‹ Les arts du tissuChapitre 255 sur 280 · POINT A I. AIGUILLE L.T POINT AU FUSEAU · texte numérisé non relu

POINT A I. AIGUILLE L.T POINT AU FUSEAU

certains fils, et en ne conservant que ceux qui devaienl relier el soutenu' les différentes parties du dessin brodé; -- on broda aussi sur une toile

claire. « un ijiiinf//i » du nom de la petite cité breti ou ce travail se

faisait. Puis on élargit de plus en plus les inailles de ces tuiles claires. jusqu'à en faire un vrai lilel. (.'/est ce qu'on appelle le « lacis » : on remplissait ensuite certaines mailles, suivanl le décor qu'on devait exécuter, au poinl de reprise ou de marque, et l'on obtenait le « filet brodé ».

Tous les documents antérieurs à la deuxième moitié du xvi° siècle, livres de patrons, gravures, portraits et miniatures, nous prouvent que, seules alors, ces broderies claires étaient connues. Le moyen de diffusion qui, jusque-là avait été employé, devenait insuffisant. Les répétitions faites à la plume sur parchemin, ou échantillonnées à l'aiguille sur îles morceaux de toile, ne pouvaient se répéter à l'infini. L'invention de la gravure allait être d'un grand secours aux brodeurs.

L'idée île reproduire le dessin de broderies à fond clair, semble avoir été d'abord exploitée par Pierre Quinty, de Cologne, qui lil paraître en 1527 son « livre nouveau, subtil, touchant l'ail et science tanl de brouderie, Ironssure, tapisseries, comme autres métiers qu'on fait à L'aiguille ». 11 ne contenail que des dessins île broderies, et pas de dentelles.

Mais, ii mesure que de nouveaux livres de patrons apparaissent en France, en Italie el ailleurs, on voil la transition de la broderie en clair à la dentelle se faire peu à peu. son apparition n'étant pas antérieure au milieu du xvie siècle. On voil apparaître des « bordures à dents » plus ou moins hardiment découpées, indépendantes ilu support initial : nous avons ainsi le « passement dentelé » (et c'est peut-être là l'origine du terme de dentelle dans lequel le travail se fait en quelque sorti' en l'air, sans avoir recours au supporl île toile ou île lacis.

Lue mode nouvelle, venue d'Italie, celle îles rois en toile tuyautée, qu'on appelait « fraise », motiva remploi considérable 'les dentelles pour les border lin même temps apparaissaienl les enlre-ileux dans les robes cl dans les pourpoints.

Les premiers livres de patrons où se rencontrenl les dessins de ce genre sont italiens, notamment : Opéra nuova che inviqua aile donne a cuscire, par Tagliente (G. A '). Venise 1527.

Puis, à la même époque, les livres de modèles de Vavassore, el celui de Francisque Pélegrin, qui obtient un privilège de François I*' el vienl >e faire imprimer en France. Mais il esl bon d'affirmer une fois de plus,

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après Séguin, que tous ces modèles sont de broderie, ou de pourtraiclure, c'est-à-dire de décoration assez généralisée.

Plus fard un certain Frédéric Vinciolo, que Catherine de Médicis avail l'ait venir d'Italie pour faire ses fraises ou collerettes godronnées, devait réunir ses dessins el patrons dans un recueil qui est le plus complei qui suit connu, el qui porte la date de 1387.

Ainsi, les premiers livres de patrons étaient bien sortis de Venise. qui semble avoir été la source première de ce travail délicat . el qui, pendanl longtemps, demeura le principal centre de production. C'est aussi dans l'œuvre d'un maître de Venise que nous voyons apparaître pour la première lois, la dentelle, dans un portrait de femme de Carpacio, peint dans les premières années du xvf siècle, el qui se trouve au musée de l'Académie, à Venise. Il semble donc bien avéré que ce furent les Italiens les inventeurs du point à l'aiguille, dont ils avaient trouvé les éléments constitutifs dans les broderies orientales, et que c'est à l'art du brodeur qu'ils avaient emprunté le point de boutonnière, ou point noué.

C'est une étude attacbante de suivre le développement de cet ail de la dentelle, d'après les costumes, depuis le xvi8 siècle jusqu'à uos jours1. Il esl intéressant alors de constater que ce n'est pas le costume île la femme, niais le costume île l'homme qui détermina le grand mouvement artistique de la dentelle. C'est en effel les costumes de cour îles seigneurs, les aubes et les rocbels îles prélats, qui nécessitèrent alors l'emploi considérable des dentelles. Sous Henri l\ et Louis \lll ou lit même de la dentelle un usage qui tourna presque à l'abus. Il \ eut alors des Kilits rovaux resl ricl ils

Dans l'ameublement, on se servil aussi île la dentelle pour orner les rideaux de lils. les courtines, les baldaquins, on en nul même dans la garniture «les carrosses.

Dès la lin ilu règne de Louis XIII, la dentelle était devenue un procéda franchement séparé île la broderie. Partout des centres actifs de production s'organisaient, pour celle industrie nouvelle. 1) ailleurs le jeune roi île France allait en déterminer le développemenl dune extraordinaire façon, el sous sou règne vont apparaître tous les procédés île dentelle dont la fortune lui si grande jusqu'à nos jours. Le point île

ulter G. Duptessisdans uw série d'études. Indications sommaires sur les documents

ii artistes indu trii - .lins le département des Estampes de la Bibliothèque Nationale, I rs. l'évriei el mai - is^7 pour 'a dentelle .

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