‹ Les arts au Moyen Age (volume 2)Chapitre 77 sur 271 · MAUSOLÉE DE FRANÇOIS II, A NANTES · texte numérisé non relu

MAUSOLÉE DE FRANÇOIS II, A NANTES

Ce tombeau, œuvre de Michel Coluinb , fut élevé en i5o y à la mémoire de François II, duc de Bretagne, par la reine Anne , duchesse de Bretagne , sa fille , et femme de Louis XII. L’église des Carmes, où il avait été érigé tout d'abord, ayant été détruite, ce

SCULPTURE

fut à grand1 peine et par les soins du préfet de la Loire-Inférieure et du maire de la ville , qu'il put être réédifié dans la cathédrale de Nantes, après les troubles révolutionnaires.

Le monument est en marbre blanc et noir. Il forme un massif rectangulaire portant les figures couchées du duc et de la duchesse } leurs têtes sont soutenues sur des oreillers que supportent trois anges agenouillés. Les pieds des figures couchées s'appuient d’un côté sur un lion tenant entre ses pattes l’écusson de Bretagne -, de l’autre , du côté de la duchesse , sur un levrier au collier d’hermine, tenant également entre ses pattes l’écusson partie de Bretagne et de Foix , entouré d’une cordelière. Des deux côtés du mausolée , dans de petites niches en marbre brun , sont placées les figures des douze apôtres de om 60 cent, de hauteur -, à chacune des extrémités sont deux statues de même dimension représentant saint François d’Assise et sainte Marguerite d’un côté , et de l’autre Charlemagne et saint Louis.

Ces diverses figures sont séparées par des pilastres en marbre blanc, décorés d’arabesques dune grande délicatesse.

Au-dessus de cet étage sont disposées des niches de forme semicirculaire au nombre de seize , contenant des statuettes de pleureuses accroupies , en marbre vert , mais dont les têtes et les mains ont été réservées en marbre blanc.

Le tombeau est flanqué d’une grande statue à chacun de ses coins ; ce sont les figures de la Justice, de la Force , de la Prudence et de la Sagesse. La première tient un glaive dans sa main droite , les balances dans sa gauche , et porte la couronne en tête -, c’est le portrait de la duchesse Anne : la Sagesse tient dans sa gauche un miroir, dans sa droite un compas -, la Prudence porte une lanterne dans la gauche et un mors dans la droite j la Force est casquée et cuirassée -, elle tient dans la gauche une tour et dans la droite elle presse un monstre qu’elle étouffe.

Il est difficile de se rendre l’idée de la distinction empreinte sur les têtes de ces quatre figures , types complets du beau caractère breton -, l’ajustement des costumes et des coiffures est fort remarquable , et ne se peut comparer qu à la beauté , a la hardiesse et au fini de l’exécution du mausolée , l’un des plus beaux monumens de notre sculpture nationale au XVIe siècle.

SCULPTURE

ATLAS , chap. v, pl. x.

GROUPE d’iYOIRE. - LA VERTU CHATIANT LE VICE.

Ce groupe en ivoire , du XVIe siècle , d’une dimension notable , représente une femme debout en action de châtier une figure agenouillée et implorant merci. Cet ivoire est de Jean de Bologne , qui serait plus convenablement appelé Jean de Douai. Cet artiste naquit à Douai en i5i4 , et mourut en 1612 , après avoir commencé l’exécution de la statue équestre de Henri IV, renversée lors de la révolution française , et après avoir exécuté , entre autres travaux des plus remarquables , la sculpture de la fameuse fontaine de la place Saint-Pétronne de Vérone, représentant Neptune faisant d’un coup de trident jaillir des torrens d’eau d’un rocher. (60//. Du S .)

l’insouciance DU JEUNE AGE, FIGURE D’iVOIRE.

La petite figure couchée que représente ce dessin est l’œuvre de Duquesnoy, appelé aussi Quesnoy, plus connu sous le nom de François Flamand. Elle est remarquable parmi les nombreuses statuettes et figurines d’enfans dans lesquelles excellait si bien ce grand artiste. Celle-ci est couchée ou plutôt assise, s’appuyant d’un bras sur une tête de mort et jouant avec les doigts de son autre main. Duquesnoy était né à Bruxelles en i5c)4, la même année que Le Poussin, devenu son meilleur ami. Le Titien était son modèle favori, et non-seulement il excella dans la reproduction des figurines d’enfans , mais aussi dans des ouvrages de haute portée, parmi lesquels on peut citer le saint André de Saint-Pierre de Rome. Il mourut à Livourne en i644> empoisonné , dit-on , par son frère , au moment de partir pour la France avec Le Poussin. ( Coll. Du S. )

ATLAS, chap. v, pl. xi.

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