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deur de l’ensemble : vaste symphonie en pierre, pour ainsi dire, œuvre colossale d’un homme et d’un peuple, sorte de création humaine, en un mot, puissante et féconde comme la création divine, dont elle semble avoir dérobé le double caractère : variété, éternité... Trois choses importantes manquent aujourd’hui à cette façade : d’abord le degré de onze marches qui l’exhaussait jadis au-dessus du sol, ensuite la série inférieure de statues qui occupait les niches des trois portails, et la série supérieure des vingt-huit plus anciens rois de France 1 qui garnissait la galerie du premier étage, à partir de Childebert jusqu’à Philippe-Auguste, tenant en main « la pomme impériale. »
Notre-Dame de Paris est un édifice de transition ; ce n’est plus une de ces lourdes basiliques romanes aux piliers carrés ou aux chapiteaux arrondis-, c’est déjà quelque chose de svelte, d’élancé, de gothique, en un mot, enrichi de sculptures sur toutes les faces ; les portails d’entrée à eux seuls méritent toute une monographie , sans parler des portes latérales avec leurs tympans couverts de figures déliées, enchâssées dans des bandes d’encadremens j sans parler encore de ces admirables bas-reliefs qui couvrent ses parois tant extérieures qu’intérieures. Aujourd’hui, grâce au goût renaissant plus fort chaque jour des souvenirs du vieux passé , Notre-Dame de Paris est devenue une sainte relique-, elle est désormais à l’abri des mutilations, et le choix de l’habile architecte chargé du soin de la restaurer, nous est un sûr garant de la conservation d’un des plus beaux monumens de l’art en France et au plein cœur du pays.
■ M. Didron, dans son rapport au ministre sur la cathédrale de Chartres , a, le premier, combattu l’opinion émise par tous les historiens sur ces statues crues de tout temps celles des rois de France. « Dans ces galeries, dit-il en parlant de Notre-Dame de I aris, de Chartres, d’Amiens, de Reims, il n’y avait là ni Pharamou, ni Philippe-Auguste, ni saint Louis ; mais bien David , Salomon et Josaphat. Cn général , sur les cathédrales, les statues sont religieuses, tigurant des personnages de l’Ancien et du Nouveau-Testament, comme du reste le bon sens l’indique a priori , et non des statues civiles et de notre histoire nationale. Donc, il faut le dire sans peur , les Bénédictins et Sauvai se sont trompés cn déclarant que des rois de France peuplaient la galerie royale de Notre-Dame de Paris, etc. » Toujours est-il que cette galerie a vu ses statues renversées , et que les places, aujourd’hui vacantes, témoignent tristement du vandalisme et de la rage révolutionnaires , qui ne se seraient pas sans doute assouvis de la sorte si le peuple avait su avoir affaire à des rois juifs.
ARCHITECTURE
7e SÉRIE , PL. III.