevaliers. Dans le plan qui vient immédiatement au-dessus de la Vierge, figure le roi François Ier en costume royal, sans barbe (car alors le roi chevalier n’avait pas encore essuyé l’accident qui l’engagea plus tard à la porter) -, auprès de lui , son fou Triboulet, en habit vert, des chevaliers, et de l’autre côté de la balance, un jeune empereur, un pape, un cardinal, l’évêque d’Amiens, et plusieurs abbés des monastères existant dans ces villes.

Le second de ces tableaux (album, 6e série, pi. xxxm ) a été offert à l'église d’Amiens le jour de Noël 1 5 19, par Adrien Desprès, prêtre, et maître de la confrérie. Lalégende choisie parce maître et conçue en ces mots pré ministrant pasturc salutaire fait allusion au nom du donateur. Ce dernier est à genoux sur le premier plan entouré de sa famille et de quelques-uns des confrères du Puy -, audessus figure toujours la Vierge tenant dans ses bras l’Enfant-Jésus qu’elle allaite. Dans le haut du tableau, le Père Éternel paraît dans les nuages -, le Christ est assis à son côté, et de là partent les rayons qui viennent s’épandre sur le riant paysage formant les autres plans du tableau.

La troisième de ces peintures (album, 6e série, pl. xxxiY ) a été offerte à l’église d’Amiens le jour de Noël de l’année îô^o, par Nicolas Caron, greffier du bailliage de la ville, et maître du Puy. Le

PEINTURE

premier plan représente les portraits du donateur et de sa femme, à genoux et en prières -, ils sont entourés de leurs enfants, des membres de leur fainilleset de quelques confrères du Puy. Immédiatement au-dessus , on voit la figure de la Vierge , appuyée contre un immense palmier qui domine tout le tableau -, elle porte dans ses bras l’Enfant-Jésus. Le fond représente la ville d’Amiens et la minutieuse architecture de sa cathédrale, au milieu des camps et des combats.

Le quatrième de ces tableaux (atlas, ch. vi, pi. ix) est postérieur aux trois autres-, il date de i5a6, après le rachat de la rançon de François 1er. Ce tableau a été offert à la cathédrale d’Amiens le jour de Noël de l’année 1627, par Philippe de Conty, capitaine des arbalestriers de la ville d’Amiens, et maître de la confrérie du Puy. La devise de ce maître est : Pour notre foi militante comtesse. Ce tableau représente les fêtes et les tournois donnés à Amiens lors du passage de François Pr à sa sortie des prisons de Madrid.

Le premier plan est orné du portrait du donateur et de sa femme, à genoux et en prières-, comme dans les autres tableaux, ils sont accompagnés de leurs enfants, des membres de leur famille et de quelques confrères du Puy. Au-dessus est la reproduction des tournois dans toute leur splendeur, et le haut du tableau représente la Vierge tenant dans ses bras l’Enfant-Jésus vêtu d’une robe. Audessus, et pour couronner la peinture, on voit les figures du Père Eternel et du Christ au milieu des nuages. [V oir les notes de M. Dusèvel, Insp. des mon. hist. de la Somme.)

La confrérie de Notre-Dame-du-Puy, établie à Amiens vers 1181, forma une association régulière en 1 388 . Les règlemens ne furent dressés que le i5 janvier 1 1 par des confrères, la plupart rhéto-

riciens. Le jour de la Chandeleur était la fête principale de la confrérie -, ce jour était celui de l’élection du maître : il donnait un dîner-, après le repas, on représentait un mystère. Le maître en donnait une copie à chaque confrère avec un chapeau vert. Le lendemain, pendant la messe, on conférait une couronne d’argent à celui qui, au jugement des anciens maîtres du Puy et des rhétoriciens, avait fait la meilleure pièce ou ballade sur le refrain que l on avait proposé l’année précédente.

Au jour de Noël, le maître en charge exposait son tableau à la

PEINTURE

cathédrale, et il y restait. En 1723, ces tableaux furent dispersés. Celui donné par Antoine Picquet, et dont la devise est : au juste poids véritable balance , est un des plus curieux -, il a été fait pour rappeler le séjour de François Ier à Amiens, et la visite faite par madame la duchesse d’Angoulême à la confrérie. Elle fut enchantée de la collection des tableaux, ainsi que des ballades et mystères qui y avaient rapport-, elle désira en avoir une copie manuscrite, et plus tard elle en fit don à la Bibliothèque du Roi.

Voici le relevé de la dépense qu occasionna le manuscrit :

Pour (juarante-huit tableaux peints en grisaille par Jacques

Plastel . 45 liv.

A Jean des Béguières, pour l'écriture des ballades . 12

Pour achat du vélin . . 3 12 sols.

A Guy le Flamand , pour l'enluminure des

grandes lettres . i3 i4

A Nicolas De Lamothe , pour la composition

de quelques ballades qui manquaient . 2 »

A Jean Pinchon , enlumineur à Paris, pour

V application des couleurs . 80 »

A Pierre Favarin, pour avoir nettoyé, réparé,

scellé d'or, relié et recouvert le livre . 6 »

A ses ouvriers pour récompense . 2 10

Pour une grande custode ou étui de cuir noir,

y compris les cordons . 38 »

Pour la couverture en velours vert . 6 12

Pour U' emballage . » 12

P ourle vin du marché avec l'enlumineur . ... 1 4

Pour trente-six jours de voyage à 36 sols pour les deux échevins de la ville, Adrien de Mousure et Pierre Louvel, députés par la confrérie à Amboise pour offrir le manuscrit à madame la duchesse d' An goulême . 54 16

Total . , . 266 liv. »

A 62 liv. ro s. le marc d’argent, en 1619, le manuscrit serait revenu de nos jours à 1 ,o85 francs.

PEINTURE

Au mois de septembre 1 358, le 16, il y eut à Amiens , à la porie de l’abbaye du Gard, qui était alors près du port, un combat qui se trouve figuré dans celui de ces quatre tableaux du Puv, qui a pour

devise : Palme . du Sauveur pour victoire , et qui avait été donné

en 15*20 par Nicolas Caron, greffier du bailliage, élu maître de la confrérie. ( Notes de M. De Lahaye , bibliothécaire de la ville d'Amiens , correspondant du ministère de l’ instruction publique .)

ALBUM, ire SÉRIE, PL. XXXVII.

CROIX BRACHIALE.

Cette peinture mystique du XVe siècle représente une croix brachiale vivante. Le Christ est sur une croix dont les extrémités sont terminées par des bras en action. Le bras droit de la croix couronne la vraie Religion, qui se tient auprès du Christ, entourée des quatre évangélistes. A gauche, on voit la Religion juive personnifiée par une figure montée sur un âne , et portant pour enseigne un scorpion. Le bras placé au-dessus de la tête du Sauveur tient une clé tournée vers le ciel et en ouvrant la porte • celui du bas de la croix frappe le démon, qu’il tient enchaîné et qu’il écarte pour le passage des âmes. Le bas du tableau est rempli par les images des bienheureux et des âmes damnées invoquant la bonté divine au milieu des tortures et des flammes. ( Coll . Du S.)

lre SÉRIE, PL. XUV11I.

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