‹ Les arts du tissuChapitre 91 sur 280 · CHAPITRE IV BRODERIES ANGLAISES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV BRODERIES ANGLAISES

OPUS ANGLICUM

Rapprochement des plus anciennes avec les miniatures de manuscrits anglo-saxons. — Les ornements de Thomas Becket ;i Sens — La grande floraison de la broderie aux XIIIe et xiv siècles.

Dans les textes du moyen âge el dans les inventaires reparaît souvent une expression sur laquelle on a basé de nombreuses discussions. C'est le ternie opus anglicum ou anglicanum, qui, d'ailleurs, s'applique souvent aussi à des objets d'orfèvrerie. -Mais à cette époque le luxe des vêtements d'Eglise était si grand, et il était si ordinaire de les surcharger d'orfèvrerie el de pierres précieuses, qu'il n'y a rien d'étonnant à ce qu'on confondît l'état d'orfèvre avec celui de brodeur.

Un moine du ni" siècle, Gocelino, dans les Acta Sanctorum, célèbre dans la même phrase le génie des orfèvres anglais, et l'habileté encore plus grande des dames anglaises, qui constellaient d'or et de pierreries les insignes de la Royauté et les ornements pontificaux. Ne savons-nous [ias qu'au vnc siècle, sainte Éthelreda, vierge et reine, première abbesse d Kl\, ollrail à saint I '.ulbliert une élole el un manipule, qu'elle-même avail brodés el décorés d'or el de pierreries. Reliques vénérables qui se trouvaient encore au xnc siècle dans l'église de Durham et qu'on a retrouvées dans le tombeau de saint Cuthbert.

Les quatre lilles du roi Edouard l'Ancien étaienl célèbres pour leur adresse à filer el à broder. ■ — ■ Au Xe siècle, la veuve du duc de Northumberland donnait à l'église d'Ely une tapisserie brodée, où elle narrait les laits et gestes de son mari. — Alfred le Grand, roi de 871 à 900, portait

'lenilanl célèbre sur lequel des princesses avaient brodé un magnifique

corbeau. — Quand la reine Mathilde donna par son testament sa tunique à

Page 1