‹ Les aspects pseudo-tuberculeux du poumon cardiaqueChapitre 44 sur 44 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

[. — Les complications pulmonaires et pleurales au cours des cardiopathies sont bien connues, du moins cliniquement. Pourtant, en soi, elles n’ont rien de pathognomonique. Au contraire la toux, la dyspnée, les épisodes bronchitiques, les épanchements pleuraux et surtout les hémoptysies font commettre des erreurs si la cardiopathie est fruste, latente ou méconnue, avec des affections pulmonaires et surtout avec la tubercu-

lose.

IT. — Deux acquisitions nouvelles ont donné un regain d'intérêt à l'étude du poumon cardiaque

a) L’artérite pulmonaire a été bien étudiée dans ces dernières années. Intense comme chez les cardiaques noirs, nette comme dans certaines sténoses mitrales, fruste et de traduction purement radiologique, comme dans d’autres cardiopathies ou chez des cardiaques décompensés, elle peut cependant être reconnue, sinon à ses signes cliniques ,du moins à son image radiologique spéciale. Cette artérite pulmonaire est importante aussi parce qu’elle fournit l'explication de certains symptômes ou syndromes chez les cardiaques : elle expliquerait notamment la plupart des hémoptysies

attribuées autrefois à la stase mécanique simple ou à l'infarctus.

b) Il existe au cours des cardiopathies des images radiologiques anormales au niveau de l’ombre cardiaque, mais aussi dans les champs pulmonaires : cette notion très peu connue, sur laquelle on a récemment insisté, nous paraît mériter d'être soulignée pour l'intérêt dogmatique et pratique qu’elle présente. En effet, au cours des cardiopathies sans signe de défaillance cardiaque, au cours des états hyposystoliques ou asystoliques, on trouve dans les champs pulmonaires des images anormales : |

«) Dans les régions hilaires : parfois c’est l’image de la simple stase du réseau pulmonaire comme dans certains rétrécissements mitraux, ou au cours de certaines défaillances cardiaques, parfois c’est l’image

plus nette, plus spéciale à l’artérite pulmonaire.

8) Dans le parenchyme pulmonaire lui-même : ces images sont les moins connues. Ce sont elles qui exposent le plus à l’erreur de diagnostic. Les quelques travaux publiés à ce sujet, nos observations personnelles et les documents mis à notre disposition par les cardiologues nous permettent d'affirmer l'existence de telles images comme aussi leurs caractères trompeurs. Elles ressemblent singulièrement aux images d’affections pulmonaires et surtout de la tuberculose, d’où l'erreur de diagnostic commise parfois avec cette dernière affection. Ces aspects radiologiques du poumon cardiaque offrent divers types : images en nappes, en plages et

surtout images granitées, pointillées, micronodulaires, nodulaires, floconneuses. Lorsqu'’elles s’observent chez des cardiaques présentant des signes d’insuffisance cardiaque, elles peuvent s’estomper ou disparaître sous l'influence du traitement toni-cardiaque.

L'existence de ces images trompeuses, jointes aux symptômes et syndromes d’allure pulmonaire, achève au cours de certaines manifestations cardiaques, le tableau « pseudo-tuberculeux » dont les exemples les plus nets sont fournis par certaines artérites pulmonaires et par la classique asystolie pulmonaire.

Ïl existe aussi des images pleurales accompagnant les épanchements pleuraux des cardiopathies, pleurésies bien connues, dont la traduction radiologique ne

comporte aucun caractère pathognomonique.

III. — Ces accidents pleuro-pulmonaires des cardiopathies d’allure pseudo-tuberculeuse peuvent survenir dans toutes les affections cardiaques, mais plus spécialement dans deux cas

a) Au cours du rétrécissement mitral : de toutes les cardiopathies, c’est celle qui simule le plus la tuberculose.

b) Dans tous les états de défaillance cardiaque, c'est au cours de l’asystolie à tous ses degrés que l’atteinte du cœur donne le plus de complications pulmo-

naires et pleurales.

IV. — Le diagnostic clinique et radiologique des complications pulmonaires et pleurales des cardiopa-

hote

thies n’est pas toujours facile, d'autant que coexistent parfois une affection cardiaque et une tuberculose pulmonaire. Cette tuberculose des cardiaques, suivant la notion classique, est discrète, fibreuse, peu évolutive, voire inactive. Cependant elle est plus souvent qu’on ne le croyait d’allure banale, en tous point semblable à la tuberculose caséeuse ou fibreuse commune, à cela près qu’elle est très volontiers hémoptoïsante. L’attention doit être attirée, à côté du diagnostic de chacun des épisodes pulmonaires ou pleuraux des cardiopathies, sur la nécessité d’un diagnostic radiologique. En effet, nos observations personnelles, confirmant celles de LAUBRY et de divers caridologues, prouvent que les images radiologiques pulmonaires anormales des cardiaques, certes peu fréquentes, mais surtout mal connues, font commettre facilement l’erreur avec des images semblables ou voisines dues à des lésions tuberculeuses du poumon. C'est la preuve qu'il n y a pas d'images radiologiques pulmonaires pathognomoniques et que toute image radiologique ne vaut que par l'interprétation qu’on en donne et l’étiologie

qu'on peut lui assigner grâce au secours de l’enquête

clinique.

UE Vu :

Le Doyen, LE PRÉSIDENT pE LA THÈSE ROUSSY. BEZANÇON

Vu el permis d'imprimer :

Le RECTEUR DE L'ACADÉMIE DE PARIS,

S. CHARLETY.

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