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3% L'Autoaccusation alcoolique représente une des formes délirantes de l'ivresse psychique. Le délire est d’origine hallucinatoire, ‘'e nature onirique ; il évolue ‘autour d’une idée fixe, qui survit au rêve morbide et qui évolue, pendant quelques heures ou quelques jours, sur un fond d’amnésie, d’obnubilation et de confusion mentales ; en général sanglant et terrifiant, 1l emprunte ses éléments à la vie ordinaire du malade, à ses lectures, à ses préoccupations; il entraine avec lui, pour l’autodénonciateur. la conviction profonde en sa culpabüité.
4° La survie de l’idée fixe de culpabilité est presque toujours éphémère ; le délire d’Autoaccusation alcoolique s'efface en quelques jours, à travers des phases oscillantes et irrégulières de conviction délirante et de lucidité consciente, au terme desquelles lé malade se ressaisit complètement.
5° Presque toujours autoaccusateur, l'alcoolique n’est que très rarement hétéro-accusateur : dans ce cas on devra réchercher si, dans l'apparition du délire, on ne doit pas incriminer, avec l'alcoolisme, un autre état mental. Les associations les plus fréquentes sont celles de l’alcoo= lisme et de la dégénérescence mentale. Dans ces cas, l’appoint alcoolique pousse le débile à lactée de l’autodénonciation en excitant l’'automatisme psychologique ét: en afaiblissant le pouvoir d’inhibition.
6° L'autoaccusateur alcoolique, après une ou deux Journées agitées, ne tarde pas à s'endormir d'un sommeil profond et prolongé : à son réveil, il est moins affirmatif dans ses déclarations. Le délire va en s’affaiblissant et disparaît d'autant plus vite que le malade 4 eu un
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sommeil plus long et plus profond. Le besoin de repos dans le sommeil est nécessaire et « c’est le repos du dormeur qus dissipe le cauchemar de l’homme éveillé » (Dupré). On devra laisser ces malades au repos et c’est en cela que doit consister toute leur thérapeutique ; en général. ils guérissent après deux ou trois nuits de sommeil. |
7° L'intérêt médico-légal de l’Autoaccusation d’origine alcoolique provient de la fréquence des cas et de la nature des mesures à prendre vis-à-vis des autoaccusateurs. Comme le délire est en général transitoire, on ne doit presque jamais conclure à l'internement. Une courte période de mise en observation suffira le plus souvent pour juger cette crise psychopatique temporaire et curable, permettra la mise en liberté rapide de l’autoaccusateur et lui évitera ainsi les fâcheuses conséquences de l'internement. Mais on peut provoquer la séquestration d’un autoaccusateur délirant toutes les fois que son trouble mental persiste et est susceptible de faire courir des risques à la société.
8° L'autodénonciation, verbale ou écrite, est presque toujours. faite directement à la police. Suivant qu'il. s'accuse d’un crime imaginaire, d’un crime réel mais qu'il ne peut avoir commis, d’un crime réel, qu'il peut avoir commis ou d'un crime qu'il a réellement commis mais qu'il grossit et qu'il aggrave, l’autoaccusateur est élargi et soumis à l’examen d'un aliéniste, ou une enquête est ouverte et une instruction commencée.
La nécessité de l’expertise médico-légale, en présence d'un sujet qui se dénonce, ressort de la nature très sou-