‹ Les arts au Moyen Age (volume 2)Chapitre 83 sur 271 · CATHEDRA · texte numérisé non relu

CATHEDRA

Le siège épiscopal en ivoire , dont nous donnons le dessin, est conservé aujourd’hui dans une armoire de la sacristie de l’église

SCULPTURE

métropolitaine de Ravenne. Ce siège est un ouvrage du VIe siècle, ainsi que l’attestent et son travail et le monogramme sculpté en relief sur la frise supérieure, et se rapportant à l'archevêque Maximien, dont la figure se trouve dans la mosaïque de l’abside de la basilique de Saint-Apollinaire in classe de Ravenne, qu’il dédia en 549, après avoir dédié en 547 celle de Saint-Vital.

Cette cathedra, qui ornait jadis le presblyerium de l’église métropolitaine, est entièrement composée de plaques d’ivoire sculptées en fort relief, représentant des sujets de l'histoire sacrée -, ce sont, en bas, Dieu et les quatre évangélistes, encadrés dans des frises d’un style remarquable : ces frises sont composées d'enroulemens de branchages sortant d’un vase, et entourant dans leurs replis des animaux de tous genres, des lions, des cerfs, des biches, des bœufs, des oiseaux et des paons au milieu de fleurs, de grappes de raisins et de fruits. Au-dessus de la partie formant siège le dossier est également couvert de bas-reliefs, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur -, parmi ces divers sujets , les plus remarquables sont : le baptême dans le Jourdain, l’annonciation, la fuite en Egypte et les bergers conduits par l’étoile. Ces bas-reliefs sont séparés par de larges bandes d’ornemens composées également d’enroulemens de branchages, de fleurs, de fruits et d’animaux. Les montans du siège eux-mêmes sont d’une richesse analogue j ce sont des ornemens du même genre, mais qui sont prodigués avec une variété infinie. Ce siège est une des merveilles de l’art delà sculpture à cette époque. La richesse de la matière dont il est travaillé se rapporte bien à la magnificence de ce prélat, qui orna de somptueuses mosaïques l’église de Saint-Etienne de Ravenne, aujourd’hui détruite, et qui la décora de rideaux d’autel représentant les miracles de Jésus-Christ, dont les figures paraissaient vivantes « in carne omnes vivcesunt (Agnel., Fit. S . Maxim . , // b . pontif. Ravenn ., cap. 11, pl. 106, cap. vi, p. 108).

Grâce à la vénération dont les fidèles entourent ce beau monument devenu pour eux une sainte relique, grâce surtout à la position écartée de Ravenne hors des grandes routes de l’Italie, ce siège a pu être conservé dans toute sa pureté, et la beauté de son travail, jointe à la couleur que le temps a su appliquer à la matière, en font une des plus hautes curiosités de ce pays.

SCULPTURE

!re SÉRIE , PL. XIII ET XIV.

Page 1