ORFÈVRERIE BYZANTINE. — DISQUE DE THEODOSE
Trouvé près d'Almesdrelejo (Espagne). Théodose est assis entre ses deux fils associés par lui à l'empire.
Gravure extraite de \' Orfèvrerie en Espagne, par le Baron Ch. Davillier
rochers remplacent les poutres peu résistantes, et les sculpteurs, sans s’effrayer du temps et du travail, copient et imitent en pierre la richesse sculpturale du bois. C'est à croire que l’ancien temple fourmillant de sculptures a été transformé d’un coup de baguette en des matières éternelles.
Partout, dans les plus petits bas-reliefs comme dans les colosses d'Ellora et d’Elephanta, le sculpteur hindou montre le
plus vif sentiment de la grâce et de l élégance joint à 1 effet décoratif.
A la même époque, par l’importation du culte de Bouddha, la Chine et le Japon produisent des sculptures, visiblement ins-
ORFEVRERIE HISPANO-ARABE. — COFFRET D'ARGENT DU X • SIECLE (CATHEDRALE DE GERONA).
DcA<.in de Ricardo da Madrazo. L'inscription porte le nom d'Al-Haken II, calife de Cordoue et de l'orfèvre Guden, fils de Rozla. — Gravure extraite de Y Orfèvrerie en Espagne.
pirées de l'Inde, et que, depuis la perte de leurs croyances, les. artistes chinois et japonais sont incapables de refaire.
A notre avis, l’orfèvrerie ne doit pas être séparée de la sculpture. Quelle que soit l’époque, quelle que soit la nation, l’orfèvrerie a toujours été en honneur.
Dans l’antiquité ou dans les temps modernes, en Europe, en Asie ou en Amérique, toujours l’homme a produit des œuvres importantes dans cet art1, reflet constant de l'état de la civilisa-
1. Sauf aujourd’hui. Qu’est devenue notre grande et belle école d’orfèvrerie ?
pRFÈVRERIE QOTHIQUE, — PAS p'üN CANDELABRE DE LA CATHÉDRALE DE MILAN. — l’aRBRE Dg LA VIERGE,
xiup siècle. — Dessin dç Lfderrniue. — Gravure extraite de lp Qa;e(tc ejeg f)eaux*Ar(§.
LES ARTS AU MOYEN AGE I4'3
tion. Mais la belle et véritable époque de l’orfèvrerie, c’est le moyen âge. Depuis le disque de Théodose, les huit couronnes d’or du musée de Cluny, jusqu’à l’autel de Pistoia; depuis l’orfèvrerie lourde, matérielle des Byzantins et des Lombards, jusqu’à l’orfèvrerie fine, animée, vivante du xiv(' siècle en Italie,
ORFÈVRERIE GOTHIQUE. — CASSETTE DE SAINT LOUIS. — XIII' SIÈCLE. — MUSÉE DE CLUNY.
Trouvé en i853 dans l'église de Dammarie-les-Lys (Sèvres). Ce coffret, recouvert d’argent, d’émaux, fut donné par Philippe le Bel à Notre-Dame du’ Lys. Il avait renfermé les cilices de saint Denis.
Gravure de la Mosaïque.
il faudrait un travail infini pour donner une idée sommaire de l’œuvre accomplie par les orfèvres de tous les pays, aussi bien chez les Scythes, les Persans, les Goths, les Lombards, les
Quelles sont les pièces modernes que nous pouvons mettre en parallèle avec les moindres productions de la Grèce et de Rome, de tout l’Orient, et des oeuvres françaises jusqu’au siècle dernier? Quels moyens nos grands orfèvres ont-ils employés pour trouver des formes aussi laides, des ornements aussi lourds, des statuettes aussi rondes, des mélanges de styles aussi étranges?
Burgondes, les Visigoths', que chez les Arabes, les Hindous, les Chinois et les Japonais.
L’émail cloisonné, alors en grande faveur, recouvre les châsses et les reliures des missels, les crosses d’évêque, les croix et les ciboires ; il s’applique même à de grands monuments; les maîtres-autels des églises, les tombeaux. Qui ne connaît le magnifique Paliotto de Saint-Ambroise de Milan, du vc siècle, — la Pal a d'Oro , de Saint-Marc, du xe siècle, — la châsse des rois mages à Cologne, si malheureusement abîmée par des mains modernes?
Qui nous rendra toutes les belles industries de l’Espagne musulmane : les lames de Tolède, les soies de Grenade, les cuirs de Cordoue, les draps de Cuenca, les majoliques hispanoarabes, les incrustations de Murcie, etc., etc. ?
Où sont les habiles sculpteurs sur bois, dont l’art est aujourd'hui perdu, qui faisaient d’une chaise, d’une stalle, d’une cheminée ou d’un simple siège une œuvre inimitable? les sculpteurs en ivoire dont l'art est aujourd'hui perdu et qui fabriquaient ces milliers de petits diptyques commémoratifs que chacun voulait avoir en souvenir d’une circonstance critique de la vie? les graveurs de médailles, de sceaux, d’armoiries, dont l'art est aujourd'hui perdu , et qui ont exécuté certaines médailles de corporations qui peuvent rivaliser avec les plus grandes et les plus belles œuvres du ciseau grec 2 ?
i. « Lors de la conquête de l’Espagne par les Arabes, dît Al. Daviilier.la richesse de l’orfèvrerie des rois visigoths étonne les conquérants, habitués cependant au luxe.» L. 'écrivain arabe Al-Makkari donne des détails intéressants sur les dépouilles que recueillit Tharic Ben Zeiad lorsqu’il s’empara de Tolède en 712. « Les dépouilles, dit-il, sont universellement représentées comme presque innombrables et comme défiant toute description, à cause de la richesse de la matière et de l’admirable exécution des objets. » Ouvrage cité, page 6.
2 .Voir les admirables collections de l’Ecole des Beaux-Arts et du Musée des Archives.
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