LSS DIFFÉRENTS TYPES DE TAPIS ORIENTAUX
lion Jeuniette, collection privée de Francfort, el musée des Arts décoratifs.) Le décor est tonné de grands rinceaux très flexibles, terminés par des têtes de lions ou d'animaux fantastiques. Il y a là quelque chose d'analogue à ce que nous voyons sur certains cuivres incrustés, où les hampes des caractères d'inscriptions se fleurissenl de tètes humaines, comme dans un jeu de jonchet.
Tout en faisant la pari de l'interprétai ion que les anciens peintres Italiens faisaient des choses qui les inspiraient, il n'est pas douteux que les lapis qu'ils représentaient devaient être d'un dessin sommaire et fruste. D'où venaient-ils ? Sans doute des régions de l'Asie antérieure qui n'étaient pas trop éloignées de la mer. Ces grands tapis étaient trop lourds, el leur valeur marchande était trop minime pour justifier de coûteux et longs transports parterre. Marco Polo, en parlant de cette industrie en Asie Mineure, dans l'empire des Seldjouks, désigne les Arméniens el les Grecs comme les artisans de ces beaux tapis.
Ainsi que l'a proposé récemment M. Strygowski, il semble qu'on pourrait classer les tapis en trois grandes familles :
1" Les décors géométriques, qui dérivent des nomades de l'Asie centrale, plutôt des tribus turques que des Mongols.
2' Les décors k'figures, qui se ressentent d'influences chinoises.
3" Les décors floraux, où se retrouve surtout la tradition perse-hellénistique.
M. Martin considère comme les plus anciens, les tapis de l'époque des Mongols (1238-1 3 G 1 ' ) • 11 aurait pu noter que les scènes de combats d'animaux se retrouvent déjà sur la façade de Mschatta en Palestine. (Musée Friedrich à Berlin.)
Tapisà sujets de chasses oicde combats d'animaux. — Un groupe vraiment important, assez homogène, et qui marque pour l'industrie des tapis orientaux le point où s'est manifesté au plus haut degré le génie décoratif des artistes persans, est celui des tapis de chasses ou de combats d'animaux; il nous a paru intéressant, pour bien démontrer la force persistante d'influences anciennes, de rapprocher un tissu de soie byzantin et un tapis persan du xvie siècle, où ce même décor presque identique se répète. Ils -nul parfois tissés de soie, de fils d'or el d'argent, le plus souvent de laines très fines el 1res brillantes mêlées de soies, et ces derniers ne sonl pas 1rs moins beaux par la puissance décorative. Ces tapis étaient œuvres infiniment estimées à l'époque où on 1rs exécuta, car beaucoup