TRANSFORMATION
d'un dessin au crayon gras sur papier autographique en une vignette typographique
Enfin, pour terminer la série des reproductions au crayon, il nous a paru utile de donner ici un exemple des vignettes typographiques que l'on pouvait obtenir en faisant reproduire par la zincographie un dessin exécuté au crayon lithographique sur papier autographique.
Si l'on considère surtout les reproductions obtenues par divers proc édés au point de vue de la qualité des noirs d'impression, il n'y a évidemment aucune comparaison à établir entre les lithographies tirées directement sur pierre et la transformation en cliché typographique d'un dessin exécuté au crayon gras sur un papier autographique, dessin qui aurait pu fournir une planche semblable à celle reproduisant cette fontaine qui a été tirée lithographiquement.
En comparant la lithographie directe et cette vignette, on verra que le grain donné par les frottis du crayon offre le même aspect dans les deux planches, mais que dans la première les gris ont conservé toute leur finesse, tandis que dans la seconde ils ont été rongés par la morsure. 11 en résulte que la seconde planche, — la vignette placée en regard de cette page, — offre un aspect quelque peu usé et que les noirs, bien qu'intenses, n'approchent pas des tons moelleux de la lithographie.
Mais, ces réserves faites, au point de vue de la rapidité et de l'économie du tirage, la transformation d'une lithographie en une vignette typographique est un des plus précieux avantages des procédés de reproduction. Grâce à eux, on a pu ainsi illustrer nombre de publications de charmantes reproductions des maîtres de la lithographie, dont les réductions, en faisant disparaître en grande partie les légers défauts signalés plus haut, ont accentué le fini des détails. Et, de plus, ces vignettes ont pu ainsi être mariées avec la partie typographique et ont pu être imprimées au moyen d'un seul tirage.
REPRODUCTION EN RELIEF D'APRES UN DESSIN AU CRAYON GRAS SUR PAPIER AUTOGRAPIIIQUE.
REPRODUCTIONS EN RELIEF
d'après des dessins exécutés a la plume, au crayon et au pinceau
En combinant la plume, le crayon et le pinceau, en y ajoutant les effets de grattoir, — si Ton emploie surtout les papiers lignés gris ou à grains spéciaux, — on augmente évidemment le nombre de ressources dont on dispose quant à l'exécution des originaux destinés à la reproduction.
Mais, cependant, il ne faut pas trop compter sur ces multiples ressources pour l'exécution de dessins dont la réduction a pour but, — nous l'avons déjà répété à satiété, — de simplifier la facture et de concentrer l'effet.
La succession de dessins qui sont groupés dans cette série fera valoir d'elle-même, aux yeux de tous, les avantages et les inconvénients des divers modes d'exécution, et les légendes, mises au bas de chaque vignette, préciseront encore, s'il est possible, les points sur lesquels nous avons voulu attirer l'attention du lecteur.
Le principal mérite du gillotage, — M. Motteroz l'a signalé il y a plusieurs années déjà dans le journal V Imprimerie,— a été d'avoir préparé les éléments de l'héliogravure en relief sur zinc. De Tautographie en relief, qui ne permettait d'obtenir que des dessins au trait, à Y héliogravure typographique, il y a en effet un grand chemin parcouru.
Lorsque M. Motteroz signale l'exaspération des dessina-
teurs, furieux de passer leur temps à faire des dessins au trait et ne voulant plus faire que du lavis, qui ne pouvait être gravé sur bois que par interprétation, il explique ainsi, fort naturellement, comment les héliograveurs ont été amenés à chercher des papiers pointillés, rayés, quadrillés, qui pussent être, pour la gravure par le gillotage, ce que l'interprétation est pour le lavis sur bois.
Ces papiers obtenus d'abord par une impression en noir, faite sur un zinc, sur un cuivre, ou sur une pierre portant le réseau adopté, puis creusés ou striés dans la pâte de la feuille à l'aide d'un relief quelconque, quelquefois imprimés en noir à la surface et criblés en même temps d'un travail plus ou moins microscopique en creux, ces papiers couchés, c'està-dire recouverts de blanc de Meudon, friable sous la plume et le canif, permettent certainement en théorie de compter sur les meilleurs résultats possibles. M. Motteroz a raison.
Mais si on peut reprocher, dans une certaine mesure, à réminent praticien, de manquer d'enthousiasme pour les nouveaux procédés, — en affirmant, ce qui est plus qu'excusable, que l'illustration véritablement artistique, en dehors de la taille-douce, de l'eau-forte et de l'héliogravure en creux, est encore l'illustration gravée sur bois, — on ne peut méconnaître la justesse des critiques des interprétations mécaniques qui souvent manquent de vigueur, ont un aspect mou, plat et triste.
C'est surtout de la reproduction par les procédés de gravure chimique que l'on peut répéter avec M. Motteroz : tradutor, traditore, le mot, hélas! a été souvent appliqué aussi à de nombreux graveurs d'interprétation.
REPRODUCTION EN RELIEF
d'un dessin a la plume et au crayon exécuté sur papier a gros grain.
Les procédés de reproduction permettent d'obtenir des clichés en relief d'après des dessins exécutés à la façon ordinaire, mais encore faut-il prendre quelques précautions que nous allons indiquer. Le dessin original reproduit ci-contre était, suivant les conditions ordinaires, plus grand d'un tiers que la vignette placée en regard de cette page. Il était exécuté, — sur un papier vergé à très gros grain, — à la plume, à la mine de plomb et au crayon gras, et avait été mené de la manière suivante. On avait d'abord esquissé le dessin à la plume; puis, l'ensemble ainsi posé, à l'aide de quelques touches de crayon posées bien à plat, on avait accentué les plans et pour ainsi dire atténué les trop vives oppositions de lumière ; puis ces touches ayant été posées au crayon gras, — ce qui s'est traduit par des grainés noirs assez intenses, — pour obtenir encore un ton intermédiaire entre les blancs et les vigueurs, on avait repris certaines parties à l'aide de hachures à la mine de plomb, qui ont donné un gris des plus fins, — mais sur le dessin seulement. A la reproduction, en effet, les points, les grainés des deux crayons sont venus presque avec la même intensité; les gris trop fins, — au collet du manteau, près de l'épaule, par exemple, — se sont dépouillés inégalement et n'ont donné que quelques points, tandis que les hachures à la plume, qui sur l'original avaient été presque dissimulées par ces touches de crayon, ont réapparu avec intensité, donnant ainsi une certaine sécheresse de modelé qui aurait été évitée si le travail avait été mené en ne comptant pas sur ces touches de crayon fort séduisantes, — sur l'original seulement, — et en précisant ou variant davantage les traits de plume.
d'après un dessin a la plume et au cravon