‹ Les arts de l'ameublement; la décorationChapitre 30 sur 118 · AVatclct, VArt de peindre^ poème; Amsterdam, 1771, p · texte numérisé non relu

AVatclct, VArt de peindre^ poème; Amsterdam, 1771, p

tion complète avec le résultat cherché. Spectacle invraisemhlable ! C’est par l’entassement des blocs de marbre, de granit, ou de pierre de taille, qu’on arrive à produire en nous les sentiments les plus tendres et les plus élevés. C’est de la matière la plus pesante, la moins maniable, que se dégage, que jaillit ce qu’il y a dans l’imagination bumaine de plus délicat, de plus enthousiaste et de plus étbéré. Par une inconcevable magie, les lignes parviennent non seulement à enlever leur matérialité aux substances les plus denses, les plus lourdes et les plus inertes, mais en produisant en nous des impressions à la fois vagues et cependant énergiques, elles arrivent à leur faire signifier des pensées obscures d’une tendresse indéfinissable et d'une impondérable suavité.

Résultat plus extraordinaire encore, les lignes nous représentent ce qu’il est impossible de voir, et même nous font voir le contraire de ce qui est représenté. « Si vous faites le portrait d’un nègre avec nn crayon blanc, écrit PbilostrateC le trait paraîtra certainement blanc, mais le nez aplati, les cheveux crépus, les joues saillantes, les lèvres épaisses, noirciront snffisamment finiage pour qu’aucune confusion ne se puisse produire. »

11 importe, toutefois, de constater que la surprenante impression produite par la contemplation des lignes n’a rien d'absolu. Il en est des formes comme des couleurs, dont l’effet se trouve modifié j)ar des rapprochements plus ou moins avantageux. Les lignes, en elfet, ne jouissent pas, comme l’a écrit !\1. Charles Blanc, de rinmiuaf)le privilège de conserver leur caractère, « quels que soient le moment et le lieu où on les regarde » La courbure d’un arc peut être fort belle en soi, majestueuse, émouvante, et perdre une partie de ses qualités par un voisinage malen-

Page 1