‹ Les arts au Moyen Age (volume 2)Chapitre 165 sur 271 · GRAVURE, NIELLES, SCEAUX, MONNAIES · texte numérisé non relu

GRAVURE, NIELLES, SCEAUX, MONNAIES

Ainsi que nous l’avons annoncé dans la préface de ce volume, notre intention, en le publiant, n’a pas été de continuer l’ouvrage des Arts au Moyen-Age , mais bien de compléter, autant qu’il était en nous, l’œuvre de M. Du Sommerard. Pour arriver à ce résultat , nous nous sommes imposé la tâche de nous tenir à la description précise de chacune des planches de ce bel ouvrage , en nous bornant à renvoyer, pour les dissertations, aux quatre premiers volumes. Le chapitre Imprimerie ne comporte aucune planche-, il n’est donc pas de notre fait, et, sans nous lancer dans l’histoire et les périodes de cet art si richement exploité par les Simon Vostre, les Antoine Vérard, les Pigouchet, les Régnault et tant d’autres noms illustres, nous nous bornerons à renvoyer le lecteur aux savans écrits qui ont été publiés sur cette matière.

« L’invention des cartes à jouer, au XIVe siècle, avait fait naître à la fois la gravure en bois et l'imprimerie-, les ouvrages niellés (émaillés , nigellati ) des orfèvres florentins avaient donné l’idée de la gravure sur cuivre au XVe siècle. Depuis les taille v grossières de L auient Gosier et des briefmahlcr (carriers) allemands, la gravure sur bois s’élail bien perfectionnée à Mayence et à Nuremberg ; elle avait concouru à enrichir les premières impressions d'estampes , d eneadremens, de lettres ornées -, puis elle avait marché seule sans l'appui de 1 imprimerie, sa fille -, à Ph-ydenwurfF avait succédé Michel Wol gemülh , et le fameux arc de triomphe de Maximilien , composé de quatre-vingt-douze planches , dessinées par Albert

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Durer , était gravé sous ses yeux par Jean Burgkmayr et Jérôme de Resch. En Italie, les nielles de Finiguerra étaient devenus des gravures au burin finement et régulièrement travaillées par Baldin et Boticello , que Marc-Antoine avait surpassés à son tour en imitant la taille-douce d’Albert Durer, ce grand maître qui ne s’essayait pas dans un art sans y exceller, et qui mettait alors la dernière main à son admirable gravure de saint Jérôme. Mais la France , où l’imprimerie n’était pas restée en arrière, tirait d’Allemagne tous les graveurs en bois occupés à illustrer les précieuses éditions de Simon Vostre , de Michel Lenoir, d’Antoine Yérard, et connaissait à peine la gravure sur cuivre, quoiqu’un livre avec des planches en taille-douce eût été publié à Lyon dès 1 4^8 . Bien des années se passèrent encore avant qu’on séparât les estampes des livres , et qu’on pût citer un seul graveur français. Pierre Yoieriot, Jean Duret? Bernard-Salomon et Perissin , célèbres au XVI* siècle, naquirent seulement sous Louis XII *.

» Depuis longtemps, toutefois, la France avait des graveurs en médailles , et les monnaies royales d’or et d’argent qu’on battait en grande quantité pouvaient, sans désavantage, soutenir la comparaison avec les plus belles monnaies étrangères. Louis XII fut le premier roi de France qui figura sur des monnaies, nommées testons , parce qu’elles représentaient d’un côté la tête du roi. Les autres monnaies de Louis XII , ècu d'or au porc-épic , grands blancs , gros deniers et demi-gros d’argent , portaient sur la face l’écu de France , avec ou sans porc-épic , et sur le revers une croix accompagnée de fleurs-de-lys , ou de couronnes, ou de grands L. Ces pièces , quoique minces et légères, étaient bien rondes et bien marquées. Les médailles de ce règne attestent que l’art monétaire était déjà fort avancé en France, et que le cardinal d’Aroboise avait emprunté aux Italiens cette manière d’éterniser le souvenir des principaux évènemens de l’Histoire. Georges d’Amboise , à son retour de Rome en i5o3 , où il avait espéré vainement être élu pape à la place de Pie III , fit graver sur une médaille d'or son portrait avec

i Traité de là gravure en bois et en taille-douce, par Jensen. Histoire de la gravure sur bois, par Papillon, Fournier, etc. Choix d’une collection d’estampes, par Ueinecke, IHctionnaire des arts, par Watelet, Millin, etc. Travaux de iW. Duchesne, conservateur adjoint du cabinet des estampes, à la Bibliothèque Royale.

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les insignes de la papauté qu'il s’appropriait par cetle orgueilleuse légende : Tulit aller honores ; mais une médaille vraiment digne d’être comparée à la médaille fleurdelisée de Charles VIII à cheval , et même aux belles médailles de Pisani , ce fut celle que la ville de Lyon présenta en i5oo à Louis XII, qui revenait victorieux de Milan. Celte médaille, la plus grande qu’on eût encore collée en France , portait d’un côté le buste du roi avec cette devise : Felice Ludovico régnante duodecimo , Cæsare ultero , gaudet omnis natio , et de l’autre côté le buste d Anne de Bretagne, avec ces mots: Lugdunensis resyublica , gaudete ; bis Anna régnante benigne, sic jui conflata. Ces deux portraits en relief, sur un fond semé de fleursde-lys et d’hermine, sont pleins de vie et d’expression. Le cardinal d’Amboise, en appelant à grands frais des artistes toscans dans sa patrie, voulait réveiller l’émulation des Français et transplanter en France toutes les gloires pacifiques cultivées avec tant d’éclat par Laurent de Médicis *. » ( Histoire du X FF siècle , par P. Lacroix , tome IV, p. 169 ).

» Traité des Monnaies, par Leb’anc. Ilisloire littéraire de Lyon, par Colonia, t. n» p. 434. Catalogue des Médailles de la Monnaie .

DIPTYQUES ET TRIPTYQUES

DIPTYQUES ET TRIPTYQUES

Le mot diptyque signifie, en grec, un objet plié en deux, une tablette double. Ces diptyques ou tablettes étaient dans l’antiquité parmi les objets qu’on s’offrait en présenta l’époque du renouvellement de l’année, ceux qui jouaient le rôle, sans contredit, le plus important -, c'était l'expression du vœu de chacun . A leur entrée en charge, le premier acte des consuls était d’envoyer de ces présens, auxquels ils attachaient une grande importance, surtout sous l’empire, où leurs prérogatives étaient devenues presque honorifiques-, et souvent ces tablettes élaieht magnifiquement enrichies.

Le plus ancien diptyque consulaire connu de nos jours est celui de Félix, en l’an 4^8 de l’ère chrétienne. Une loi du Code Théodosien, rendue par Valentinien III, Théodose-le-Grand et Arcadius, l’an 384» restreignit aux consuls seuls la faculté de distribuer des diptyques d’ivoire. Claudius célèbre avec emphase ( r/e Cons. StiUch. III, 346-5 1) le nombre et la magn ficence des diptyques répandus par Stilicon lors de son deuxième consulat, qui eut lieu en 4o5.

Dès une époque fort reculée, l’église eut aussi des diptyques qui étaient placés sur les autels et jouaient un rôle important dans la célébration de la messe. Ces tablettes existaient en forme de rétable, et nous les retrouvons dans tous les monumens du XVe siècle. De nos jours, l’usage des diptyques s’est continué chez la nation russe. Ces tablettes en cuivre émaillé, qui participent de l’art et du rit grec, et dont le premier aspect semble nous reporter à l’époque de nos reliquaires byzantins, font aujourd’hui chez ces peuples l’office de missel, et ont conservé une espèce d’apparence des émaux byzantins pauvrement interprétés par leurs barbares reproducteurs.

DIPTYQUES ET TRIPTYQUES

ATLAS, ciiap. xi, pl. i.

Les objets reproduits en cette planche sont d une époque excessivement reculée et des plus remarquables.

Le n° i et le n° 2 ont la même provenance -, ils ont été trouvés en Germanie. Le premier est une tête de lion en cristal de roche taillé et évidéà l’intérieur, du plus beau travail -, le second est un panneau d’ivoire en haut-relief, représentant une figure panlhée ( Collcct. Du Sommerard). Ces deux objets sont considérés comme provenant du démembrement d’un siègeantique en matières précieuses. (Voir le IVe volume. )

Le n° 3 reproduit un feuillet du diptyque de Stilicon, décrit par Montfaucon. (Voir Antiq. expi., t. ni, chap. x, p. 23a, et les Arts au moyen-âge, t. iv). Ce beau feuillet appartient, à M. Baudot, de Dijon.

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