BOUCLIER
Dès les siècles les plus recule's , le bouclier a été employé comme arme défensive, ainsi qu’en font foi les monumens les plus anciens. M. Allou, dans ses Etudes sur les armes et armures du moyen-âge , publiées dans le tome xiii des Mémoires de la Société royale des Antiquaires de France, donne l'histoire de cette arme dans toutes les périodes des temps antiques et du moyen-âge; ces savantes recherches sont d'un immense intérêt pour l’étude de cette branche si importante de nos monumens nationaux. Après avoir décrit la forme des anciens boucliers, leurs diverses transformations sous le nom à’escus et de targes , le savant antiquaire arrive au XVe et au XVIe siècles ; « C’est alors , dit-il , et plus exactement au temps de » Louis XII que nous voyons s’introduire une nouvelle forme de » l’écu des chevaliers ; il devint circulaire ou légèrement ovale , » sans augmenter beaucoup de dimension : c’est ce qu'on appela » rondelle ou rouelle (on trouve aussi rieulle) , et un peu plus tard, » rondache. C’est ce dernier écu qu’on remarque dans les bas-reliefs » des tombeaux de Louis XII et de François Ier. Le luxe de cette » époque , surtout sous ce dernier prince , et la perfection à laquelle » les arts du dessin étaient alors parvenus en France et en Italie, » donnèrent souvent à ces armes une valeur extraordinaire et une » magnificence dont on peut à peine aujourd’hui se faire une juste » idée (page 40* Les sujets ordinairement représentés sur ces écus
ARMES. ARMURES
)> appartiennent à l’histoire ancienne ou rappellent des traits de » la Bible ou de la mythologie grecque et romaine. Quelquefois le » milieu porte un uinbo très saillant, comme les longs écus du » temps de saint Louis (page 43)- »
L’écudont cette planche offre la reproduction appartient à cette dernière époque • il est en fer repoussé et damasquiné (sphyrélaton); la disposition présente beaucoup d’analogie avec une des principales scènes sculptées sur la colonne Trajane, où l’on voit l’empereur assis sur un siège éminent, environné de ses généraux et de ses cohortes , que l'on reconnaît à leurs aigles. A ses pieds sont prosternés les envoyés du peuple vaincu, dans une attitude de défaite et de soumission. {Coll. Du S.)