NOTRE LANGUE
Notre langue naquit aux lèvres des Gaulois.
Ses mots sont caressants, ses règles sont sévères, Et, faite pour chanter les gloires d’autrefois,
Elle a puisé son souffle aux refrains des trouvères.
Elle a le charme exquis du timbre des Latins, Le séduisant brio du parler des Hellènes,
Le chaud rayonnement des émaux florentins, Le diaphane et frais poli des porcelaines.
Elle a les sons moelleux du luth éolien,
Le doux babil du vent dans les blés et les seigles, La clarté de l’azur, l’éclair olympien,
Les soupirs du ramier, l’envergure des aigles.
Elle chante partout pour louer Jéhova,
Et, dissipant la nuit où l’erreur se dérobe, Elle est la messagère immortelle qui va Porter de la lumière aux limites du globe.
La première, elle dit le nom de TÉternel Sous les bois canadiens noyés dans le mystère. La première, elle fit monter vers notre ciel Les hymnes de l’amour, l’élan de la prière.
La première, elle fit tout à coup frissonner Du grand Meschacébé la forêt infinie,
Et l’arbre du rivage a paru s’incliner En entendant vibrer cette langue bénie.