BASE DE PILIER DE LA PORTE D ANGKOR
D’après le petit modèle du Trocadéro. — Gr. du Voy. au Cambodge.
27O LFS ARTS MÉCONNUS
livres sacrés nous laissaient à peine entrevoir ; nous vivons aujourd’hui dans cette terre ensoleillée, nous pénétrons dans ses immenses monuments aux reflets d’or, dans ses temples infinis remplis d’une foule féerique couverte de diamants, où les princes et les rois luttent de richesses avec les milliers de divinités qui les entourent i
Grâce à notre marine, si active, si éclairée, nous pouvons déjà révéler au monde et mettre en pleine lumière cette civilisation, cet art de l’ancienne grande famille asiatique. Un de nos savants et intrépides marins, M. Delaporte, le successeur de Mouhot (le révélateur de la Cochinchine), l’associé des Lagrée, des Francis Garnier, pour la recherche de cette antique civilisation hier encore inconnue, M. Delaporte, seul survivant des chefs de ces expéditions, est parvenu à rapporter en France les premiers spécimens de l’ancienne splendeur de notre nouvelle colonie1. Grâce à lui, nous pouvons nous dire possesseurs d’une collection spéciale unique, qu’il tient à nous de compléter, afin de ne pas nous laisser devancer plus tard, comme cela malheureusement arrive trop souvent;
1. La mission dirigée par M. Delaporte, qui retournait pour la seconde fois au Cambodge en 1873-74, était composée de :
MM. Bouillet, ingénieur hydrographe ;
Ratte, ingénieur civil, géologue ;
Le docteur Julien, naturaliste, envoyé par le Muséum ;
Le docteur Harmant, médecin de la manine, naturaliste;
Faraut, conducteur des ponts et chaussées, adjoint spécialement pour l’excursion aux ruines.
M. le capitaine d’infanterie de marine Filoz s’occupait spécialement de moulages de sculptures et de bas-reliefs.
Trois maîtres mécaniciens de marine.
En y joignant les équipages de la chaloupe et de la canonnière, six matelots et soldats français, six miliciens annamites et trois interprètes, l’expédition comptait un effectif de soixante hommes.
C est grâce à M. Charles Blanc, directeur des beaux-arts, à M. le marquis de
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PIÈCE d’argenterie, OUVRAGE DU XVII* SIÈCLE. — MADRAS
Collection du prince de Galles. — Musée des Indes à Londres. — Gravure extraite de la revue illustrée, Y Art, — Rouam, éditeur.
car si, depuis quelques années, les collections artistiques de Paris ont été l’objet d’importantes améliorations, nos voisins d’Angleterre, il faut le reconnaître, nous ont de beaucoup dépassés. Le British Muséum , comme galerie de sculpture, est certainement le musée le plus beau et le plus complet au double point de vue de l'art et de la science. Les trois civilisations antiques, les plus grandes dans l'histoire comme dans l’art : l’Assyrie, l’Égypte et la Grèce, sont représentées à Londres par des chefs-d’œuvre de toutes les époques, et grâce à leur activité, à leurs sacrifices, nos voisins sont arrivés aujourd’hui à ne plus redouter que, même dans l'avenir, aucun pays, si riche qu'il soit, puisse recueillir d’aussi beaux et d’aussi nombreux monuments.
Actuellement un musée spécial pour l’Inde est en formation dans les bâtiments de l'Exposition de 1869, en face des galeries de Kensington, et une mission anglaise fouille la Palestine en tous sens, dans le désir et dans l'espoir de dépasser les résultats obtenus par MM. Renan, de Vogue, de Saulcy, etc., et de créer une collection plus nombreuse, sinon plus choisie, que celle du Louvre.
On comprend aujourd’hui combien il importe de ne pas nous laisser primer ainsi continuellement. En dehors des lumières que la science anglaise projette sur les origines de l’humanité, en dehors de sa concurrence, devenue aujourd’hui dangereuse même dans les industries du goût, grâce aux
Chennevicres, son successeur, qui voulut s’associer à l’œuvre de son prédécesseur, et au concours de M. Alexandre, chef du bureau des Beaux-Arts, de MM. G. Lafenestre, Ed. Escallier et J. Comte, sous-chefs de la direction, que M. Delaporte a pu obtenir les ressources suffisantes à son expédition.