LES TISSUS DU HAUT MOYEN AGE
vénéré. Kl c'esl ainsi que se cristallisenl des attributions archéologiques qui défient les siècles.
Une autre grande difficulté, dans le classement des tissus du moyen âge, c'esl de préciser leur origine de fabrication. Pour ce qui est des tissus de suie en particulier, leur origine remonte fort loin, puisqu'on en retrouva des fragments en hgypte, dans les tombeaux de la dix-huitième dynastie. Leur décoration brochée a laissé supposer qu'ils pouvaient provenir de Chine, mais il n'est pas douteux que cette industrie textile fut pratiquée dans l'Asie Occidentale avec des soies importées brutes de l'Extrême-Orient, ou même, comme l'a noté Pline, avec des soies défaites de tissus chinois, qui étaient retissées en Syrie, jusqu'au jour où Justinien, au vf siècle, affranchit les Byzantins de cette dépendance, par l'introduction îles vers à suie dans l'Empire' grec.
Pour nous diriger en tâtonnant parmi la foule des tissus anonymes, nous aurons bien quelques points fixes auxquels nous pourrons nous rallier. D'abord les tissus à inscriptions, quelques-uns, très rares, portant îles noms de possesseurs, quelques autres portant des dates. Nous aurons aussi parfois îles représentations de personnages ou des scènes animées qui, par la nature îles costumes et des types, nous fourniront des indications sérieuses -- Quand nous aurons affaire à «les tissus de représentalions symboliques ou purement décoratives, la difficulté sera plus grande, les inventions décoratives de l'Occident ayant pris alors principalement leur source en Orient, comme M. Strygowski a beaucoup contribué à l'établir dans son beau travail Orient oder Rom. De toutes ces civilisations, chaldéenne, phénicienne, assyrienne, qui naquirent, s'épanouirent et s'éteignirent sur le vieux sol de l'Asie, des germes étaient restés, ainsi que tout un ensemble de traditions artistiques dont les nouveaux venus étaient les dépositaires inconscients. Le génie propre à chaque race y apportait son caractère particulier, mais, par delà les manifestations momentanées, se retrouve le fonds permanent d'une série d'inventions, de formes et d'idées qui, dans le domaine décoratif, avaient du premier coup, et dès leur origine lointaine, trouvé leur mode d'expression la plus forte et la plus complète, et dont la force insinuante, à travers les transmissions successives, avait su pénétrer peu à peu nos ails occidentaux. Dans ces phénomènes complexes de pénétration artistique, les lissus de nature portative ont été des agents de transmission que les ouvriers d'Europe se sont repassés de mains en mains. dont ils ont même souvent subi l'influence inconsciemment, par le fait