PONT S*-LAURENT, 11 VERVIERS
MDCCCLXXXVII
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La brochure de M. Max Hirsch, dont M. le professeur ^hilippson donne la traduction, traite au point de vue de la politique allemande, il est vrai, un sujet capital^ dune actualité frappante et d'un intérêt universel. A ce titre, elle mérite V attention toute particulière du public belge,
Lalutte entre l'individualisme et le sociaîisme, entre la liberté et F Etat, est, en ce
ino7nent, partout, dans la science et dans la politique, dans les esprits et dans les faits. Dans tous les pays, ce sont les mê?nes problèmes et les mêmes agitations.
Dans tous les pays [mais en Belgique plus que par^ tout ailleurs), il y a une école optimiste qui croit à la sagesse deshomines, à leur cœur, à leur prévoyance, et qui dit : « Laisse^ agir le ressort individuel, le vrai et le seul remède à tous les maux : c'est la liberté. »
Dans tous les pays aussi, les adversaires de cette opinion (et en Allemagne plus que partout ailleurs ces adversaires comptent dans leurs ra^igs des penseurs éminents et profonds) répondent que la liberté est une duperie, quelle est le triomphe de l'intérêt personnel et de Végoïsme, l'écrasement des faibles par les forts, des pauvres devenant chaque jour plus pauvres par les riches
devenant chaque jour plus riches, et que le seul rejnède à cette situatioit cest V intervention de VÉtat.
M. Max Hirsch critique les exagérations du socialisme, mais il nest pas pour les exagérations du laisser-faire; il cherche à concilier les extrêmes et à réagir contre r individualisme à outrance sans sacrifier la liberté; il appartient à cette école intermédiaire qui, dans la politique allemande, sous le îïom de parti progressiste, tout en admettant la nécessité de réformes, estime qu'il ny a pas d'antagonisme in^émédiable entre le capital et le travail; il voit la solution des difficultés économiques dans la constitutioft d'unions ouvrières garantissant Vindépendance du travailleur, et arrivant par r éducation, V apprentissage, la mutualité et l'épargne à élever sort niveau intellectuel et social.
M. Hirsch expose ses vues dans une discussion supposée eJtU^e un progressiste et un socialiste; cette discussion ne reste pas uniquement sur le terrain de la science économique. M. Hirsch, ancien membre du Parleme^tt allemand, fondateur d'unions ouvrières qui portent son nom, est un homme politique; il a été attaqué lui et son œuvre par les socialistes, et il ne se home pas à préconiser les associations ouvrières, V écrivain défend ses idées et son parti contre des adversaires politiques.
Il y a donc dans la brochure de M.
Hirsch des vivacités de polémique sur lesquelles nous it avons pas à nous prononcer , parce qu'elles répondent surtout à ime situation locale, mais il y a aussi dans ce travail un côté hauteme^it instructif et intéressant pour tous : cest de voir un adversaire du socialisme, un partisan de la
liberté défendre avec énergie les Trades- Unions et les unions professionjielles, et les présenter comme un moyen de conciliation efttre des doctrines contraires. On peut ne pas partager la foi de M, Hirsch dans la liberté, mais on admettra qu'à un moment où les syndicats professionnels sont discutés en Belgique, M. Mart. ^hilippson a rendu un grand service à nos lecteurs en leur faisant connaître les idées de Véminent économiste allemand sur cette grave question.
Adolphe Prins.