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Pathogéuie de laura
Au point de vue de la pathogénie plus qu'à tout autre l'étude de laura est indissolublement liée à l’étude générale du paroxysme épileptique ; c’est dire que nous ne possédons à son sujet que des données encore incomplètes. Mais s'il est impossible aujour-d’hui de formuler des conclusions indiscutables, l’exposition des résultats acquis n’en est pas moins intéressante. |
La première question qui se pose est évidemment de savoir si les auras sont d'origine périphérique on d’origine centrale. La théorie qui leur attribuait une origine périphérique, soutenue en particulier par Locher, Maisonneuve, Portal, n’a plus qu'un petit nombre de partisans ; elle semblait expliquer clairement ces cas relativement nombreux où le malade prévenu par une aura bien nette parvient au moyen par exemple d’une forte compression ou de la ligature d’un membre, à empêcher l’apparition des phénomènes convulsifs. Elle s'appuyait surtout sur ces observations si curieuses où l’extirpation d’une tumeur ou l’avulsion d'une dent cariée a fait cesser les attaques. Schort et Delasiauve ont rapporté des faits de ce genre absolument indiscutables. Mais outre que ces cas sont tout-à-fait excep-
tionnels, nous ne pensons pas que personne aujour- Durand 9
d’hui prétende que la présence dans l'organisme d'un néoplasme ou d'un organe malade puisse suffire à créer de toutes pièces l’épilepsie. Dès lors les phénomènes anormaux qui peuvent avoir lieu au niveau d'un point quelquonque du corps ne sauraient être, relativement à la décharge nerveuse qu’une simple cause déterminante. Les expériences si connues de Brown-Sequard produisant des convulsions épileptiformes par l'excitation du bout central du nerf sciatique après enlèvement des parties supérieures de lencéphale, ne prouventnullement que l'attaque, telle qu'on l’observe chez l’homme soit la portion centrifuge d’un réflexe dont l'aura constituerait dès lors la portion centripète. Ces expériences instituées du reste pour des recherches d’un ordre plus général que la question qui nous occupe portent sur des animaux placés dans des conditions trop spéciales pour permettre d'appliquer à la clinique les résultats obtenus.
Quant aux différentes manœuvres portant sur la partie du corps devenue le point de départ d’une aura au moyen desquelles on a pu empêcher la produclion des accidents convulsifs, nous aurons à en citer de nombreux exemples quand nous parlerons spécialement du traitement de l'attaque pendant l'aura. Mais nous devons en même temps faire remarquer que ces procédés, quelle que soit leur nature, retardent souvent la décharge, sans permettre de l’éviter. De plus, et c'est un fait sur lequel nous ne saurions trop insister, on à souvent arrêté l'attaque
par des excitations diverses portées sur une région du corps sans aucune relation avec lesiège de l'aura, Quelle que soit donc la part à faire aux causes déterminantes dans la pathogénie du paroxysme epileptique. nous admettons avec Axenfeld et presque tous les auteurs les plus récents la théorie de l'origine centrale des auras. Cette idée est plus en rapport avec la manière dont on conçoit maintenant l'épilepsie en général ; elle s'accorde mieux surtout avec les résultats des recherches anatomo-pathologiques et avec les enseignements tirés de quelques interventions chirurgicales qui dans nombre de cas, non seulement d'épilepsie partielle, mais encore d’épilepsie dite essentielle, ont fait reconnaître la présence de lésions diverses, néoplasies ou plaques d'induration cicatricielles siégeaut au niveau des zônes motrices.
Mais l’expérimentation surtout est favorable à la théorie que nous venons d'admettre. A cet égard l'expérience bien connue de Hitzig est éminemment démonstrative puisqu'on y voit l’électrisation d’un point de l'écorce cérébrale après avoir produit des spasmes limités d’abord à un segment de membre déterminer ensuite et progressivement une généralisation des phénomènes convulsifs à toutes les parties du corps. Nous eiterons encore les expériences instituées à un point de vue différent par M. Magnan, dans lesquelles l’ingestion d’un poison — essence d'absinthe ou aldéhyde salicylique — a déterminé une attaque épileptiforme précédée de troubles limités aux muscles de la tête, du cou où des membres
antérieurs. L'apparition des phénomènes qui représentent l'aura dans ces accidents convulsifs par intoxication, si exactement comparables à la décharge nerveuse épileptique, montre tout au moins qu on ne peut considérer cette aura que comme la première manifestation de l’état de souffrance des centres nerveux. Le fait clinique que le traitement bromuré a pu dans certains cas supprimer les auras sans entrainer d'autre modification dans l'attaque prouve simplement que l’excitabilité des centres nerveux étant diminuée, un des éléments de cette attaque, celui qui correspond précisément au début de l'excitation anormale, a pu faire défaut. Remarquons encore. puisque nous nous trouvons à nouveau sur le terrain clinique que l’idée de l’origine périphérique des auras s'accorde peu avec les observations assez nombreuses où des troubles, en tout analogues aux auras, constituent la seule manifestation de l’épilepsie. Trousseau a insisté sur ces faits en leur rattachant un certain nombre de cas d’angine de poitrine et en signalant leur analogie avec le tic douloureux.
L'origine centrale des auras étant admise, on comprendimmédiatementquelesrecherchesrelatives aux localisations cérébrales pourront donner des résultats applicables aux phénomènes qui nous intéressent ici, et que, réciproquement, l'observation exacte de ces phénomènes intéressera l'étude des régions corticales. En particulier l’étude des relations des différents centres entre eux par exemple celles du centre cheiro-kinesthésique et du centre de la vision ver-
bale, celles du centre glosso-kinesthésique et du centre de l'audition verbale, à condition d’être parfaitement démontrées et étendues à un assez grand nombre de ces centres spécialisés, seraient pour nous d’un grand intérêt. Elles expliqueraient sans doute la constitution d’un bon nombre d’auras complexes. |
On voit aussi quelle sera la valeur de l'aura si l’on cherche à déterminer exactement le siège de la lésion qui peut avoir amené les accidents épileptiques; mais nous essayerons plus loin de donner à cette remarque le développement qu'elle comporte.
Pour le moment, nous plaçant au point de vue le plus général, nous rappellerons que les recherches modernes tendent à faire admettre non plus des centres sensitifs et des centrés moteurs parfaitement indépendants les uns des autres, mais seulement des zônes plus spécialement motriees et des zônes plus spécialement sensitives. Horsley, pour citer un exemple, a publié plusieurs cas de troubles sensitifs ayant suivi l’ablation d’une portion des centres moteurs corticaux dans des cas-d'épilepsie. Cette ma--
nière de concevoir les attributions physiologiques
des régions corticales est pour nous très intéressante puisqu'elle explique bien ce fait que l'aura est loin d’apparaître dans tous les cas comme purement motrice ou purement sensitive.
UE
Importance de l'aura au point de vue du diagnostic et du pronostic. — Traitement de ? , A ë + ? D Se T = attaque épileptique pendant Faura. Va leur de laura en médecine légale.
Il nous reste maintenant à parler d’un certain
nombre de questions qui, bien que convenant mieux
: à une étude d'ensemble sur l'épilepsie, se rattachent trop étroitement à notre sujet pour que nous les passions sous silence. Nous voulons parler de l’importance de l’aura au point de vue du diagnostic et du pronostic, de la thérapeutique, de la médecine légale.
Le diagnostic de l’aura épileptique prise en elle-même ne peut guère être fait qu'avec certains paroxymes épileptiques incomplets et avec l’aura: hystérique. Encore la question n'offre-t-elle guère d'intérêt puisque d'une part la présence ou l'absence d'accidents consécutifs, d'autre part la nature de ces accidents viennent immédiatement éclairer l’observateur. -
La véritable valeur de l'aura äu point de vue du diagnostic consiste en ce qu’elle peut indiquer la: portion des centres nerveux où siège la lésion épileptogène. Il convient de rappeler à ee propos que le P° Hughlings Jakson, en décrivant le syndrome