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LA SUITE DE LA CATHEDRALE DE BEAUVAIS

Le même archevêque de Lénoncour.t avait aussi donné en 1331 à la basilique de Saint-Remi une suite de 10 pièces de la Vie de saint Rémi, chacune divisée en î compartiments, peut-être d'une beauté d'inspiration encore plus absolue que la suite de la cathédrale, et d'une couleur suave dans ses harmonies roses.

Bien française aussi est la série des 9 pièces de l'Histoire de Saint- Etienne qui avait été donnée à L'église Saint-Etienne d'Auxerre par l'évêque Jean Baillet en 1502, et qui. du musée du Louvre, est entrée au musée de Cluny. Chaque pièce, en deux compartiments, y raconte la vie du premier martyr chrétien et la découverte de son corps, d'après la Légende durée. Bien qu'on ait attribué longtemps cette tenture aux ateliers d'Arras, nous savons maintenant à quoi nous en tenir.

L'église de Monlpezat (Tarn-et-Garonne) possède une suite de tapisseries qui avait été donnée à la cathédrale de Montauban, par un de ses évoques, au commencement du xvi' siècle.

La cathédrale de Beauvais possède ïj tentures représentant 10 des principaux rois primitifs de la Gaule, tels que nous les a transmis la tradition fantaisiste d'Annius de Viterbe en 1 198, complétée par les Illustralions île Gaule et singularités de Tnti/es de Jean le Maire, imprimées entre 1509 et 1512. Les noms de ces rois sont inscrits dans les •"> tapisseries: Samotliès. Jupiter Celte. Hercule de Lvbie, Galathés, Lugdus, Belgius, Jasius. Paris, Beinus et Francus. La date de 1530 est tissée dans une de ces tapisseries, et n'y serait-elle pas. que dans la tapisserie du roi Belgius est représentée la cathédrale de Beauvais en l'état où elle se trouvait en 1530; un autre intérêt est île voir représentés dans la tenture des rois Renius et Francus les édifices de Reims, de même que Notre-Dame de Paris ligure dans la tenture du roi Paris. Les costumes des personnages permettent d'ailleurs bien de les dater à peu près exactement du règne de François Ier.

lue pièce historique île la même époque, des collections du baron Arthur Schickler, nous a conservé le portrait pour ainsi dire authentique de Charles \ III. Cette image infiniment précieuse, où le roi est représenté achevai, l'épée haute, porte l'inscription. « Carolus, invicti Ludovici lilius. ollim Parthenopem domuit, saliens, sicul Annibal, Alpes ». Au bas, entre les pieds du cheval, l'animal symbolique de François Ier, la salamandre, avec la légende « vivifico extinguo ». La pièce est encadrée d'une bordure charmante où des ornements losanges séparenl des amours, avec la devise répétée « inquire pacem »

LES rENTURES DE I. ILIADE ET DE LA PUISE DE TROYES

Au Musée du Louvre se trouve une charmante tapisserie française de celte époque, grande irise de 8 mètres de long sur 3 mètres de hauteur, qui y entra sous la Restauration avec la collection Revoil ; c'est la Légende de saint Quentin. Les épisodes de l'histoire du larron sauvé par l'intervention miraculeuse du sain! s'y succèdent, encadrés d'une élégante bordure de pampres.

Un sujet qui se prêta alors remarquablement à l'imagination de nos tapissiers, ce fut ['Iliade et la prise de Troyes. Jubinal a publié 2 pièces avec ces sujets : l'une, Achille armé chevalier aurait été trouvée dans un château du Dauphiné ayant appartenu au chevalier Bavard, l'autre représentait les héros Hector, Ajax. Diomède se livrant des combats acharnés, alors qu'un centaure se préparait, l'arc en main, à lancer sa flèche ; après avoir appartenu à la famille de Besse, elle décorait la grande salle du tribunal d'Issoire. — Une autre suite de scènes de l'Iliade, en 9 pièces, provenant du château de Varennes, se trouvait aussi au tribunal de Montereau — 3 tentures de mêmes sujets faisaient partie des collections du prince Schouvalofi, d'autres à la cathédrale de Zamora, au château de Sully, et au musée de Kensington. Ce qui double le grand intérêt de cette suite de tenture de la Prise de Troie, c'est l'existence des dessins qui furent la préparation des cartons de ces tapisseries, possédés par le musée du Louvre, et publiés par M. Jean Guiffrey, qui a pu en localiser l'origine à Soissons et à Laon.

Le Musée des Antiquités de la ville de Rouen possède une tapisserie du plus rare intérêt, admirée au Petit-Palais en 1900. Elle représente trois cerfs ailés. L'un étendu dans un enclos, où il soutient de ses deux jambes un étendard sur lequel est figuré saint Georges combattant le dragon. Autour de la hampe est enroulée une banderole portant des vers de Set

'.I pieds :

< lest estendart est une enseigne Qui a liii.it français enseigne L)o jamais ne la bandonner S il ne veut son honneur donner.

< le ceci esl accosté de deux autres cerfs debout, une jambe à demi engagée dans l'enclos, et avant à l'encolure une couronne a laquelle est suspendu un écu aux lis de France. Une banderole se déroule autour de leur lé te, portant pour le cerf à gauche du spectateur l'inscription :

Armes porte très glorieuses Et surtout \ ictorieuses.

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