Arch. du Loiret, série B
faire il paye la somme de dix sous. » Ce capitaine est nommé solennellement en chambre du devoir chaque année et il doit présider toutes les réceptions et autres actes importants de la vie des compagnons A son installation assisteront tous les collègues à peine d'amende, de plus chaque affilié paye pour les réjouissances qui ont heu à cette occasion une somme fixe ; à Bordeaux, chez les serruriers, cinq sols.
Avant la cérémonie l'aspirant doit verser une somme déterminée par les règlements qui servira à lui acheter des gants de fil blancs, des rubans de diverses couleurs *. Une faible partie de cette somme va à la masse ; la plus grande part doit « être mangée » ". Il importe en effet de payer la bienvenue et de témoigner sa reconnaissance aux camarades qui ont voulu jouer le rôle de parrain et de marraine. Notons, en effet, que la Marraine est toujours une personne du sexe mascuUn. On voit encore une fois combien le compagnonnage se défie des femmes ; il ne veut à aucun prix les admettre dans ses cérémonies.
Quel est le motif qui pousse les compagnons à se faire baptiser, c'est-à-dire à recevoir un nom qui fait oublier le nom de famille sous lequel l'initié était jusqu'^ilors connu? Si l'on veut bien se rappeler que les associations ouvrières sont prohibées par les règlements de police on comprendra tout l'intérêt de cette pratique. Il importe de désigner les compagnons par des noms qui ne sont connus que de la secte ; si on saisit les papiers de la société, les affiUés ne seront pas compromis par ce fait. La pohce afin d'éviter ces -supercheries qui entravaient ses recherches prescrivait des dispositions analogues à la suivante : « Pour qu'il n'y ait pas d'erreur sur le nom des dits compagnons et les empêcher d'en changer lorsqu'ils le jugeraient à propos, lesdits com-