J8 I.F.S MOTIFS DECORATIFS DES TISSUS BYZANTINS
ils étaient coûteux. et devaient être peu commodes; on dut se servir de tissus plus légers, plus souples, analogues à celui qu'on a retrouvé entre les feuillets du manuscrit de Théodulfe, au Puy-en-Velay.
Aslerius. évêque d'Amasée à la lin du iv° siècle, parlait déjà de l'extraordinaire habileté des artisans « qui rivalisant avec la peinture, savaient rendre dans les étoffes, par la combinaison de la chaîne et de la trame, les figures de tous les animaux ». Ce qui scandalisait le pieux évèque, c'était de voir retracées sur les étoiles des scènes du Nouveau Testament . Il s'indignait contre ces gens frivoles et orgueilleux qui portent l'Evangile su:- leurs manteaux, au lieu de le porter dans leurs cœurs. — De son côté, Paul le Silentiaire, dans sa description en vers de la basilique de Sainte-Sophie, ne laisse aucun doute sur l'emploi du tissage dans lareprésentation des ligures sur les tentures de l'autel, ornementation qui « n'était pas produite à l'aide de l'aiguille introduite à travers le tissu par des mains laborieuses broderie), mais par la navette, changeant par moments la couleur et la grosseur des lils que fournit la fourmi barbare (c'est le ver à soie' ».
S'il est fort possible que les Grecs, dès une époque ancienne, sous Yalens et Valenlinien au iv' siècle, recevant îles soies brutes de l'Extrême Orient, aient été déjà bien outillés pour les ouvrer concurrence ilonl n'avaient pas tardé' à souffrir les tisseurs de Tyr, de Sidon, d'Antioche, les empereurs avant établi des ateliers privilégiés à leur cour,, il est du moins certain nous le savons par Procope), que ce fut sous Justinien. au vi' siècle, que Constantinople appril le secret de l'élevage du ver à soie, de deux religieux, moines ou bonzes, qui apportèrent de Serinda Kholani des graines de mûriers dans des bâtons creux, des bambous. L'industrie du tissage de la soie \ demeura très prospère jusqu'à la prise de la ville, m 1:2(1 't. par les Croisés, et il est évident que de l'énorme butin de tissus de soie dont ils prirent leur part, les Vénitiens tirèrent un très utile profit pour leurs fabriques. Malgré les malheurs des temps, les empereurs grecs retirés à Nicée continuèrent à entretenir la fabrication des tissus de soie dans leur empire si diminué. Si bien que Michel Paléologue, rentréà Constantinople, put regarnir Sainte-Sophie des rideaux et des étoffes précieuses dont la basilique avaitété dépouillée par les Croisés. Cherchons mainlenanl quels genres de représentations, quels motifs décoratifs les Byzantins adoptèrent plus particulièrement dans la décoration de leurs tissus II est très surprenant qu'on ne retrouve qu'exceptionnellemenl dans la décoration des tissus ces principes essentiels et ces