Celles de plusieurs autres îles
Suivent dans la chronique ses conquêtes et l'énumération des forts; des élablissemens de tout genre ; des monastères et des églises qu'il a fait construire dans ces pays lointains et qu'il a richement dotés et pourvus de magnifiques vases et ornemens. U y est parlé du soin qu'il a pris de pourvoir tous ces lieux de canons et de toute sorte de munitions et de moyens de défense. On voit figurer dans cette longue énuméralion les points les plus distans les uns des autres : Adem , la Mecque, l'Ethiopie, Madagascar, la cote de Malabar , Mozambique, etc. On rencontre dans ce tableau les noms de Pedro de Mascarenhas , Lopes de Sequeira , Baslien de Sousa. L'activité qu'il a déployé a quelque chose d'étourdissant.
apph;npice II,
M{Vlr({H du journal o panorama, 9 décembre 1848
Traduction libre.
BemîM ; .;
Les numéros 6, 7 et 8 do ce journal renferment déjà Mne descriptioi minutieuse du couvent do Belem. La Torre do Tomba nous a fourni de-
(1) Âujourd'luii appelée la loin- île lUlcm. {Noie de l'auteur des lettres.
puis de nouvelles et plus amples notices sur ce sujet. Belem est le représentant vivant du Portugal cahoUco (à l'état de chaos), remuant et colonisant. Batalha est celui du Portugal indépendant et jouissant d'un bon régime d'ordre de stabilité et de tranquillité (1).
Peut-on désirer de meilleurs documens que les livres de comptes oii se trouvent consignés de la manière la plus exacte et la plus claire , les différens paiemens des ouvriers? Ces livres se trouvent dans la 26°*" armoire de Vintérieur de la salle de la couronne, le seul paquet qui soit étiqueté des mots : despeza das obras de Belem e da camara e cadea de Setubal , et se réfèrent surtout aux fabriques entreprises en i SI 4 et années suivantes. Ce paquet a été augmenté des feuilles éparses que ces archives renfermaient sur le même sujet.
C'est dans cette collection que nous avons découvert le nom de l'architecte de Belem. Une tradition vague attribuait celte œuvre à Potassi (Italien;. Nous avons dit dans un autre endroit avec la plus grande réserve, que nous ne trouvions ce nom nulle part et qu'ainsi nous étions hors d'étiit d'examiner les fondemens de cette tradition , et qu'on était plutôt en droit d'attribuer cet édifice à Jean de Castilho, dont l'existence n'est pas douteuse. A présent ce dernier doit à son tour céder la place à son collaborateur, qui, ainsi qu'on vient de s'en a.ssurer , se trouve être un Italien. En cela la tradition avait raison, et il n'est pas impossible que le nom de Potassi soit la corruption du véritable nom de l'architecte. Ce nom se trouve écrit de plusieurs manières, Bay taca ou Bayta-^ qua, Boutaca ou Boulaqua, Botaca ou Botaqua. Cet artiste fut le premier architecte de Belem. Son nom nous est suffisamment connu par les documens relatifs à Batalha, des années 1 499, 1 51 2, 1 51 4 et 1 51 9. Les renseignemens qui nous sont parvenus de Setubal nous prouvent que c'est le même Boitaca qui dirigea la construction du monastère des religieuses de Jésus, à Setubal. Il paraît également certain que l'architecte de Cunceiçdo Velha n'était autre que ce même Boitaca.
Ce document nous rend compte aussi de l'identité d'organisation des travaux de Belem et de Balhalha. Il y avait une espèce de Junte, de conseil, de cour des comptes, composée d'un provedor (pourvoyeur), almoxarife (intendant) et d'un écrivain dont chacun tenait une des clefs du coffre.
Les frais s'élevaient chaque semaine à 1 4,000 reis. Le maître Boitaca, qui était le mieux payé, recevait par jour 100 reis , les autres 40, 50 à 60.
En 1 517 on adopta un autre système , et Jean Castilho fit un accord moyennant lequel il devint maître et entrepreneur de certains ouvrages,
(1) Je ne puis abonder dans la critique que l'aulcur de cet article exprime sur le rogne de dom Manuel. Mais je n'ai pas encore assez appiofond ce sujet. Nous verrons ! {^Notc de l'auteur des h tires.)
en prenant sur lui l'obligalioii d'entretenir cent ouvriers moyennant < 40,000 reis par mois , ce qui, terme moyen , faisait 50 reis par jour pour chaque ouvrier. Outre Castilho, il y eut encore d'autres entrepreneurs pour différentes autres parties de l'édifice; ainsi , par exemple , ce fut Nicolas qui fut chargé du portail principal et Philippe Henriquez d'une autre partie. Les entrepreneurs de plusieurs chapelles étaient Domingos Guerra , .lean Gonçalez, et Rodrigue Affonso. Leonardo Vaz eut pour sa part le réfectoire ; Fernando Fermosa la sacristie ; François de Bcnavente les piliers et Rodrigue de Pontezylha le portail de la salle du chapitre et de l'église.
A l'extrémité de l'édifice, en dedans, on aperçoit la chapelle principale que la reine Catherine fit construire en place d'une autre qui avait été trouvée trop petite. Cet ouvrage ne fut interrompu qu'en 1 570 et le roi consacra les fonds de cette fabrique à son expédition d'Afrique.
Une estampe qui se voit à la page 73™^ de ce journal montre l'intérieur du monastère avec une très grande exactitude. Elle est gravée par M. Coelho d'après M. Fonseca.
APPENDICE m.
AERivÉE d'André Contucci en Portugal.
I^asari {édition de Rome 1759) ; Vie d André Contucci, t. II , poge 166 et 168.
.'.... Par cette œuvre et par d'autres, André Contucci rendit son nom célèbre. Il était très estimé de Laurent de Médicis,le vieux, et du roi de Portugal. Laurent l'ayant envoyé à ce dernier, il a exécuté en Portugal, beaucoup d'ouvrages de sculpture et d'architecture et principalement un superbe palais avec quatre tours (1 ) et beaucoup d'autres édifices. Il a fait aussi pour le roi Jean II un autel de bois sculpté , sur lequel il a représenté plusieurs prophètes. Il a modelé aussi en terre (pour être ensuite exécutée en marbre) une superbe bataille , représentant la guerre que le roi avait eue à soutenir contre les Maures et dans laquelle ces derniers avaient été vaincus. Rien ne s'est vu de
(1) Personne mointenant ne .sait de qnel palais il est ici question. Jean II n'était à Lisl)oiine ((iie passagèrement ; sa résidence habituelle était à Kvora ou à Setuhal. L'édilice, dont il est ici parlé, peut îivoir été construit dans l'une de ces deux villes. [Noie de M. de Loureiro, directeur de l'y4ca demie.)
plus grandiose ni de plus terrible que cet ouvrage , tant par le mouvement et le carnage qui y régnent, que par les altitudes des chevaux, et parla fureur aveclaquelle les soldats font mouvoir leurs bras. 11 a fait aussi une figure d'un saint Marc de marbre qui est une chose curieuse (i).
Dictionnaire fr^frchitecture , par Roland le Virloys , 3 vol. //i-4% Paris, 1770. Fol. V\pnge4:U.
André Contucci, du Mont Sansovino , mort dans sa patrie en 1529 , âgé de 68 ans, fut un célèbre modeleur , bon dessinateur, fameux pour la perspective. Il alla à Florence , où il entra dans l'école du Pollajolo , et fit tant de progrès dans la sculpture, qu'il fut occupé pendant neuf ans par le roi de Portugal.
Biographie u?iii>erselle , par une société de gens de lettres. Paris, 1813. Fol. 9^, page 524. Art, contucci.
Le roi de Portugal le fit demander à Laurent de Médicis, et cet artiste bâtit plusieurs édifices , parmi lesquels on distingue un palais flanqué de quatre tours pour le souverain. Après avoir passé neuf ans dans ce pays, il revint en Italie, comblé d'honneurs et de prcsens.
Il était très lié avec les gens de lettres, elles artistes les plus distingués de son temps.
APPENDICE IV
SETUBAL.
M. de Balsamâo m'a fourni, en date du 23 mars 1844, les renseiguemens suivans sur l'église du couvent de Jésus de Setubal :
(1) La bataille aussi hicn qu«; la slattie ont été exécutées en marbre, cl se trouvaient dans l'église du couvent de Saint-Marc , près de Coinil)re, où je les ai vues moi-même avant 1810. Plus tard, lorsque Masscna envahit le licira, elles furent très endommagées, mais on en voit encore quelque chose.
{^Note de M. Loureiro, directeur de l\/cademie.)
Extraits de la Chronica serajica da provincia dos Algarves : parfrey Jeronymo de Belem (1753), partie 2% livre 10% chapitre l®*", page5y6.
Le passage suivant se réfère à la fondation du couvent des nonne» capucines de Jésus de Setubal. « La dame Justa Rodriguez se trouvait « à Setubal en même temps que le grand architecte , maître Boulaca « qui fut appelé d'Italie par le roi dom Jean II. Celte Justa Rodriguez « fit appeler l'architecte pour lui dire qu'ayant eu connaissance de sa « célébrité, elle lui ouvrirait son cœur, et qu'inspirée par Dieu, elle « voulait fonder un monastère. L'architecte répondit : cela suffit. Voici « un couvent que je vis en songe et que j'ai dessiné quand je me trouer vais encore en Italie. » Voyez aussi manuscrit de sœur Eléonore de saint Jean, religieuse du même couvent, abbesse en 1630 , morte en <648. Traité de l'antique et curieuse fondation du couvent de Jésus, partie y®, chapitre II, manuscrit de la Bibliothèque nationale de Lisbonne.
Même chronique, partie 2", livre ii, chapitre iv, n° 16, page 588.— Le roi Jean II, se trouvant dans cette ville en 1492 , trouva les fondemens de l'église trop petits et voulant corriger ce défaut, il en parla à l'architecte Boulaca. Son successeur dom Emmanuel fit continuer les travaux et ordonna à Boulaca que l'église eût trois nefs en tout semblables à la chapelle principale faite par Jean II.
APPENDICE V
Manuscrit de Pedro Alvares Seco intitulé : Escriptnrns da ordem de Christo, coUigidas por ordem del rejr don Sebastiâo, anno 1561 (1)
Le manuscrit original se conserve dans la Bibliothèque nationale de Lisbonne. M. de Balsemào en a fait l'acquisition pour cet établissement , en i843.
THOMAR
Dans le temps que le seigneur infant (dom Henri , fils du roi, dom Jean 1'', chevalier de l'ordre de la Jarretière) eut entre ses mains l'ad-
(1) Clommcnt dom Sébastien, qui est né en 1555, a-l-il pu faire faire ce recueil ep liM, [lYole de l'auteur des lettres.)
AnCIlITECTURE. 347
mipislralion de l'ordre du Christ, longtemps après que le couvent et chef-lieu de l'ordre eut été transféré de Castro Marim en cette ville de Thomar, l'église du couvent avait encore la forme primitive que lui avait donnée son fondateur, qui (d'après les raisons probables que j'en ai données dans la préface de l'inventaire fait par moi des biens du couvent) fut le maître de dom Gualdim. Ce fut lui qui bâtit le château et fonda' cette ville de Thomar.
L'infant dom Henri commença d'abord les embellissemens et améliorations de l'ordre, par ce qui appartient au royaume de Dieu, faisant dans ladite église ce qui était indispensable pour que les religieux, clercs et prêtres pussent célébrer conventueilement les offices divins et tenir leurs chapitres selon leur règle. 11 construisit le chœur.
Dans un pan de muraille conligu, et vers le nord, il fit percer une porte et construisit un escalier dans l'épaisseur du mur pour servir de communication avec le chœur.
Dans un panneau voisin, on ouvrit une porte pour la sacristie qu'il fit bâtir en lui donnant aussi une communication avec le chœur.
Il fit construire un cloître pour la sépulture des religieux et des chevaliers, et pour les processions ; la porte de communication avec l'église fut cette qième porte qui donnuit sur l'intérieur de la seconde enceinte,
^l bâtit encpre la salie du chapitre, du côté du nord de ce cloître; puis un autre cloître avec une galerie supérieure, joint au premier du côté de l'est.
Ce même infant, dom Henri, étant maître de l'ordre, fit, entre les années iilG et 1420, construire une honorable sépulture pour le septième maître de l'ordre du Christ, dom Lopo Diaz de Sousa, dans l'église de Thomar et ;la plaça dans la muraille du côté de l'évangilo près de la porte do l'ancienne sacristie, qui maintenant (1561), se trouve murée. H y fit placer au-dessus du tombeau, l'image de ce maître , en relief et de grandeur naturelle. Plus tard , le très chrétien dom Jean HI , fit transférer ce tombeau en une plus noble et plus honorable place; il le fit pieltre ^i\r\s Ip petite chapelle de Notre-Dame qui se trouve sous le clocher, dans l'intérieur de la muraille, à main droite.
Comme la statue ne pouvait y être contenue , on mit les ossemens dans une plus petite sépulture sur laquelle on grava la même inscription que portait l'autre.
Même manuscrit , tome i, page 54.
Le duc dom Emmanuel (qui depuis fut roi, parce qu'il était petit-fils du roi dom Edouard, et que dom .loan II, son cousin, mourut sans laisser de fils), étant onzième administrateur de la maîtrise de l'ordre du
Christ, tint d'abord, en Tannée 1 492, un chapitre de l'ordre et chercha à agrandir la maison principale.
Il fit construire les grandes cours et les parvis qui sont à l'entrée de l'église du couvent ; il orna Véglise des riches ouvrages et des gracieuses peintures qu'elle possède et qui font l'admiration de ceux qui les voient. Il bâtit aussi le chœur pour les religieux , et l'acheva tel qu'il est maintenant.
Même manuscrit, tome i, page 52.
Le roi dom Jean III, ayant pris possession de la maîtrise qu'il avait déjà dès l'année 1523, chercha à embellir et à augmenter le couvent de Thomar. Vers l'an 1 529, il fit construire le dortoir, le réfectoire, le cloître et toutes les autres pièces nécessaires, qui sont toutes grandes^ somptueuses et achevées avec une telle perfection que nulles ne peuvent leur être comparées.
Même manuscrit.
Je trouve dans ce même manuscrit une note relative à Jean de Penhafiel, enlumineur. Par lettre, du 30 octobre 1568, le roi ordonne à Pedro Alvarez Seco de charger ledit Jean Penhafiel , écrivain et faiseur de lettres rondes, de faire, dans le livre, de parchemin qu'il doit écrire, les lettres majuscules et enluminures nécessaires, de la môme manière qu'elles sont exécutées dans les cahiers qui ont été montrés à S. A.
Lisbonne, 4 février 1844,
Signé : V. Pinto de Balsamào.
APPENDICE VI
THOMAR
Renseignemens de tannée 1494 , fournis par M. le vicomte
de JUROMENHA.
fils se réfèrent aux tahleaux que le roi Jom Kinmaiiiicl a donnes aux églises de Tliomar lorsqu'il était encore grand-maître de l'ordre du (Christ. Voyez Archives, 7* tiroir, case i8", u" i.)
Livre où sont notés les vètemons , les bijoux et les ornemcns que le duc dom Manuel , grand-maître do l'ordre du Christ, a envoyés aux églises dudit ordre.
ARCHITECTURE. 3i9
THOMAR
Idem. Quatre tableaux représentant :
Lei", la Naissance de Jésus ;
Le 2", les Mages ;
Le 3*^, la Visitation de l'Ange à la Vierge ;
Le 4", la Vierge allaitant son enfant.
Église das olalhas.
Idem» Quatre tableaux représentant :