CHAPITRE XVII LES TAPIS DE PIED EN FRANGE
Jl semble bien que l'industrie îles lapis de pied nous est venue, comme tant d'autres, de l'Orient, sans qu'il nous soit possible de connaître des spécimens extrêmement anciens de cette fabrication orientale, ainsi que nous venons de le voir.
Et il semble bien que ces tapissiers sarrasiuois dont nous avons constaté la mention dans le livre des métiers d'Etienne Boileau, prévôl des marchands de Paris sous le règne de saint Louis, y fabriquaient îles tapis de haute laine analogues à ceux de l'Orient, et en auraient recueilli les traditions laissées par ces Sarrasins qu'écrasa Charles Martel. Cela il déjà l'avis de ce tapissier du xvuc siècle, Pierre Dupont, dans cette curieuse plaquette de 1032, La stromatounjie. dont Darcel écrivit la préface pour une nouvelle édition.
De cette industrie du lapis au haut moyen âge nous n'avons rien recueilli, si ce n'est les pièces du Trésor d'Halberstadt, étudiées cidessus, qu'on a prises longtemps pour des tapisseries, el qui indiquent assez qu'à celle é|>oque ancienne les procédés étaient bien connus pour faire des tapis veloutés.
Manufacture de la Savonnerie. — 11 est donc excessif d'attribuer à ce Pierre Dupont, fondateur de la manufacture de la Savonnerie, sous les auspices du roi Henri IV, l'honneur d'avoir sinon inventé, du moins réappliqué dans notre pays les traditions de cette fabrication. Ses innovations semblent avoir surtout consisté à substituer au dessin à-plal des orientaux, à leurs ornements géométriques ou à leurs représentations décoratives ligurées, l'imitation du relief et ia disposition en guirlandes, en bouquets et en mascarons, qui étaient alors les grands éléments de I ail