CHAPITRE II LA DENTELLE AUX FUSEAUX
Ateliers de Valenciennes, de Malines, de Chantilly. — L 'application.
C'est un tissu formé en croisant et en tressant des lils enroulés d'un bout sur des fuseaux, et lixés de l'autre bout par îles épingles sur un coussin, appelé carreau ou oreiller, sorti- de boite carrée rembourrée intérieurement. In cylindre, rembourré lui aussi, tourne sur un axe dans une ouverture ménagée au centre du carreau : sur ce cylindre est fixé un parchemin piqué de trous d'épingles, qui suivent le dessin du modèle à reproduire. Les épingles fichées dans les trous, au fur el à mesure de l'avancement du travail, servent de jalon et maintiennent le point.
On a beaucoup discuté si la dentelle aux fuseaux avail une origine plus ancienne que la dentelle à l'aiguille : c'est, peu probable, car on les voit Imites deux se développer parallèlement
La Flandre prétendait à L'honneur d'avoir trouvé la dentelle aux fuseaux. Mais aucune preuve n'est venue confirmer absolument la chose, et Séguin le conteste même, en ce qu'aucun livre de patrons publié en Belgique ne donne île dessins pour dentelles aux fuseaux : il en fait même revenir l'honneur de l'invention aux Italiens, et s appuie pour cela sur un recueil précieux de dessins gravés pour dentelles au fuseau, le Pompe imprimé à Venise en 1557, et qui donne la plus ancienne date certaine de l'apparition de ce type, lin 1598, paraissaient à Montbéliard les premiers modèles pour le fuseau publiés par Soillet. A celtedale.il ne paraîl pas qu'on songeai déjà a la dentelle en Flandre, du moins industriellement, car il semble bien, d'après un splendide napperon récemment acheté par le musée de Bruxelles, qu'on \ lit de rares œuvres de dentelle dès le dernier quarl du \\i" siècle. I ne lionne indication est
Dentelle au fuseau, point de Bruxelles, offert aux archiducs Alberl et Isabelle en 1599 (Musée du Parc du Cinquantenaire à Bruxelles).