CHAPITRE VIII TISSUS FRANÇAIS
Première installation d'ateliers lyonnais. — L'industrie de la soie protégée par le Roi à Tours. — La sériciculture sons Henri IV. — L'influence italienne ne prévaut plus sous Louis XIV. — La grande industrie de la soie à Lyon.
L'auteur de la Vie de Castruccio, duc de Lacques, qu'a publiée Muratori, narrant la dispersion dos ateliers lucquois dans toute l'Italie ajjrès J.es truuliles de KUi, laisse entendre que certains auraient apporté cette industrie en France.
Quelques textes publiés par Francisque Michel feraient supposer que cette industrie y était pratiquée bien avant cette date, et peut-être dësje, xnc siècle. Ses citations sont tirées du roman de Perceval, du chevalier au lion, du roman de Berthc aux grands pieds. Ce sont là des textes poétiques, par conséquent un peu vagues: mais un texte plus précis, un compte, ne nous permet pas de douter qu'à la fin du xmc siècle et sûrement au début du xiv% des ateliers fabriquaient à Paris des draps ou étoiles de soie, des draps d'or, et même des velours. C'est un compte' de (îeotlroi de Fleuri, dressé en 13 IG, et un extrait des Registres des mestiers et marchandises de la ville de Paris. Mais il est certain que celte fabrication ne devait pas être ('tendue, la soie étant à cette époque encore très rare en France.
11 faut arriver au règne de Louis XI, si l'on veut avoir des documents ('tendus sur l'histoire des étoffes de soie fabriquées en France. Des lettres patentes datées d'Orléans, le 2o novembre 1466, nous indiquent l'introduction ii Lyon des métiers de draps d'or et de soie, ce qui n'empêche pas le Roi de ruiner lui-même l'industrie qu'il vient d'y créer, en faisant transporter, quatre ans plus lard, les ouvriers en soie avec leurs métiers dans sa lionne ville de Tours. La fabrique lyonnaise, privée de la protection royale, y gagna du moins une complète indépendance. Dans une ordon-