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ART INDOU

l. Mahadeva. Le Siva de Bénarès, aux huit bras et à triple face; troisième personne de la Trimourti, figuré de même dans les sculptures Khmers. — 2. Le dieu Nazas- H inghatur, homme-lion. — 3. Image deBrushaban, bronze servant à peser la pierre sacrée. Musée'du Louvre. Aucune de ces figures ne remonte au delà du xvie siècle de l’ère actuelle.

(Grav. extr. de VEncycl. des Beaux-Arts, Demmin.)

khmer, le silence absolu des missionnaires appartenant à un ordre établi au xvne siècle et le long espace de temps nécessaire à une civilisation pour absorber tous les éléments étrangers dont la présence est visible dans la sculpture khmer, et pour en former un art étudié des plus complets; l'état de ruine des monuments, l’ignorance et l'effroi de l’indigène cambodgien à leur aspect, tout porte à affirmer qu'il faut remonter au delà de la Renaissance pour atteindre la date de ces monuments. Maintenant souvenons-nous des traces visibles de l'influence artistique grecque, principalement dans l'architecture; cette influence n’a pu avoir lieu que par l’intermédiaire de colons grecs de la Bactriane; rappelons-nous la présence du bouddhisme vivant côte à côte avec le brahmanisme, il résulte de cet ensemble que nous ne pouvons faire remonter la civilisation khmer à une date plus éloignée que les deux premiers siècles de 1ère chrétienne; et, malgré toute la puissante vitalité de la race indo-chinoise d’alors, quelques siècles seront toujours nécessaires pour construire avec un art si raisonné, des villes d’une importance aussi considérable, où tous les matériaux des civilisations voisines ont été employés avec une expérience, ou une sûreté, qui

l’art khmer

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étonne. Nous croyons donc que l’on peut placer la date, où la civilisation khmer a atteint son plus haut point, entre le ixe et le xivc siècle de l’ère chrétienne. En admettant ces limites comme certaines, on s’explique parfaitement la similitude de l’ornementation khmer et de celle de la Renaissance, et l’on peut même admettre que Rome et Byzance, dont les noms ne semblent pas avoir été inconnus au Cambodge, ont pu indirectement influencer l’art de ce pays, surtout dans quelques détails de l’architecture.

Contrairement à ce que plusieurs archéologues prétendent, il nous paraît évident que nous ne nous trouvons pas ici en face

Ornements d’une pagode de la seconde période du x* ou

d une civilisation importée, x,,e sièc,e de rère actuellc- EncycL Demmin'

mais ayant, au contraire, parfaitement progressé peu à peu sur le sol même. En effet, l'artiste khmer s’est plutôt inspiré de la surface ou de l’aspect extérieur des arts étrangers que de leurs principes mêmes. Ses emprunts sont superficiels; il ne connaît la voûte que par encorbellements; ses pyramides à faces humaines et ses allées à parapets ne procèdent d’aucun art voisin. Ici il ne peut y avoir d’artistes étrangers comme les Grecs à Rome, les Persans dans l’Espagne arabe : l’art est parfaitement homogène, dans les temples comme sur les murs de la ville, et la similitude de style est telle qu’il est nécessaire, avant de pou-

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