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LA SERICICULTURE EN FRANCE

saurait trop répéter que tous les travaux s'exécutaient dans ces ateliers sous l'inspiration et la direction d'ouvriers italiens.

Parallèlement à la fabrication des étoiles de soie, la prospérité de la sériciculture était assurée par les soins de Henri IV, secondé par deux hommes d'une haute initiative, Olivier de Serres et Laffemas. Olivier de Serres, qu'on avait appelé le Père de l'agriculture, s'était entre autres chiiscs attaché à l'exploitation du mûrier; sur son ordre, on en planta partout. Au seul jardin des Tuileries, il n'y en avait pas moins de 15.0U0 pieds. L'autre collaborateur d'Henri IV, Laffemas, est une ligure assez curieuse. De petite noblesse protestante, il avait été obligé de prendre un métier pour vivre et avait choisi celui de tailleur d'habits. 11 avait eu ainsi le Béarnais pour client. Le Poi se rattacha comme valet de chambre. Tout en occupant cette charge. Laffemas se livrait au commerce, spécialement à celui des tissus précieux, dans lequel il amassa une fortune énorme. Il s'attacha plus tard à la culture du mûrier et à l'élevage du ver à soie, et grâce à ses efforts, secondés par le Poi, il parvenait à doter la Fiance de la matière première et à la libérer de la dépendance étrangère.

En 160a, un Lyonnais, maître ouvrier, Dangon, inventait son métier à la grande tire, qui permet de porter à 2. 400 le nombre de cordes utilisables1; c'est sur ces métiers que furent fabriquées les étoffes compliquées qu'on tissa sous Louis XIII. Jusqu'à Louis XIV, les productions de soieries françaises étaient surtout des productions de prix moyen, les tissus de grand luxe demeurant la spécialité de l'Italie. Mais en France, le goût des tissus de soie s'était généralisé. Ils tendaient à entrer dans les goûts de la bourgeoisie, pourvu que les prix en fussent moins élevés. C'est à ce résultat qu'on arriva, avec les étoiles à petits dessins, alors que l'Italie continuait à fabriquer des étoiles à grands dessins et à prix élevés.

Si la France, jusqu'au début du xviT siècle, subit incontestablement l'influence italienne dans l'art du tissu de soie, il n'en fut pas de même du jour où Colbert organisa le travail et imprima aux affaires une impulsion qui allait faire le monde entier tributaire de la France. ■ — Le Brun lut chargé par lui de coordonner tous les travaux artistiques, et de créer cette unité de style qui lit de l'art du siècle de Louis XIV un moment unique de 1 arl français. Pour ce qui est des étoiles, jamais elles ne lurent d'un plus resplendissant éclat.

Tous les détails de l'industrie lyonnaise ont été donnés par R. Cox, l'excellent conserva* leur du musée des I issus à Lyon.

Velours. Époque de Louis XIII (Musée des Arts DécoraUfs .

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