SO LES SUJETS DES TISSUS PERSANS
la fleur de pêcher. Ce qui est alors remarquable, et ce qui fait de ce moment l'un des plus rares de l'art oriental, c'est la simplicité avec laquelle le dessin est exprimé, c'est une merveille d'abréviation décorative. Les longues tiges décrivent d'harmonieuses arabesques, les étoiles seront de grands jardins, où poussera librement celle flore touffue, au milieu de laquelle l'homme va de nouveau apparaître, non plus héroïque, mais familier, et mêlé aux choses de la nature. 11 semble vraiment que le rêve de l'Inde, ce grand amour de l'homme pour la nature, est parvenu jusqu'aux plateaux de l'Iran, pour rafraîchir une inspiration épuisée par tant de siècles d'art hiératique.
Au point de vue technique, les deux procédés que la Perse musulmane employa concurremment, et par lesquels elle produisit de merveilleuses oeuvres, sont/a soie tissée et le velours coupé. Aux belles époques, du xve au xvf siècle, elle produisit ainsi des tissus splendides, animés de personnages, au milieu d'une flore luxuriante. Tous les auteurs du temps sont unanimes à vanter Kaschan, réputé pour ses tapis tissés d'or, ses brocarts, ses velours ses taffetas. Sa fondation remontait à Zobeida, femme d Haroun er Baschid.
Le n lue de I issus qui nous ont été conservés, de ce genre et de
celle origine, est considérable, et il ne peut être question d'en dresser la liste Les musées d'art industriel en possèdent des collections infiniment riches, et l'album que .M. .Martin leur a consacré renferme de nombreuses et excellentes illustrations qui en facilitent singulièrement la connaissance. Jamais le charme et la grâce ne se sont plus librement épanouis que dans ces compositions exquises, où quelques aspects du monde de l'Islam nous apparaissent. Ce sont comme des illustrations de contes des Mille cl une Xinis. où nous voyons le poète dire des vers à la bien-aimée ; ou bien ce personnage légendaire, sorte d'Orphée persan, demander celle qu'il a perdue aux échos des jardins. Nous voyons le chef ;is>h nous les arbres, tendanl le gobelet à l'échanson qui lui verse à boire. Puis les scènes de chasse ou de guerre réapparaissent, avec cesgalops île cavaliers poursuivant le guépard ou le lion, lançant la biche ou le lièvre, mais traités avec plus de vérité que chez les Sassanides, avec cette grâce élégante et Une, ce style distingué et noble qui caractérisent I ail de Mossoul ou dlspahau musée de Kensinglon, Maison impériale d'Autriche). - - Des personnages sont perdus au milieu des fleurs [Musée (loi ici-. Musée de Dùsscldorf, Musée des Tissus île Lyon). - Un beau brocart interprète le conte célèbre du porte Meimoun et de