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AVANTAGES DU SANATORIUM-HOPITAL DÉPARTEMENTAL

La création d’un établissemnt unique de soins pour tuberculeux sera pour chaque département un progrès immense. Les avantages sont de tous ordres.

Au point de vue scientifique, envoyer tous les tuberculeux et d’urgence dans un établissemnt possédant tout le personnel et le matériel techniques nécessaires, c’est avoir les plus grandes chances d’attaquer Finfection au début de son évolution, donc de guérir le malade ; c’est, en tout cas, isoler et par la même tarir les sources de contamination.

Au point de vue psychologique, il n’est pas mauvais de grouper (quoique, si l’on veut, dans diverses salles) des sujets à divers stades de leur maladie. Pour les plus atteints, la vue de ceux qui guérissent est d’un puissant réconfort. Pour ceux qui évoluent favorablement, la présence des grabataires leur rappelle opportunément qu’ils sont atteints d’une maladie grave qui demande de longs mois de soins et une discipline de vie sévère.

Au point de vue financier, enfin, un établissement construit à quelque distance d’une ville est moins coûteuse qu’un sanatorium lointain. Le ravitaillement, le transport des malades se font sans difficultés, alors qu’ils

sont particulièrement onéreux pour les sanatoriums d’altitude.

Il apparaît donc, en définitive, que l’isolement et le traitement ne sont pas des indications différentes s’appliquant à des malades différents : au contraire, ils se confondent presque toujours. Le sanatorium-hôpital est l'établissement qui réalise le mieux cette double indication, et d’après certaines statistiques de dispensaires, 80 pour cent des tuberculeux pris en charge sont justiciables de cette catégorie d’établissements.

Or, le nombre de lits des sanatoriums-hôpitaux s’élève actuellement en France à 3.600. Ce chiffre demande à être au moins décuplé pour permettre le placement des tuberculeux contagieux.

Chaque département devrait obligatoirement posséler un nombre de lits de sanatorium-hôpital, en rapport avec le chiffre de sa mortalité tuberculeuse. Or, l’entretien et la création de ces établissements sont particulièrement onéreux. :

Certes, des commissions hospitalières, des municipalités, des conseils généraux, se sont bien engagés dans cette voie, mais ils ont rencontré des difficultés d’ordre budgétaire souvent insurmontables. C’est, qu’en effet, aucune aide n’est apportée par l'Etat, sauf de rares subventions prélevées sur les fonds du pari-mutuel. Et cependant, l’appui de l'Etat est nécessaire : le seul moyen de l’obtenir est de faire octroyer, par voie législative, les avantages financiers de la loi du 7 septembre 1919 aux sanatoriums-hôpitaux, sous peine, pour ces établissements, de se soumettre à certaines conditions d’installation, d'outillage, de direction médicale, de liaison avec les dispensaires.

Grâce à une loi semblable, la lutte antituberculeuse

ferait en très peu de temps, des progrès considérables dans notre pays.

Il est entendu, d’ailleurs, que les sujets qui rentrent actuellement dans le cadre des malades de sanatoriums et qui sont en fait des convalescents, plus que des malades, pourraient être envoyés pour quelque temps, après la cure à l’hôpital-sanatorium, dans de véritables établissements de convalescence, situés en pleine ‘campagne ou en montagne, aménagés dans d’anciennes propriétés ou dans des constructions neuves, légères, simples, à amortissement rapide.

Mais, dès maintenant, il apparaît comme une erreur de vouloir construire dans des régions éloignées, des édifices massifs, à prix élevé, pour un nombre de lits restreint.

A la conception dispensaire, sanatorium, hôpital, doit faire place la conception : dispensaire, sanatoriumhôpital et sanatorium de convalescence.

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