‹ Les aventures de don Juan de Vargas: pseud. raconters par lui-me?meChapitre 44 sur 76 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Guen^pour un éléphant Blanc,

[ous marcbapes pendant plusieurs Lâenuônes à UiaTers d'immeiiâes ferets de bambous, dans lescpelles Ion ne rencon^e que de rares villages ; peç à peu le pays devint plii3 peuplé , .et enfin nous approchâmes de Pégu , dont les environs sont très riches et très bien cultivés. Le roi , qui avait déjà eu quelques rapports avec les Portugais , me reçut avec bienveillance et m'ofirit de l'emploi dans une armée qu'il levait pour repousser les attaquas du roi de Siam.

Le sujet de cette guerre était un éléphant blanc que possédait Je roi du Pégu , et qui était adoré comme un dieu ; il éfait dans une magnifique écurie ornée d'ivoire et de porcelaine ; on lui donnait à boire dans, des seaux dWgent, et ceux qui le servaient lui présentaient sa nourriture à genoux , dans des plats d'or. La possession d'un animal de cette espèce était considérée comme d'autant plus précieuse,

i6o Lbs Ayenturbs «

<{ii'«lle donnait au pzîiiçe (pii en jouissait tme espèce de saprématie sur les.rois voisioa. Clétaift pour cela que le roi de Siam mettait tant d'importance à Fenlever à celui du Pégu, beaucoup moins puissant que lui.

11 le lui avait donc fait demander par un ambassadeur. Gelui-d se distingua par un trait que je yeux, citer ici. Quand il entra dans la salle d'audienee, il s'aperçut qu'on n'avait pas préparé de siège pour lui; sur un. signe qu'il fit, unxle ses -esclaves se couiiia en avant en s'appuyant sur les mains. Il s'assit tranquille- Aient et prononça son discours , dans leqad il menaçait le roi du Pégu de la vengeance de son .maître s'il ne consentait à lui céder l'éléphant blanc ; mais ce damier, comptant sur la protcedon du dieu, le refusa sèchement. L'ambassadeur se retira , et^ comme on lui faisait observer qu'il laissait son esckve au palais, il répondit avec hautem* : Les ambassadeurs du foi mon maître n'ont pas l'habitude d'emporter leur siège.

Malgré tous ses efforts , le roi du Pégu n'avait pu réunir qu'une armée beaucoup moias nombreuse que celle de son ennemi ; sa défaite était donc imminente sans un expédient que je lui suggérai. Il fit apporter dans son camp une immense quantité d'une espèce d'eau-de-vîe

BB Don Juan de VitRGAs. i^i

fabriqué^ avec du m; puis, à la prcfniière attaque '«te» Siamois, il fit flemUant de s*en-* Ibir dans une «Lérbuté complète. Les Siaiuoîs se mirent aussitôt à piller son camp et à sV myrer : c^était ce que j^ayais prévu. Quand ils furent bien- remplis d*eau>-de-yie, nous les attaquâmes de nouveau et nous en fîmes une horrîMe boucheiie ; le roi dé Siam lui-même fut fait prisonnier, et le roi de Pégu le condamna à nettoyer les ordures de Téléphant blanè dont il avait voulu s'emparer. Ge malheureux roi n'avait pour vivre que le petit commerce qu'il faisait en vendant ces ordures aux dévols de la olasse du peuple, qui les oonsidéraient eomme des reliques.

Je ne veux point passer sous sifence un usage singulier des habitants du Pég». Quand il y a plusieurs frères dans unefamiUè, âsja'éponsent qu'une seule et mèose femnœ. Tous les soirs diacun passe son dard à travers les fentes d'une natte qui forme les patois de la chambre; l'épouse commune en saisit un au hasard , et c^est son propriétaire qui a le droit de passer la nuit avec elle. Quand il y a plusieurs sœurs , elles n'épousent aussi qu'un seul mari; mais alors celui-ci a le droit de les prêter à ses amis , poùjrvu que ce soit gratuitement ; si on peut lui

prouver qu'il a reçu de l'argent pour cela, il est

i6a Les Aventures

Tendu, ainsi que ses femmes, au profit du roi. II règne panni eux une giande Uberté de morars:

aussi ce ne sont pas les enfants du roi qui hé~ ritent de la conmnne , mais ses neyeux , fils de ses sœurs ; les Pé^Mans disent que c^est la seule manière d'être certain que leur roi est bien réellement du sœg royal. Cette idée ne me parait pas mauvaise,' et je ne sais si on ne ferait pas bien, enËspagnùe, de rappliquei* aux majorats de la grandesse : nous verrions moins de gentilshommes dégénérés.

• Outre réléphant blanc, ks Péguans ado^ reat une idole qu^ik nonlment Sommonooodou^' et croient qu^eUe accorde la fécondité aux fem*' mes qui passent la nuit dans son tmn^; Je ne. crois pas que le démon pubse faire de miracles, mais je. dois avouer que pendant mon séjour dans ee pays j*ai vu souvent ce moyen réussir, surtout. quand la femme était jolie, et le talapoint du. temple jeune et vigoqreux. Je regarde cependant oda comme une superstition : il n'appartient qu'aux saints de bénir le mariage^ de celles qui vont dévotement en pe^ lennagei leur cbapeUeL

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