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LE RETABLE DE NARBONNE AU LOUVRE

en 1793, les temps étant funestes, l'orfèvre Blonnié en consomma la destruction. Le beau retable dit de Narbonne, au Musée du Louvre, peut seul donner une idée du beau style que pouvait avoir le monument de

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La Crucifixion, broderie italienne, \\ siècle (Ancienne collection de M. ilochon).

broderie de Chartres, tout resplendissanl d'or, de pierreries, de perles. Fort heureusement, on le trouve mentionné avec assez, de détails dans l'Inventaire du due deBerri, 1405, publié parGuiffrey] et quelques figures sont reproduites par Montfaucon dans les monuments de la monarchie

française (tome III).

146 LA BRODERIE EN ITALIE AU XVIe SIÈCLE

En J itiii. la corporation des marchands avait fait commencer pour le baptistère de Florence une série de broderies, demandée aux plus fameux artistes. En 1469, on chargeait Antonio Pollaiolo de continuer les cartons de la série, qui ne fut terminée qu'en I M". Vasari parle tout au long de ces travaux, et donne le nom de Paolo de Vérone, connue brodeur le plus laineux. Muni/, a cité les noms de plusieurs autres collaborateurs. Deux tableaux brodés de sujets de la vie de saint Jean-Baptiste conservés au baptistère de Florence, semblent faire partie de cette série.

Mêmes qualités picturales si' retrouvent dans un splendide devant d'autel de la cathédrale de Manresa, en Espagne, que .AI. Raffelle Erculei décrit ainsi : « C'est une peinture à l'aiguille-, plutôt qu'une broderie de soie el d'or, tant est grande la perfection du dessin, les nuances, et l'exécution. Une inscription en caractères du moyen âge nous donne le nom de l'auteur : Jeri Lapi racamator me fecil in Florencia ». Au centre. Jésus sur la croix, au-dessous la Vierge affaissée dans les bras des saintes .Maries : et le centurion, sur un cheval piaffant, regarde fixement le Christ qui expire. On croirait avoir sous les yeux une œuvre florentine d'un grand maître : aii'. lumière, sens du raccourci, tout s'y trouve. Sur les côtés du tableau principal seize petits médaillons racontent la légende chrétienne, depuis le mariai;!' de la Vierge jusqu'à l'apparition de Jésus aux Apôtres. Ces seize petites merveilles semblent être de l'inspiration de fra Beato Angelico.

Au xvie siècle, l'influence de l'Italie dans l'art de broderie, comme dans toutes les autres branches artistiques, était devenue prédominante. L'exécution du travail était arrivée en Italie, au plus haut point de perfection. On ne se contente plus des teintes plates, on cherche à réaliser dans les figures un modelé qui rivalise avec celui des peintures, on augmente le dégradé des nuances ; on exagère même, en surajoutant souvent au pinceau des retouches d'uu goùl discutable.

Les Vénitiens, qui étaient de si habiles verriers, imaginèrent de broder en perles de verre coloré, ce qui n'était pas des plus heureux. Le Kensinglon .Muséum possède des échantillons de ce genre. Si les perles, distribuées en très petite quantité, et reparties ingénieusement, peinent parlois l'aire assez bon filet, utilisées ainsi elles sont d'un effet regrettable. Leur poids alourdit l'élofle, el les moindres accidents rompant les lils. en faisant disparaître les perles, créent des vides fâcheux.

Le Kensington muséum possède une oeuvre de broderie italienne du xvi" siècle tout à fait charmante C'esl un coffret qui représente les occu-

Décollation do saint Jean, broderie italienne, xv' siècle earlon attribué ■* Pollaiolo (( »pera de] Duomo à Florence)

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