‹ Les arts de l'ameublement; la décorationChapitre 89 sur 118 · LXXVIII. UN DES ÉLÉMENTS DONT IL FAUT LE PLUS · texte numérisé non relu

LXXVIII. UN DES ÉLÉMENTS DONT IL FAUT LE PLUS

TENIR COMPTE DANS LA DÉCORATION d’uN APPARTEMENT, c’est la DISTRIBUTION DU JOUR. LA LUMIÈRE, POUR PRO- DUIRE SON MAXIMUM d’eFFET, DOIT ÊTRE SACRIFIÉE SUR CERTAINS POINTS ET CONCENTRÉE SUR d’aUTRES.

Imaginez un tableau dans lequel une lumière complètement diffuse éclairerait tous les objets avec une intensité absolument égale. Un pareil tableau ne nous séduirait guère. Il semble qu’il manquerait d’intérêt et que sa contemplation ne laisserait pas que d’être fatigante. Aussi les ])eintres, qui savent cela mieux que personne, ont-ils recours au précieux artifice du clair-obscur, pour établir entre les différentes parties de leur composition une subordination indispensable. Par ce procédé ils empêclient que j’œil du spectateur ne se fatigue, sollicité qu’il serait sans cela, à la fois et d’une égale façon, par toutes les formes réunies sur une même toile.

Lorsqu’un artiste est chargé de la décoration et de l’a-

iiieublement d'une pièce, il doit se pénétrer de préoccupations identiques. S’il permettait à un jour intense de se ré- ])artir également partout, l’attention du visiteur, tiraillée en sens divers, par la forme et la couleur des meubles, des objets différents répartis dans la pièce, et des décorations (pii en garnissent les parois, ne sachant où se fixer, éprouverait bien rapidement une .pénible lassitude. Aussi, en réglant les prises de jour, quand cela est possible, ou, quand les baies ont été préalablement établies, en modérant la clarté qui pénètre dans la pièce, à l’aide de jeux de rideaux ou de stores, le décorateur habile parvient-il à concentrer l’éclairage sur certains points et à l’atténuer sur d’autres. De même, le soir, il obtient un résultat analogue par la façon dont il dispose et niasse ses lumières. A l’aide d’abat-jour, de réflecteurs et d’écrans, il augmente ou mitige leur éclat, et constitue ainsi une sorte de clair-obscur dont l’eflét est d’autant plus agréable que, par suite de contrastes inattendus, la valeur et rimportance des objets se trouvent souvent modifiées. De cette manière, et sans que la symétrie cesse d’exister, les analogies deviennent moins apparentes , et le caractère pittoresque de l’ameublement augmente.

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