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LES TENTURES DU MUSEE DE NANCY

des recherches nouvelles relatifs à la cathédrale de Lausanne, nous ont du moins révélé que ces belles tentures lui ont appartenu, et que certaines d'entre elles, telles que la tapisserie des trois rois et la suite de Trajan. avaient été données à la cathédrale par un de ses évèques, Georges de Saluées, qui occupa le siège épiscopal jusqu'en 1462. Il est vrai qu'elles ne figurent ni à l'inventaire de 1441, ni à celui de 1535, et qu'ainsi nous n'en avons aucune mention précise. Mais s'il est exact que l'évêque les donna au cours de son épiscopat, elles peuvent être ainsi d'une date légèrement antérieure à celle que nous leur supposions. Ce qui est certain, c'est qu'au moment des guerres de religion, quand les commissaires bernois, le 15 février 1537, mirent les chanoines de la cathédrale de Lausanne dans l'obligation d'embrasser la nouvelle religion, il exigèrent qu'on leur livrât tout ce que possédait la cathédrale, et c'est ainsi que tout le trésor fut empilé dans des tonneaux et emmené à Berne sur dix-huit chars.

Quoi qu'il en soit, toutes ces belles tentures de Berne sont bien indiscutablement flamandes, et du milieu du xvc siècle. Ajoutons que le même musée possède des tapis ne portant que la devise et les armes du dernier duc de Bourgogne sur lesquels aucun doute n'est possible. D'autres pièces tout à l'ait analogues, et peut-être d'un aspect plus riche encore, se trouvent au musée de Fribourg (Suisse).

Au Musée archéologique lorrain de Nancy, se trouvent conservées sept tapisseries de la lin du XVe siècle du temps de Louis XL qu'on montre avec orgueil comme des trophées rapportés par les Lorrains du camp du Téméraire, qui fut tué sous les murs de leur capitale le 5 janvier 1477. tradition qu'on ne saurait accepter qu'avec de grandes réserves. Elles forment deux séries bien distinctes :

La 1" série qui axait quatre pièces, n'en a plus que deux à sujets tirés de l'histoire d'Assuérus el de Vasthi, sa première femme (n° 1145 du catalogue), où le style des figures est si remarquable qu'un grand artiste des Flandres semble seul avoir pu eu fournir les cartons; la première pièce représente \ asthi désobéissant aux ordres du Boi, que lui transmettent les eunuques dans une altitude respectueuse. La légende dit : « (Vasthi) quand \ oit renuncier — disant que estoit empeschiée — qu'avec les lames manger -- voloit, leu lu répudiée », puis un fragment : « le liourl où la

vigne se... et les cr;i|qies » Esther, cil. I, verset 22 .

La deuxième pièce représente Assuérus assis sur son trône. Devant

LA TENTURE D ESTHER ET I) ASSL'ERUS

lui L'eunuque Mamucha donne son avis: plus lias les seigneurs et le greffier écrivent sous la dictée du Roi. Légende fragmentaire « Toutes famés

sus tous eâges — obéissent à leurs maris » [Esther, ch i. versel 12). Cette tenture, faite de laines el de suies, esl de grain assez gros, el offre comme tons dominants le rouge et le jaune Les noms des personnages sonl écrits sur leurs vêtements en gothiques; ce qui esl devenu très habitue] dans la deuxième moitié du \\' siècle. Il esl bon de rappeler

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