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EXEMPLE CONDAMNABLE

lissandre, qui aboutit à un plafond d’un blanc irréprochable. Quel effet produira une pareille décoration? Cette succession de bandes heurtées enlèvera à la décoration son caractère d’unité ; elle la divisera en une série de zones discordantes et formera un bariolage déplaisant.

Supposons, au contraire, que notre tapissier ait recouvert le parquet d’un tapis d’Orient aux nuances montées et sourdes. Un lambris d’appui en noyer ou en marqueterie, un peu moins sombre déjà, relie ce tapis à une tenture de tonalité chaude, mais sensiblement plus claire, pendant qu’une corniche d’un gris soutenu et rehaussé de quelques traits d’or raccorde cette tenture à un plafond simulant un ciel légèrement teinté (voir fig. 90). Nous voilà en présence d’une harmonie plus douce; rien ne tire l’œil; rien ne crie; rien ne détonne. Le regard, en se déplaçant de haut en bas, passe sans effort d’une surface à celle qui la suit. Du plafond au tapis et du sol au plafond il se promène sans rien rencontrer qui le heurte et le trouble.

Ce qui se produit dans l’œuvre du tapissier se reproduit dans celle du décorateur. Celui-ci, lorsqu’il est suffisamment expérimenté, choisit toujours dans sa composition un point de lumière ou un point d’ombre, et partant de ce point il établit, suivant les cas, une gradation ou une dégradation, une gamme ascendante ou descendante de couleurs et de tons, dont aucune zone discordante ne vient contrarier le développement harmonique.

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