‹ Les aventures de don Juan de Vargas: pseud. raconters par lui-me?meChapitre 26 sur 76 · CHAPITRE TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE TI

Départ de l'auteur pour les Indes. Son nau- , frage d la Bermude.^ . ^ . t^ .

• . Il

'avais piis, comn^p on l'a vu, le

plus long pour me rendre aux Ih*

,des, mais je n'avais pas renoncé à

[jpiaxk projet. Le trésor des ingas

me tenait toujours au. cœur, et je n'avais pas

perdu l'espoir de Je recouvrer. Je m'embar-

c^i dpnq pour Poito-Bello, .4'0i^. j^ devais,

DE Don Juan dé Vargas. 95

ett frayersant. riathme, me rendre à Panaiôia , et^deilà au Pérou.

Nous approchions du terme, de notre voyage, quand nous fumes assaillis par 4ine horrible tempête. Nous fumes, plusieurs jours sâfns savoir où nous étions; enfin, nous aperçûmes ia twre très près de nous, etpresqu'en même temps nous touchâmes sur un, rocher. On se hâta de jeter la cargaison pardessus le bord pour-aMé* ^4|r le cavité , et , le temps s^étant un peu radouci , on s'occupa du sauvetage des passagers. Xje$ ,t}ns se jetaient tout nus à la nier. et gagnaient la côte ; les autres voulaient sauver leura effets les plus précieux et étaient engloutis par les vagues. Nous emplojaones le restant de la journée et celle du lendemain à ranoMsser tous les objets que la mer jetait sur la rive ; mais ce n'étaient guère qiie des pièces de bois et quelques caisses de biscuit avarié. Nousmanqiiions surtout de vêtements , car nous étions presque tous entièrement nuis. Une jeune femme d'Antequère, qui accompagnait son mari, revêtu de U charge de cont^dor, , eut tant de honte de se voir dans cette position que, pour cacher sa nudité) elle exigea de son mari de Tenterrer dans le sable; elle n'en voulut jamais sortir, et .p^rit dans cette «position. Que la reine des an<gea ait pitiéi d'elle.

96 Les AvEiiTtiRES' .

, Notre piloté nous annonça 'que wms étions dans llle delà Bermude, et quenotis y péririons infailliblement^ parce '«pi'on j manquait complètement d^ean. Heureusement cette d^nière prévision ne se réalisa pas, etnous réusrîmes à âéetmfrir une source d*une eau qui, quoique saum&tre \ nous fit le plus grand plaisir. Nous parvînmes k allumer du ifeu en frottant d«tix moBceaux de bois l'an obntr^ Fautre ^ méthode ^pe quelques uns d-^ntre nous avaient ajppHsé des "Indiens. Assutés de nôtref existenee , nous construisîmes quelques cabanes kiec les débrift do narvire^ en attendant qu'il plût à Dieii de noùi déUyrer dé cette solitude. Nous' prenions assez detortttes et de ^poissons pour suffire 4 notre nourriture joomâHèré. >-

' La discorde ne tarda pas k se^mettre panni nous. Les matelots, qui faisjaient bande à parf; exig^ent qu'on leur abandonnât les femmes de que^ues passagers. Gen^t^ s'y étan^ refusés^ 9s nous- livrèrent un cônd>at sanglant. Heureusement nous tr'aviom^ pas d'armes daâ^^ reuses. Chacun s'àfma des j^ces de bois qui loi tombèrent sous la main , e\ il y eut plus éb têtes OBsiées que de v^ies pe«dv|es. Quittes re^ Ëgie'ux qui se trx)uvaient parmi ^tts s'eiitremireni peur rétablii* la paix, et il fut conveniiqu'on remettrait aux matelots quâti^^^Âégresso^

PE Don Juàn de Vargas. 97 qui avaient accompagné quelques unes de nos passagères. Apres ayoir fait les diffieiles, elles; s*accoiitumirent aasezi bien à leàr:sort. Mais cest lIélines.<soiiléur de suie.fiirent sur le poinldë fùte du can^p des matélntsiiine.-secxm^ Tnaie^» NiMii fibres oUi^ d'ist^r^enir. GoBoone nous!

pour nous avertie , s'il' passait quelque 'navire, et que personne vue vedak y alleir à cause à^ Fardenr du sbleilv il ièà ciyiKvetraqn^on, j eonrt struirait une odiane poiur les- 'négresses , i^que' «leux qui seraient diargés dé ùôjk le guet jouiraient de leur société. Depuis ce temps, ce pciste fut fôrtrecihéfché.

Au bout de quelques semaines, nos guetteurs nous avertirent de Tapprochede cinq pirogues. Les Indiens abordlrcnit sur un autce point de 111e sans nous avoir aperçus. Quelques uns * d'entre nous se glissèrent le long des rochers , et nous étions déjà dans leurs embarcations quand ils nous aperçurent et éoumrent sur nous, en nous lançantdes flèches et en poussant de grands txis. Nous primés lé large sans |^us attendre. Heureusementlespirogues contenaient quelques provisions, et nous pûmes gàgnérseïi ped de jouis le port de Saint-Ghristoval de la Habana. Le commandant se hâta d'envoyer un peth navire au secours de nos compagnons, matsen ne igamz

que quelques cadarres. D'autres Indiens avaient rejoint les premiers; tous ensemble avaient attaqué les Espagnols et les avaient jnassacrés. Us étaient ensuite retournés probablement sur le costinent, en emmenant les femmes, car on n*en trouva pasune seule parmi les morts, de sorte que nos pauvres passagères , apr&s avoir évité les Garybdes k peau blanche , avaient été la proie des Scyllas à peau ronge. J'espère que le sup^ plice qu^elles ont psobablement subi leur comptera dans le ciel comme un martyre. Les Indiens sont assez^ laids pour cela.

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