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PORTES DE SAINT-MACLOU

Les portes de l’église Saint-Maclou de Rouen ont été exécutées par Jean Goujon, ou du moins il est évident que ce grand artiste a puissamment coopéré à leur exécution. M. Deville a prouvé, dans ses recherches sur les monumens de Rouen , que Jean Goujon fut

SCULPTURE

employé, de i54o à 1042, aux travaux de la décoration de l’église Saint-Maclou. C’est là précisément l’époque qu’accusent ces belles portes et la richesse de leur composition ainsi que la nature des ajustemens rendent à peu près certaine cette attribution qui longtemps n’avait été fondée que sur une vague tradition.

Ces portes garnissent les trois portails de la façade de l’église -, deux sont à doubles vantaux, la troisième est simple. Leur décoration consiste en sujets, arabesques, figures et ornemens mvthologiques, mélangés dans les parties supérieures avec des scènes religieuses, des figures de saints et d’apôtres. Les poignées ou tiroirs sont supportées par de larges tablettes de bronze. Ces portes , couvertes longtemps d’un épais badigeon, viennent d’être décrassées, remises en bon état et restaurées avec soin. [Voir portail de Saint- Maclou, Album, 5e série, pl. ni.)

5e SÉRIE , PL. XXI.

LE JUGEMENT UNIVERSEL , TYMPAN DE LA CATHEDRALE d’aUTUN.

Le portail méridional de la cathédrale d’Autun , sur la place où se trouve la jolie fontaine dont nous donnons une planche, est sans caractère, quoiqu’on y voie encore quatre colonnes romaines, encastrées il est vrai dans des constructions bien plus récentes, et si la tour carrée, couronnée d’une flèche en pierre (travail du commencement du XVe siècle), ne manque pas d’une certaine élégance, l’aspect général extérieur de l’édifice ne répond pas tout d’abord à l’attente. Il en est de même de l’intérieur, surtout de ces guirlandes de pierres taillées en ogives, qui , bien que très vantées , sont à vrai dire peu dignes de leur réputation , comme ne se rattachant à rien d’analogue , la construction de l’église , surtout dans les parties voisines de cette décoration, offrant par ses pilastres cannelés, le plus lourd contraste avec cette jolie dentelure. Mais en sortant de l’église par un porche donnant sur une ruelle étroite, on est émerveillé par un coup d’œil donné en arrière. Au fond de ce porche, dépourvu d’ailleurs de tout caractère d’art, subsiste dans tout son ensemble, à l’exception du linteau et du pilastre du milieu , refaits et mal refaits, un portail roman d’une rare beauté et d’une finesse exquise. Le tvmpan, où il ne manque que la tête du Christ et quelques

SCULPTURE

autres détails, rappelle à beaucoup d’égards celui du portail intérieur de Vézelay et nous paraît même d’une exécution plus précieuse. Les draperies des figures principales et les ornemens de la robe du Christ placé dans le vesica piscis , sont d’un d’un travail qu’on est convenu d’appeler byzantin, quoiqu’ici le nom du sculpteur Gislebertus hoc fecit qu’on lit au milieu de la légende de la frise, repousse toute attribution à un sculpteur grec. Parmi les chapiteaux qui sont d’un travail analogue, on remarque celui d’Androclès soignant le lion et la cigogne en besogne d’opératrice envers le loup.

5e SÉRIE , PL. XXXI ET XXXII.

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