N. VUE RESTITUEE PAR LOUIS DELAPORTE
mbodge (L’Architecture Khmer).
l’art khmer
qui paraissent si naturels, démontrent une compréhension de l'effet et de la décoration que nous sommes bien loin malheureusement de posséder aujourd'hui.
La plus grande partie de ces frises d’ornement semblent avoir été ajourées, — comme elles l’étaient dans le principe qui les a créées, dans les constructions primitives de l'Inde,
légères, à claire-voie, dont quelques exemples nous ont été conservés ; — cet effet devait être encore plus apparent quand l’argenture et la dorure recouvraient la surface de l’ornement en pierre sculptée du Cambodge (comme jadis l'ornement
ANSE DE VASE EN ARGILE (Angkor Tom)
Gr. du Voy. au Cambodge.
en bois ajouré de l’Inde), et venaient y ajouter un dernier et suprême degré de richesse.
Seul le Cambodgien a su rendre les formes lourdes de l’éléphant, comme l’Assyrien rendit le lion et le Grec, le cheval; mais il a surtout excellé dans la composition des animaux fantastiques, à l'aspect héraldique, tels que les grands lions sans crinière, sortes de panthères, chargés, comme toujours, de bracelets, de colliers et de pierreries sans nombre, le yali, le garudu, les nagas, etc., dont nous avons parlé.
Parmi les pièces exposées une des plus étranges est certainement cette empreinte du pied de Sakhya-Mouni (le pied du bienheureux Phrabât) empreinte vraiment magique, qui se traduit sur la pierre, non par la forme vulgaire d’un talon et des cinq doigts d’un pied humain, mais par les soixante-cinq figures suivantes : le signe de bénédiction, le signe de prospérité, le signe de bonheur , le cercle fortuné, les pendants d’oreilles, le prospère, le trône, le palais, l’arc de triomphe, le parasol, l’épée, la réunion des tiges creuses, la poignée de plumes de paon, le chasse-mouches, le turban, le joyau, la guirlande de fleurs, le nymphœa bleu, le nymphœa rouge, le nymphœa rose, le nymphœa blanc, le pot à eau rempli, le vase plein, l’Océan, la chaîne de montagnes qui entoure la terre, l’Hima- Ihaya, le Mérou, le disque du soleil, le disque de la lune, les quatre grandes îles avec leur entourage,, le souverain possesseur de sept joyaux, la conque blanche tournée à droite, le couple de poissons d’or, l’arme du Tchakra, les sept grands fleuves, les sept grands lacs, les sept grandes montagnes, le roi des Garudas, le murmure du Gange, la bannière, l’étendard, la litière d’or, l’éventail à long manche, le roi des lions, le roi des tigres, le
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roi des chevaux, le roi des serpents, le roi des oies, le roi des taureaux, le roi des Airavanas, le Makara d’or, le Brahma à quatre faces, le vaisseau d’or, la vache avec son veau, le génie Kimparucha, le Rinnara, le coucou indien, le roi des paons, le roi des oies rougeâtres, le roi des faisans, les six espèces de mondes divins, les seize espèces de mondes des Brahmas, synthèse divine de tout ce qui constitue l’imagination fantastique, monstrueusement symbolique de l’Inde, aux onze millions de dieux émanés de Brahma.