‹ Les Auto-intoxications de la grossesseChapitre 4 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'étude de la pathogénie des maladies a, depuis trente ans. fait évoluer la médecine, qui, ainsi que le dit Bouchard, « ne se renouvelle pas, mais a certainement cliangé d'objectif (1) o. Parmi les quatre grands chapitres qui sont nés de cette évolution, les troubles de la nutrition sont considérés, avec les infections, comme les causes les plus fréquentes des maladies, et leur étude a donné lieu à une multitude de travaux qui commencent à jeter la lumiiïre sur certains accidents, jusqu'alors étudiés seulement par les cliniciens. La pattiologie et la physiologie expérimentales se sont jointes à la clinique et ont résolu bien des problèmes.

Si, comme je le verrai tout à l'heure, l'organisme sain est une fabrique de poisons, et si le fonctionnement normal de cet organisme est toujoui's sous la dépendance de l'intégrité de

(i) BûOCHARl). — Leïons sur lee aulo-iDloïicatiuiib, IB81, (i. 2.

«iseav

I^TRODUCTION

certains organes qui le défendent contre ces ennemis du dedans, il était naturel de penser que, pendant la g;rossesse, la femme devait avoir à lutter d'une façon particulière, étant plus en péril qu'à l'étal normal, l'équilibre de ses fonctions pouvant se rompre plus aisément.

En effet, il y a longtemps déjà, li cause des rapports qui semblaient exister entre l'urémie et les accès éelamptîques, on fit à ceux-ci l'application des théories de Bouchard. Puis, dans ces dernières années, en même temps que le cycle de la pathologie s'étendait, en môme temps que l'on voyait plus clair dans la physiologie des organes, la pathologie générale et l'anatomie pathologique, de nouvelles applications furent faites à la pathologie de la femme enceinte et c'est de là que sortit la conception de M. Pinard qui attribue à une intoxication spéciale à la grossesse certains troubles, de même que les accès éclamptiques.

La preuve de celte pathogénie nouvelle ne peut encore se faire aujourd'hui d'une façon absolue; les travaux publiés sur ce sujet ne sont pas assez nombreux. Mais on me permettra de chercher à faire cette preuve par analogie, en comparant les divers états que j'étudierai, à d'autres élats analogues de la patliologie. —La clinique, la médecine expérimentale, l'anatomie pathologique me fournirontaussi des arguments puissants.

Dans tous les cas, et je le dis dès maintenant, comme je le répéterai quand il s'agira de poser

PHYSIOLOGIE DES AUTO- INTOX ICATIONg 7

des conclusions, liis tlioorics que je vais exposer l'entlent compte de la plupart des phénomènes, et leur étude me permcllra d'abord de rechercher quelle conduite il faut tenir en face de certains laits et aussi de faire le diagnostic presque sûr, de toxhémies silencieuses qui peuvent avoir parfois des conséquences brutales et désas- Ireuses.

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