‹ Les aventures de don Juan de Vargas: pseud. raconters par lui-me?meChapitre 46 sur 76 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Voyage cU( Fauteur â Bunùmi. «]-

e rentrai -donc à €oa ,aii3si pauvre )que j'en étais parti. Pour taçber ^ , relever ma fortune « j'acceptai les .offres d'une cou^ipeigniie de max^ chauds, qui me cbargérentid'aller vendre une cargaison il Ackem pour Icm* rapporterdu poi-

DE Doif Juan DE Vàrgas. 167

Tre. NouftiuÂis ârrétâiues <|aelqae temps dans ,une petite île nommée Talinkan , 'pour réparer iptelquesayaries quenoas ayibiis éprottvées; elle fait partie de Taixliipel dé Nicobar. Quand nous entrâmes chez le. souTerain de cette petite île, nous fumes tris étonnés de voir tous les assise tants se retourner^ tidever leurs jaquettes , et nous présenter ce qu^on ne montre pas d'ordinaire:en compagnie. Noos crûmes d^abord que c^était une insulte prénvéditée; mais notre interprète nous expliqua que c'était au contraire la plus grande marque de poétesse qu'ils pussent nous donner; par là ils se déclaraient nos esdayes et se montraient prêts à receroir ime fustigàtioh. Nous nous empressâmes de leur rendre leurs civilités , et après nous être ainsi regardés sans nous voir pendant quelque temps, lions traitâmes de t'achat des vivres dont nous avions besoin ; après quoi nous prîmes congé d'eux en répétant ia même cérémonie.

Nous étions depuis peu de jours à Achem quand une flotte hollandaise parut devant cette ville, pour réclamer un vaisseau de cette nation qui avait été saisi Pânnée -précédente. Le roi demanda notre secour», que nous lui accordârmes d^autantplus volontiers que les IMlatidais commençaient *k nous disputer le commerce des Indes. Geux-d, de leur cité, firent al-

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liance avec les sdbtans .du PaJembang, de Bencoulen et d^autres rois de Sumatra , jaloux de voir que tout k c<Mnmerce delUe ayec les .Européens se concentrait à Âchenk Le ^ége de cette ville dur& deux mois ^ et Ton ccmibattit des deux cotés avec un égal adiamement. Enjfin le roi d^Ackem^ voyant qu'il avait perdu fai plus grande partie de ses troupes et qu'il ne pouvait résister plus longtemps, ordonila. de •mettre dans les can<ms tout ce qu'il possédait d'or et d'argent et de bijoux^ et fit faire une dernière dédiarge surrennemi ; il se renferma ensuite dans son palais, auquel il mit le feu siprès avoir poignardé ses femmes et ses enfants. Toute la population fut massacrée ; les indigènes ouvraient l'estomac à leurs prisonniers pour voir s'ils n^avaient pas avalé des perles ou des diamants , et il y en eut qui trouvèrent de cette manière des richesses considérables. Quant au petit nombre de Portugais qui avaient survécu, les Hollandais consentirent à les recevoir à quartier, mais à. condition de les déposer dans les ports de l'Inde qui leur conviendrai^t.

Les Hollandais , après m^avoir long-temps promené sans me permettre de sortir du vaisr seau, me débarquèrent à Balassore; le capitaine eut même la cbarité de me donner di^ roupicis, avec lesquelles je gagnai^ Benarès , ou

DE Don JuAlf DE VARGAS. lÛQ

j^arrivai absolumeot sans ressources. Ma misère était telle que je fus forcé de me louer à un riche Banian qui avait fondé une espèce d*h6pital pour les puces , les punaises et autres insectes. Les Banians croient à la transmigration des âmes, et se font un point de religion non seulement de ne rien manger de ce qui a eu .vie , mais d'assister les animaux comme leurs £rères. Ce Banian me donnait donc une roupie par jour pour me laisser sucer le sang par ces insectes. Quel métier pour un gentilhomiwft * c'était un vrai martyre, et, comme je pe^le souffrais pas pour la foi , il ne me comptait pik5 pour le paradis.

Au I^ut de quelque temps nion sort s'améliora. J'ayais racconunodé tant bien que mal un vieux mousquet de fabrique européenne , et, comm^ personne dans la ville n'était en état d'en faire autant , j'abandonnai mon état de restauratem* des puces et des punaises pour prendre celui d'armurier. Gela me procura ta connaissance d'un des principaux. officiers du Grand Mogol,qui me proposa de l'accompagner à Delbi. J'acceptai d'autant plus volontiers que cela me rapprochait-des états européens.

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