LES ATELIERS DE LA MARCHE FELLETIN ET AUBUSSON
Il y eut là un centre d'activité que nous ne saurions passer sous silence. L'existence des fabriques de la Marche est officiellement constatée dans un édit portant la date du 10 avril 1542. On sait qu'elles ('[aient en activité au début «lu xvi' siècle, mais ou ignore à quel moment elles commencèrent à travailler. Le premier document où il en est question est l'inventaire des biens de Charlotte d'Albret, duchesse de Valentinois, veuve de César Borgia, moite en 1514; on y trouve, énumérées plus de 60 pièces de Felletin « à décor de verdure, de feuillaige, H bestes », c'est-à-dire toutes de la famille îles verdures. Comme il ne s'y trouve aucune mention d'Aubusson, devons-nous croire que Felletin l'avait devancé dans cette industrie"? il semble, d'après les textes, que la fabrication y était demandée aux métiers de la basse lisse travaillant à la pédale, mais on ne connaît aucun spécimen certain de cette fabrication marchoise antérieur au xvie siècle, et d'ailleurs elle n'avait pas le monopole de ce décor à verdure, d'un usage courant à cette époque.
Il ne sera question d'Aubusson que plus tard encore. Malgré les recherches entreprises, l'obscurité des origines de cette fabrique célèbre n'a pas été dissipée. Il n'est pas douteux d'ailleurs que les guerres de religion n'aient causé un bien grand dommage aux artisans de la Marche, comme à tous ceux des autres provinces. De plus, les chefs d'industrie travaillaient à l'écart, loin de la Cour, à leurs risques et périls, et leurs livres, s'ils en ont tenu, ont péri depuis longtemps.
M. C. Pérathon a tout l'ait pour faire connaître le développement de l'industrie de la haute lisse dans la .Marche; il a publié un certain nombre de noms de tapissiers, ainsi que les contrats passés avec eux. Et cependant nous ne sommes pas beaucoup plus avancés pour cela. Le Ira-